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Une heure remplie de rires avec les amateurs

St-Louis, Hefford, Brodeur et Yakushev se livrent de bon cœur à une séance de questions du public au Temple de la renommée

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

TORONTO - Martin St-Louis aimait faire peur à ses coéquipiers, Jayna Hefford a des frissons chaque fois qu'elle repense à la dramatique victoire de l'équipe canadienne féminine aux Jeux de Sotchi, Martin Brodeur est d'avis que le trapézoïde a fait son temps dans la LNH et Alexander Yakushev aurait voulu porter les couleurs des Canadiens de Montréal dans les années 1970.

Pendant une heure samedi, quatre des six membres de la cuvée 2018 du Temple de la renommée du hockey ont fait les délices de quelque 300 amateurs privilégiés en se prêtant au jeu d'une séance de questions/réponses.

Un fort contingent de partisans des Devils du New Jersey et de Brodeur avait rempli la salle du Temple à Toronto, incluant un qui arborait un énorme chapeau en forme de bague de la Coupe Stanley à l'effigie des Devils. 

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Brodeur leur a confié que des trois conquêtes de la Coupe Stanley qu'il a savourées chez les Devils, la première en 1995 revêt un cachet plus particulier entre autres parce que c'était un premier championnat pour l'État du New Jersey. Il leur a fait plaisir plus tard en décrétant, en réponse à une question, que les bagels du New Jersey sont meilleurs que ceux de Montréal.

St-Louis a été drôle, mais également émouvant dans ses réponses, en revenant sur le décès de sa mère pendant les séries éliminatoires en 2014.

Hefford a pu témoigner de la progression du hockey féminin et du faible qu'elle a comme joueur pour Sidney Crosby des Penguins de Pittsburgh.

Aidé par un traducteur, le Russe Yakushev a fait preuve d'un humour décapant, tout ça en demeurant de marbre. Le septuagénaire, qui a été un des meilleurs éléments soviétiques au cours de la Série du siècle en 1972, est un véritable pince-sans-rire.

Il ne manquait que Gary Bettman et Willie O'Ree, les deux autres membres de la cuvée qui avaient été exemptés de l'exercice. L'animateur de la séance a lancé à la blague qu'on voulait éviter que Bettman soit hué, ce qui s'est tout de même produit!

Voici en rafales les meilleurs moments de l'heure qui a passé beaucoup trop vite.

La question est pour Martin St-Louis. Quel gardien vous a donné le plus de fil à retordre pendant votre carrière?

Je ne pense pas à un en particulier, mais j'ai affronté Martin Brodeur deux fois en séries éliminatoires et il nous a battus les deux fois. On savait quand on affrontait les Devils en séries que nous n'irions pas loin. C'était une équipe aguerrie et il y avait Martin devant le filet. Au début de ma carrière, Dominik Hasek a représenté une énigme difficile à résoudre.

Question pour Martin Brodeur. Comment ç'a été de marquer un premier but dans la LNH?

Ç'a été pas mal "cool". J'avais ça en tête depuis un bout de temps. J'avais fait plusieurs tentatives dans les rangs juniors, mais c'est arrivé de nulle part dans la LNH en séries éliminatoires contre les Canadiens de Montréal (en 1997). Si vous revoyez la séquence, vous pouvez voir que je n'arrêtais pas de sourire parce que je ne pouvais pas le croire. J'ai réessayé de marquer par après pendant ma carrière, mais je n'ai jamais pu le refaire. J'ai été crédité de deux autres buts, sans avoir moi-même dirigé la rondelle dans le filet.

Video: Martin Brodeur marque son premier but en carrière

(St-Louis) Quels ont été les buts les plus marquants de votre carrière, mis à part celui réussi en prolongation dans le match no 6 de la Finale de la Coupe Stanley en 2004?

L'année d'avant, en séries, j'avais marqué le but qui a éliminé les Capitals de Washington en prolongation. Les Capitals avaient une bonne équipe avec Jaromir Jagr. Nous avions perdu les deux premiers matchs de la série avant de remporter les quatre suivants. J'ai marqué en troisième prolongation du match no 6 à Washington.

Un autre but mémorable pour moi en séries a été celui que j'ai obtenu avec les Rangers de New York en prolongation du match no 4 de la finale de l'Association Est contre les Canadiens en 2014. C'était une période très émotive pour moi, peu de temps après le décès de ma mère.

(Brodeur) Lequel de tes records ne sera jamais battu?

Les records sont faits pour être battus, mais s'il y a un gardien qui améliore ma marque de 691 victoires ce sera incroyable. Je ne crois pas que ça va arriver. J'ai été chanceux de jouer pendant longtemps. Aucun autre gardien ne voudra jouer jusqu'à l'âge de 42 ans (rires). J'ai fait partie d'une bonne équipe et je suis resté en santé. S'il y a un gardien qui améliore ce record, j'aurai tout le respect pour lui.

(Brodeur) Le trapézoïde, cet espace restrictif derrière les buts qui a été créé parce que vous maniez trop bien la rondelle, voyez-vous la LNH l'éliminer maintenant que les gardiens ne sont plus aussi habiles?

