RALEIGH, Caroline du Nord – Lorsqu’on écoute les discours d’après-match de Rod Brind’Amour sur les réseaux sociaux des Hurricanes de la Caroline, on constate à quel point il affectionne ses joueurs.
« Vous savez qu’on a besoin de la contribution de tout le monde pendant ce parcours, et je vous aime pour cette raison! », l’entendons-nous crier dans son plus récent discours, celui suivant l’élimination des Flyers de Philadelphie par les Hurricanes en quatre matchs au deuxième tour des séries le 9 mai.
« Ce que vous voyez sur ces vidéos se rapproche grandement de qui il est en temps normal », a affirmé son capitaine Jordan Staal. « Parfois, il s’abstient de parler de détails devant la caméra, mais il s’agit d’une version assez authentique de lui. C’est bien Rod! »
Sans tambour ni trompette, Brind’Amour a souligné son huitième anniversaire à la barre des Hurricanes le 8 mai, la veille de leur ultime victoire face aux Flyers. Les représentants de la Caroline participeront à la finale de l’Association de l'Est pour une quatrième fois depuis l’embauche de Brind’Amour (2019, 2023, 2025, 2026), mais sont toujours en quête d’une première finale de la Coupe Stanley sous sa gouverne.
À compter de mardi ou jeudi, les Hurricanes affronteront les gagnants de la série entre les Canadiens de Montréal et les Sabres de Buffalo. Un triomphe en finale de l’Est, qu’importe l’adversaire, permettrait à Brind’Amour de cimenter son héritage parmi les grands de l’histoire de la concession, lui qui l’a aussi menée à un championnat à titre de capitaine en 2006.
L’homme de 55 ans a passé près de la moitié de sa vie au sein de l’organisation des Hurricanes. Il s’est joint à l’équipe en janvier 2000 dans la foulée d’une transaction avec les Flyers en 2010, puis à l’annonce de sa retraite comme joueur, il est resté en Caroline pour y travailler comme entraîneur au développement des joueurs, entraîneur adjoint, puis éventuellement entraîneur en chef.
« C’est très, très spécial pour moi. Je suis à la maison, a commenté Brind’Amour. Je l’ai dit plusieurs fois, mais c’est une expérience unique de diriger une équipe de la LNH dans la ville où tu habites, et j’en suis fier. Je ne fais pas que porter un chapeau, l’enlever, et remettre celui d’un autre entraîneur un autre jour. Ce n’est pas ça.
« Il s’agit d’un rôle significatif pour moi, car je suis en Caroline depuis si longtemps. »
Brind’Amour a participé à 94 des 96 victoires des Hurricanes en séries depuis la relocalisation des Whalers de Hartford en Caroline en 1997. Trente-neuf de ces victoires ont été acquises en tant que joueur, et les 55 autres en tant qu’entraîneur. Avant la promotion de Brind’Amour dans la chaise d’entraîneur-chef, les Hurricanes venaient de rater le tournoi printanier neuf ans de suite. Depuis, ils ont participé huit fois d’affilée au deuxième tour des séries.
Pendant que le message de certains entraîneurs peine à perdurer après deux ou trois saisons avec la même équipe, celui de Brind’Amour résonne encore bien fort dans le vestiaire des Hurricanes après huit ans.
Les seuls entraîneurs qui ont pris la barre de leur équipe actuelle avant lui sont Jared Bednar, qui en est à une 10e saison avec l’Avalanche du Colorado, et Jon Cooper, qui en est à une 14e saison avec le Lightning de Tampa Bay.
\\*
Brind’Amour a souvent minimisé son rôle dans les succès des Hurricanes. Lors de sa première série aux commandes de l’équipe, face aux Capitals de Washington en 2019, il avait dit que « diriger une équipe était plaisant, mais que la contribution d’un entraîneur était un peu surévaluée parce que ce sont les joueurs qui sont sur la patinoire. »
L’ancien joueur de centre, qui a disputé 1484 matchs en 20 saisons dans la LNH avec les Blues de St. Louis, les Flyers et les Hurricanes, n’a jamais perdu de son amour pour les joueurs. C’est l’une des raisons pour lesquelles il est toujours écouté et respecté dans le vestiaire des Canes.
