Anthony Mantha for March 5 feature

BOSTON — Il y a eu des moments où Anthony Mantha s'interrogeait sur son avenir et se demandait s'il aurait besoin de signer un contrat d'essai professionnel pour rester dans la LNH, et même s'il y aurait des équipes intéressées par ses services.

Il enchaînait les séances de réadaptation après une déchirure du ligament croisé antérieur droit, subie le 5 novembre 2024. Il avait 30 ans et sortait d'une saison perdue au cours de laquelle il n'avait disputé que 13 matchs en raison de la blessure.

Il remettait en question son avenir.

« On se demande ce qui va arriver si le pire scénario se concrétise, a confié Mantha. Je m’y préparais mentalement en me disant que j’avais assez d'expérience pour peut-être obtenir un contrat d'essai après avoir aussi peu joué. »

Les Penguins de Pittsburgh ont décidé de miser sur lui.

Les Penguins, qui avaient déjà manifesté leur intérêt pour Mantha la saison précédente – lorsqu'il avait signé avec les Flames de Calgary –, ont tenté leur chance en lui offrant un contrat d'un an à 2,5 millions de dollars le 2 juillet. Ils espéraient retrouver l’attaquant au grand gabarit (6 pi 5 po, 240 lb) capable d'inscrire une quinzaine de buts et d'atteindre les 40 points à son meilleur niveau.

Il a largement dépassé ces attentes.

Après 60 matchs, Mantha est en voie d'établir des sommets en carrière tant pour les buts que pour les points. Ses 21 filets ne sont qu'à quatre de son record personnel de 25, établi avec les Red Wings de Detroit en 2018-2019, et ses 45 points sont à seulement trois de son sommet de 48, réalisé avec Detroit en 2017-2018 et 2018-2019.

Il continuera de se rapprocher de ces marques lorsque les Penguins accueilleront les Sabres de Buffalo au PPG Paints Arena de Pittsburgh jeudi (19 h HE; ESPN, SNO, SNE, TVAS).

« Je crois qu'il attaque le jeu avec la rondelle et qu’il va dans les zones dangereuses, a souligné l'entraîneur-chef des Penguins, Dan Muse. Il se place à la bonne place dans l’enclave, que ce soit à cinq contre cinq en zone offensive ou en supériorité numérique. C'est un gros bonhomme avec de très bonnes mains et de bons instincts offensifs.

« Quand il est à son mieux, il trouve ces espaces, il se rend disponible autour du filet, il prend le contrôle du jeu avec la rondelle et il travaille fort sans elle. C'est ce qu'il fait présentement. »

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Mantha a donc laissé loin derrière lui la longue période de réadaptation et ces journées interminables loin de l'équipe à se demander ce qu'il lui restait à offrir dans la LNH.

« Je n’ai eu aucun plaisir durant cette réhabilitation », a-t-il tranché.

La seule lueur d'espoir dans ce processus a été la présence de Justin Kirkland, qui avait lui aussi subi une déchirure du ligament antérieur croisé, ce qui avait mis fin à sa saison 24 jours après la blessure de Mantha. Ils ont tenté de transformer le négatif en positif, avec comme seule compagnie les physiothérapeutes de l’équipe, qui elle continuait sa saison.

« Tout le processus de réadaptation, mentalement et physiquement, visait à retrouver la meilleure forme possible, et cette année, l'objectif était d'avoir un impact pour cette équipe, a expliqué Mantha. C’était mon état d’esprit durant ces moments. On doit se retrousser les manches pendant 11 mois, du moment où tu subis la blessure jusqu'au début de la saison suivante, on est rouillé en présaison, on essaie de retrouver ses repères le plus vite possible. Quand on y arrive, il faut en profiter. »

Il a récolté 11 points (6 buts, 5 passes) lors de ses 12 premiers matchs cette saison. Il a commencé à se sentir bien dès le troisième ou quatrième match, et il a eu la chance d'évoluer en début de saison aux côtés d'Evgeni Malkin — un avantage pour n'importe quel attaquant. Il n'a cessé de progresser depuis.

« J’ai obtenu des opportunités, a dit Mantha. J'ai reçu quelques belles passes de [Malkin] en début de saison pour me faciliter la tâche, et après ça, je pense que ça a vraiment pris son envol. Mentalement, physiquement, je lis le jeu différemment, les jambes se sentent mieux, et les choses ont continué d'aller dans la bonne direction. »

Cela comprend une belle chimie développée récemment avec Ben Kindel et Justin Brazeau, alors que les Penguins (31-16-13) se dirigent vers une présence inattendue en séries éliminatoires, eux qui occupent le deuxième rang de la section Métropolitaine, à neuf points des Hurricanes de la Caroline et à égalité avec les Islanders de New York.

« C'est un joueur très intelligent, vraiment solide offensivement et doté de bonnes habiletés, a souligné Kindel. Je crois qu'il est vraiment affamé, tout comme une bonne partie de notre équipe, afin de connaître du succès cette année. »

Lorsqu'on lui a demandé à quel moment il s'est senti complètement rétabli physiquement, Mantha a hésité.

« Avec une blessure comme celle-là, ça peut s’aggraver à n'importe quel moment, donc on reste évidemment à l'affût, je prends soin de mon corps et de mes jambes avec des traitements supplémentaires, a-t-il indiqué. Les gars ici ont été formidables pour me donner le temps de passer à travers ces traitements. Est-ce que je pense que c'est à 100 %? Est-ce que je pense que ça va l'être un jour? Probablement pas. Mais si je peux être à 95 %, je vais le prendre. »

Pour l'instant, Mantha ne s’en fait pas pour son avenir.

Il n'a pas encore discuté d'un nouveau contrat avec les Penguins, surtout qu’il faut d'abord traverser la date limite des transactions, fixée à 15 h HE vendredi, mais il sait aussi qu’il n’a plus à craindre de devoir se contenter d’un contrat d’essai l’été prochain.

Il estime avoir mérité un peu de stabilité.

« C'était mon état d'esprit cette année, a-t-il conclu. « Évidemment, c'est une autre année où je dois faire mes preuves, mais je crois que je fais vraiment bien les choses. Je ne pense pas décrocher une prolongation de huit ans, mais j'espère obtenir un contrat de plusieurs saisons.

« C'était mon objectif durant l'été, et ça l'est encore. Tant que je ne l'aurai pas signé, ce sera l'objectif ultime. Que ça me mène à 33, 34 ou 35 ans, ce serait fantastique. »