TORONTO – Daniel Brière venait à peine de descendre de la loge de la direction des Flyers de Philadelphie au Scotiabank Arena lundi, quand le bruit des célébrations à l’intérieur du vestiaire lui est parvenu.
Les Flyers venaient de vaincre les Maple Leafs de Toronto 3-2 en tirs de barrage pour leur première série de trois victoires en 93 jours, la dernière étant survenue entre les 26 et 29 novembre. La victoire a également rapproché Philadelphie (28-21-11) à quatre points des Bruins de Boston et de la deuxième place de quatrième as donnant accès aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans l’Association de l’Est.
Avec la date limite des transactions de vendredi (15 h HE) qui approche, le directeur général des Flyers s’est fait demander si le plan de l’équipe de privilégier l'avenir avait changé, maintenant que les Flyers sont de retour au plus fort de la course aux séries.
« Non », a-t-il répliqué du tac au tac avec un sourire.
En d’autres mots, Brière n'échangera pas des éléments importants du futur de l'équipe pour mettre la main sur des joueurs de location qui aideront seulement l’équipe à court terme.
Donc, les Flyers seront-ils plus vendeurs qu’acheteurs? Est-ce que le défenseur Rasmus Ristolainen, pour ne nommer que lui, pourrait changer d’adresse, comme le rapportait le Philadelphia Inquirer?
Dans tous les cas, le défenseur Cam York a mentionné qu’il serait à l’aise si l’équipe optait pour le statu quo, surtout avec la manière dont les Flyers jouent actuellement.
« Absolument, a répondu York. Nos trois derniers matchs ont été vraiment bons. Nous savons que nous pouvons être une équipe très difficile à battre quand nous jouons notre style de jeu. Ce serait vraiment génial. »
Mais est-ce vraiment réaliste pour les Flyers de ne pas bouger?
Dans une entrevue en tête-à-tête avec LNH.com, Brière a dressé un portrait de la situation, sans mentionner de joueurs spécifiques.
Dans les derniers jours, les DG Jim Nill (Stars de Dallas) et Bill Armstrong (Mammoth de l’Utah) ont prédit que plusieurs transactions pourraient devoir attendre à la dernière journée, car beaucoup d’équipes croient encore pouvoir prétendre aux séries et ne veulent pas se ranger dans le camp des vendeurs. Es-tu de cet avis?
« Oui, je crois que ça ressemble à ça en ce moment. Nous verrons. Nous ne sommes pas pressés de prendre une décision. Ce qui compte pour nous, c’est évidemment l’avenir. Nous continuons de construire pour l’avenir. »
Comment est-ce que ça se traduit en gestes que tu pourrais poser avant la date limite?
« Je ne dis pas que nous sommes contre l’idée d’améliorer l’équipe si ç’a du sens, autant pour maintenant que pour l’avenir. »
On dirait que les joueurs de location ne font pas partie de ton plan. C’est bien le cas?
« Je pense qu’on peut dire ça en ce moment, oui. »
As-tu déjà vu une lutte aussi serrée pour les séries éliminatoires si près de la date limite, comme l’ont évoqué certains autres DG?
« Oui, les courses sont un peu plus serrées, mais tu as probablement parlé à des directeurs généraux qui ont beaucoup plus d’expérience que moi aussi. Je ne suis pas dans ces fonctions depuis très longtemps (Brière a été nommé DG des Flyers le 11 mai 2023), mais il semble que les choses s’intensifient autour de cette période chaque année. Le jour de la date limite, c’est là que la plupart des transactions se font, et je ne m’attends pas à ce que cela change dans un avenir rapproché. »
Quelle évaluation fais-tu de ton équipe, à un moment où chaque victoire ou défaite peut te faire grimper ou glisser au classement?
« Nous essayons de rester aussi équilibrés que possible. Nous apprenons ça aussi en tant que joueurs : ne pas trop s’emballer, ne pas trop s’apitoyer sur son sort. Mais oui, à un moment donné, nous allons devoir prendre une décision. Nous avons eu une mauvaise séquence à la fin janvier et au début février qui nous a fait mal (Philadelphie a montré une fiche de 3‑8‑4 du 8 janvier au 5 février). Nous sommes maintenant en train de rattraper des équipes, et c’est difficile. Ce n’est pas idéal. Mais nos gars… c’est ce que j’aime de notre groupe : nous avons une jeune équipe, mais nous n’abandonnons pas. Ils continuent de foncer. Je ne m’attends pas à ce que cela change. »
Je comprends que tu ne veux pas parler spécifiquement de certains joueurs qui pourraient être acquis ou échangés cette semaine, mais peux-tu revenir sur la transaction avec les Ducks d’Anaheim qui a amené l’attaquant de 24 ans Trevor Zegras l’été dernier? Est-ce ce à quoi tu fais référence en parlant de bâtir à long terme?
« Oui. Trevor cadrait avec ce que nous faisions et, évidemment, il nous apportait davantage d’habiletés. C’était quelque chose que nous recherchions. Donc oui, c’était génial de pouvoir l’ajouter, et il correspondait vraiment au profil de ce que nous essayions de faire. »
Enfin, comment composes-tu avec le désir de l’équipe de retourner en séries pour la première fois depuis 2020 et la nécessité de penser au futur?
« L’objectif est toujours de participer aux séries éliminatoires, mais en même temps, nous essayons de bâtir une équipe qui deviendra aspirante pendant plusieurs années. Il ne s’agit pas de faire les séries une année puis de les rater la suivante. Nous voulons bâtir une équipe capable de maintenir ce niveau année après année. C’est pourquoi nous devons être prudents et considérer l’ensemble du projet pour l’avenir de cette façon. »





















