La dernière année a été remplie de moments inattendus pour Raanta. Il a paraphé un contrat avec les Hurricanes de la Caroline à titre de joueur autonome le 28 juillet, alors qu'au même moment, Frederik Andersen faisait la même chose. Les deux ont formé un duo si efficace qu'ils ont remporté le trophée William M. Jennings à titre de gardiens ayant accordé le moins de buts cette saison (202). Ce qui n'était pas sur son radar, c'est qu'il allait être le partant lors des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
Et pourtant, c'est lui qui a tenu le fort avec succès en fin de troisième période lors du septième match alors que les Bruins tentaient le tout pour le tout, eux qui venaient de réduire l'écart à 3-2 avec 22 secondes à faire.
« Lorsqu'ils ont marqué leur deuxième but, ç'a probablement été les 20 plus longues secondes de ma vie, a dit Raanta avec la voix tremblante. « C'était de la folie jusqu'à la fin, mais quand la sirène a retenti, c'était une des meilleures sensations que j'ai vécues depuis longtemps. Et c'était un immense soulagement. »
Raanta s'est accroché, les Hurricanes aussi, et ils seront de la deuxième ronde. Parmi ses 27 arrêts, le porter de 33 ans a réservé son plus important à Taylor Hall à 10:39 de la première période, quand l'attaquant s'est amené à deux contre un avec Erik Haula. S'il avait cédé, la rencontre aurait pu prendre une tangente complètement différente.
« Il est passé à travers tant d'épreuves cette année, non seulement physiquement, mais dans toutes les sphères, a souligné l'entraîneur-chef Rod Brind'Amour. Et maintenant, il a droit à ce moment. Personne au début de l'année n'aurait prédit qu'il serait l'homme de la situation, mais le voilà qui prend la relève et qui devient l'homme de la situation. Je suis fier de lui. »
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Raanta a vécu le deuil de son père l'été dernier, mais aussi de son grand-père, qui a été emporté par la COVID-19. Son père est quant à lui décédé en raison d'une infection au poumon durant une opération, quelques jours après son grand-père.
Le père de Raanta avait l'habitude de lui envoyer un message texte avant chaque match. Il y avait donc quelque chose qui manquait lors des 28 départs du gardien en saison et six en séries.
« Avant chaque partie, je discute avec 'Paulie' (l'entraîneur des gardiens Paul Schonfelder) et il me répète que peu importe ce qui va se passer aujourd'hui, mon père est vraiment fier de moi, peu importe où il est », a raconté Raanta. « C'est avec cette pensée à l'esprit que je saute sur la glace.
« C'est certain que ce serait génial si mon père était ici et voyait tout ça. Mais je suis certain qu'il est quelque part en ce moment et qu'il est très heureux. »
Il le serait assurément.
Andersen a été sans contredit le numéro un des Hurricanes cette saison. Sa fiche a été de 35-14-3 avec une m.b.a. de 2,17 et un pourcentage d'arrêts de ,922 en 52 matchs. Mais il a subi une blessure au bas du corps le 16 avril et il n'a pas été en mesure de jouer depuis.
« Quand 'Freddy' s'est blessé, je me suis dit que c'était ma chance de montrer ce dont j'étais capable de faire sur une grande scène, a expliqué Raanta. « Dès le match no 1, j'ai trouvé que mon jeu était pas mal bon. Quand un des meilleurs gardiens de la Ligue tombe au combat, c'est certain que ton équipe va en souffrir un peu, mais comme durant toute l'année, l'équipe devant moi fait un excellent travail.
« Je tente tout simplement de faire le mien. »