J'aimerais bien que Gary (Bettman) soit ici (rires et quelques huées). J'espère que la ligue va l'éliminer. Le trapézoïde a été créé afin de favoriser l'attaque et le problème est réglé comme vous pouvez le constater cette saison. Il se marque des buts à la tonne. Je pense qu'on devrait l'enlever pour des raisons de sécurité parce que le jeu est rendu très rapide et que les défenseurs courent davantage le risque d'être mis en échec ou de subir un accident bête. Ce serait une bonne chose de permettre aux gardiens de manier la rondelle partout afin de leur venir en aide. Est-ce qu'on va le faire? Je ne le crois pas. 

Question pour les quatre : Quel événement lié au hockey vous procure des frissons quand vous y repensez?

Yakushev : Mon épouse, évidemment.

St-Louis : La fête des Mères en 2014 a été peu de temps après le décès de ma mère. C'était la journée du match no 6 de notre série contre les Penguins de Pittsburgh et j'ai marqué à ma première présence sur la glace. Je n'ai pas fait grand-chose, la rondelle a rebondi sur ma culotte et dans le but.

J'étais une boule d'émotions à ce moment et j'ai célébré le but en donnant un violent coup de bâton sur la bande. En venant me féliciter dans le coin, mes coéquipiers comprenaient ce que j'étais en train de vivre. En patinant vers le banc, je vois la rondelle apparaître devant moi. Je ne comprends pas comment elle aboutit là, mais instinctivement je me suis penché pour la ramasser. (Le gardien des Penguins) Marc-André Fleury l'a projetée hors du but et elle a frappé quelque chose pour se retrouver à mes pieds. J'ai évidemment ressenti la présence de ma mère à mes côtés et je l'ai saisie. J'ai la chair de poule chaque fois que je repense à ça.

Hefford : Pour moi, c'est le dernier match que j'ai joué avec l'équipe nationale féminine. C'était en finale des Jeux olympiques de Sotchi en 2014. Vous vous souvenez sans doute que ç'a été un match fertile en rebondissements. Il y en a eu plus que dans n'importe quel autre match auquel j'ai pris part. Nous perdions par deux buts contre les Américaines avec moins de quatre minutes à jouer en troisième période. Nous avons créé l'égalité avant de gagner en prolongation. C'était pour nous une quatrième conquête de la médaille d'or aux Jeux. Ça demeure un moment très émouvant pour moi.

Brodeur : Je garde un souvenir impérissable de la dernière minute de jeu de notre première conquête de la Coupe Stanley en 1995. Je revois tout le monde dans les gradins et mon coéquipier Mike Peluso qui pleurait sur le banc. C'était malade. Ç'a sans doute été la plus longue dernière minute de jeu de toute ma carrière.

Quel est le meilleur tour que vous avez joué à vos coéquipiers ou que vous vous êtes fait jouer?

St-Louis : J'ai fait le coup à plusieurs de mes coéquipiers sur la route. En arrivant à l'hôtel où logeait l'équipe, je subtilisais une des deux clés de chambre d'un coéquipier et j'allais me cacher dans sa chambre, n'importe où.

Brodeur intervient : Tu pouvais sans doute te dissimuler partout (en semant l'hilarité dans la foule).

St-Louis, en riant : Oui partout… Je lui faisais une peur bleue. C'était tordant. J'ai eu Mike Smith pas à peu près. Ce qui devait arriver s'est produit. Mes coéquipiers se sont vengés. Je pensais qu'il n'y en avait qu'un dans ma chambre, mais ils étaient cinq. On me faisait peur toutes les cinq minutes. Il y en avait un dans la salle de bain, un dans la garde-robe, un derrière le rideau, ça n'arrêtait pas. 

C'était la plus belle partie d'être un athlète, ces moments passés en équipe, tout autant que nous adorons notre sport. Est-ce que le hockey me manque depuis que je suis à retraite? Non, parce que j'estime que j'avais suffisamment joué, mais vous vous ennuyez de ces moments entre coéquipiers.

Brodeur : Mon coéquipier David Clarkson et moi, nous avons joué à un petit jeu pendant environ deux mois. J'ai commencé le bal en signant une de mes cartes de hockey et en l'insérant dans son casque. Il a joué deux matchs avant de s'en apercevoir. Il a alors signé une de ses cartes et il l'a cachée dans une de mes pièces d'équipement. Je l'ai trouvée et là le manège s'est poursuivi de part et d'autre. On était rendu à court d'idées. Je suis chez moi un jour et je pense à l'appeler pour lui demander son adresse. Il me la donne, je la note. Je lui ai fait parvenir à son domicile par courrier avec signature du réceptionnaire une de mes cartes autographiées. Il m'a appelé et m'a dit : "Ok je rends les armes, tu as gagné".

Yakushev : Pour moi, ce n'est pas une plaisanterie, mais un fait triste. À la Série du siècle en 1972, Paul Henderson a marqué ce but et depuis ce temps c'est une mauvaise blague.

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