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MONTRÉAL – Colten Ellis a tellement souvent rêvé à ces moments, à la lointaine possibilité de s’établir devant un filet de la LNH, qu’il ne s’habitue pas réellement à ce qu’il vit depuis les quatre derniers mois.

Le gardien de 25 ans – un ancien de l’Océanic de Rimouski – a enfin obtenu la chance qu’il attendait depuis longtemps en étant réclamé au ballottage par les Sabres de Buffalo au début de la saison. Après quatre saisons à rouler sa bosse dans l'ECHL et dans la Ligue américaine, il joue désormais dans la grande ligue.

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« C’est vraiment génial », a lancé le portier néo-écossais en entrevue avec LNH.com, en janvier. « C’est quelque chose à quoi j’ai rêvé toute ma vie, et les choses se sont enfin réalisées cette année. Je ne m’attendais pas vraiment à ça cette saison, tout s’est passé très vite. »

Une blessure à Ukko-Pekka Luukkonen en début de saison a forcé les Sabres à se mettre à la recherche de profondeur, et Ellis, tout juste retranché du camp des Blues de St. Louis, s’avérait une cible de choix. Deux semaines plus tard, il obtenait son premier départ – sa première victoire – dans la LNH.

Depuis, il fait partie du carrousel de trois gardiens des Sabres avec Luukkonen, de nouveau blessé, et Alex Lyon, qui a lui aussi raté trois semaines d’activités cette saison. Il a obtenu 12 départs jusqu’ici et affiche une moyenne de buts alloués de 3,11 et un taux d’efficacité de ,896.

« Les gars ont vraiment été bons avec moi, on s’entraide tous parce que notre but est d’aider l’équipe à participer aux séries, a-t-il élaboré. Avec du recul, ç’a été très bon pour moi d’empocher rapidement ma première victoire et de bâtir sur celle-ci. J’ai l’impression de gagner en confiance à tous les matchs. »

Ce n’est pas exactement la trajectoire qu’Ellis imaginait pour sa carrière quand il a été sélectionné au troisième tour par les Blues en 2019. Un peu naïvement, peut-être, il pensait que sa route vers le sommet serait un peu plus en ligne droite qu’elle ne l’a été.

Il y a eu bien des moments, au cours des quatre dernières saisons, où la simple idée de jouer au plus haut niveau semblait un peu folle. Ellis a disputé un total de 82 matchs dans l'ECHL en trois saisons – à Worcester, Tulsa et Orlando – alors qu’il tentait de gravir les échelons, lentement mais sûrement.

C’est justement au terme de sa deuxième campagne chez les professionnels, passée entièrement à Tulsa, en Oklahoma, qu’il a fait la paix avec le sort qui lui était réservé.

« Ça pouvait sembler inatteignable par moments, a admis Ellis. Après ma deuxième saison, j’ai passé six mois loin des patinoires en raison d’une opération à la hanche, et j’ai eu du temps pour réfléchir. C’est là que j’ai compris ce que ça prendrait pour me rendre là où je voulais aller.

« Je ne pouvais plus penser à atteindre la LNH le plus vite possible. Ça m’a aidé à renouer avec mon amour et avec la passion du sport. Je me suis concentré à faire mon travail, peu importe où j’étais. »

La saison qui a tout changé

Dès son retour au jeu après cette opération, il a affiché un taux d’efficacité supérieur à ,920, autant dans l'ECHL que dans la Ligue américaine. Ces prestations ont mis la table pour sa première saison complète avec le club-école des Blues, à Springfield, l’an dernier.

Ellis a signé 22 victoires en 42 matchs, tout en maintenant une moyenne de buts alloués de 2,63 et une efficacité de ,922. On peut deviner que c’est ce que les dirigeants des Sabres avaient tout frais en tête quand est venu le temps de prendre une décision lorsque son nom est apparu au ballottage, en octobre.

Ç’a aussi confirmé que son changement d’approche avait bel et bien porté fruit.

« Si j’avais pu donner un conseil au jeune Colten à l’époque, ç’aurait été d’arrêter d’espérer une chance et de tout donner à chaque étape du trajet, a-t-il conclu. Tout le monde a un chemin différent vers la LNH. Je ne peux pas dire que ça m’a pris plus de temps, ou moins de temps, tout le monde y va à son rythme.

« Je suis seulement heureux d’avoir la chance d’être ici, avec les Sabres, désormais. »