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MONTRÉAL – Ce match contre le Lightning de Tampa Bay passera à l’histoire surtout parce qu’il a été le théâtre du 50e but de la saison de Cole Caufield. Mais on se souviendra aussi du message envoyé par les joueurs des Canadiens de Montréal pendant ce duel aux allures de séries éliminatoires.

Ils peuvent vite se transformer en agresseurs si on tente de les intimider.

« On était sur le bord de la ligne, et c’est là qu’il faut être, a résumé l’entraîneur-chef Martin St-Louis. On est capables de jouer comme ça. […] On se l’est prouvé à nous-mêmes, mais ce n’est pas la première fois. Il faut que tu sois prêt pour n’importe quoi. Ce soir, on était prêts pour n’importe quoi. »

On ira même jusqu’à dire que le Tricolore a mis le Lightning dans sa poche au chapitre du jeu physique. Il a répliqué coup pour coup après chaque coup de sifflet et s’en est donné à cœur joie entre les sifflets.

Josh Anderson a réussi à entrer dans la tête de Nikita Kucherov, et a servi une sévère correction à Declan Carlile, qui a tenté de lui passer un message – en vain. Jayden Struble a quant à lui malmené Emil Lilleberg quand il en a mis un peu trop à son goût dans une échauffourée.

Arber Xhekaj s’est fait prendre au jeu du vétéran Corey Perry en première période, avant de se ressaisir et de distribuer quelques durs coups d’épaule. Mais surtout, tous les joueurs ont pris part à la fête, à un moment ou à un autre du match, quand le mercure s’est mis à grimper.

Sans jamais franchir la ligne – ou presque.

« J’aime notre mentalité de meute, a vanté Anderson. Personne ne craint de se faire bousculer. Si on voit un de nos gars se faire intimider, tout le monde se lève. Il faut être intelligents quand les esprits s’échauffent selon l’état du match. J’ai aimé comment nous nous sommes battus. »

Le Tricolore a pris les devants en deuxième période, et a été majoritairement en contrôle jusqu’à la cloche finale de cette victoire de 2-1. Il a aussi bien géré ses émotions, alors qu’il aurait eu plusieurs raisons de perdre les pédales à un moment ou à un autre.

L’énergie dans le Centre Bell a atteint son paroxysme après le but de Caufield, et l’intensité n’a fait que grimper après chaque coup de sifflet, chaque punition et chaque mise en échec. Malgré les 126 minutes de pénalité distribuées aux deux équipes, on peut dire qu’un calme relatif a régné au banc des locaux.

Ça n’a pas été le cas chez le Lightning, qui a par ailleurs été chassé trois fois de plus.

« On a évolué un peu du côté papier sablé, cette année, a fait remarquer St-Louis. Ce n’est pas juste un ou deux gars. C’est une mentalité de groupe. Ça prend ça. »

Un apprentissage

La preuve restera à faire quand les séries s’amorceront – peut-être contre ce même Lightning – mais il semble que le narratif soit en train de changer. Au printemps dernier, on reprochait justement aux Canadiens d’avoir manqué de robustesse dans leur série de premier tour contre les Capitals de Washington.

Pourtant, le noyau est encore le même et l’état-major n’a pas nécessairement fait l’acquisition de joueurs plus hargneux pour régler ce problème. L’évolution s’est faite au sein même du groupe.

« On a vécu cette expérience, l’an dernier, et beaucoup de joueurs ont réalisé que c’est le style de séries qu’il faut être prêts à jouer, a souligné Anderson. On était assurément prêts pour ça, ce soir. Tout le monde était au rendez-vous. C’est ce dont nous avons besoin. »

« Nous avons plus d’expérience à ce chapitre, a renchéri Lane Huston, ciblé par Perry tout au long de la soirée. On a joué ce genre de matchs physiques quelques fois cette année, et l’an dernier aussi. On a compris qu’il fallait être prêts pour des matchs comme ça. »

La question sera maintenant de savoir si les Canadiens pourront maintenir ce rythme pendant une – ou plusieurs – série(s) de sept matchs. C’est là qu’on pourra juger de la véritable progression de ce groupe.