« C’est si facile de jouer pour un gars qui a déjà vécu ce que nous vivons, a dit le défenseur Sean Walker. Il était un joueur, il a été un champion, il a gagné. Chaque jour, il nous sort un discours qui nous donne le goût de tenter l’impossible. Il est incroyable. Tout le monde dans ce vestiaire vous le dirait. »
Staal, qui a évolué six saisons à Pittsburgh avant d’être échangé aux Hurricanes, a déjà affronté Brind’Amour à maintes reprises.
« Il joue comme il dirige : avec de l’intensité et du travail acharné, sans compromis, a-t-il décrit. Il est comme ça dans tous les aspects de sa vie. »
Brind’Amour montre clairement à ses joueurs qu’il va à la guerre avec eux, pas contre eux.
« Il est investi », a dit l’attaquant Jordan Martinook. « Nous le sommes nous aussi, mais il l’est autant que nous. Il a été un joueur, donc il sait ce que c’est, et on peut voir le feu dans son regard. »
Le mot le plus souvent mentionné au sujet de Brind’Amour est « authentique ». Avec lui, nul besoin de lire entre les lignes.
« J’ai toujours aimé et respecté Roddy parce qu’il est vrai », a affirmé Weekes, qui était le coéquipier de Brind’Amour quand les Hurricanes ont atteint la finale de la Coupe Stanley en 2002. « Pour certaines personnes, c’est le clinquant qui compte, le spectacle et tout le reste. Mais lui, ce qui l’intéresse, c’est le concret. Il est authentique dans tout ce qu’il fait. Il ne joue pas de rôle.
« Il est une personne vraie qui fait des choses authentiques en traitant bien les autres. »
Ç’a contribué à établir une culture de respect à l’intérieur du vestiaire qui vient complémenter le système de jeu de Brind’Amour et son personnel. Les relations qui germent de ce respect font en sorte que pratiquement chaque joueur qui se joint aux Hurricanes achète la philosophie de Brind’Amour.
« Les joueurs veulent traverser un mur pour lui, et il veut lui aussi les aider à connaître du succès », a souligné le directeur général Eric Tulsky. « Chaque joueur veut plus de temps de glace, plus d’opportunités, et notre équipe a tellement de profondeur que c’est un défi pour lui.
« Plusieurs joueurs de notre équipe pourraient avoir un plus grand rôle ailleurs, et il fait du très bon travail pour gérer ça. Les joueurs sont à l’aise d’occuper le rôle qu’il leur propose et ils le font du mieux qu’ils le peuvent. »
\\*
Les Hurricanes ont vécu plusieurs changements depuis que Brind’Amour est à la barre de l’équipe, mais il n’est pas la seule constante. Staal, Martinook et les attaquants Sebastian Aho et Andrei Svechnikov ainsi que le défenseur Jaccob Slavin sont les cinq joueurs restants de l’édition des Hurricanes qui a surpris les Capitals, champions en titre à l’époque, en sept matchs au premier tour en 2019, un parcours qui les a menés jusqu’en finale de l’Association de l’Est.
Onze joueurs en seront à une troisième participation à la finale d’association avec les Hurricanes, et 19 étaient avec l’équipe quand elle s’est inclinée contre les Panthers de la Floride en cinq matchs en finale de l’Est la saison dernière.
« Je dirige ces joueurs depuis longtemps », a dit Brind’Amour, qui a remporté le trophée Jack-Adams à titre d’entraîneur de l’année en 2021. « Ils sont des enfants quand ils arrivent ici, et je les vois devenir des pères. Ils grandissent comme personnes et comme joueurs. Mais j’aime l’aspect humain. C’est ce qui est spécial dans ce travail pour moi. C’est génial de les côtoyer quand ils sont jeunes et de les façonner un peu. Mais ce sont vraiment les joueurs dans le vestiaire qui font tout le travail. »





















