York_Couturier

PITTSBURGH – Rick Tocchet a déjà été à la place de Sean Couturier.

C’était vers la fin d’une carrière de 18 saisons dans la LNH au cours de laquelle il a inscrit 440 buts en 1144 matchs. Il était alors un attaquant dans la mi-trentaine, un peu moins rapide qu’une dizaine d’années auparavant, et son entraîneur avait décidé que la meilleure façon pour lui d’aider l’équipe était d’adopter un nouveau rôle. Plutôt que de jouer sur la première vague d’avantage numérique et dans des situations offensives, il devait miser davantage sur un style physique et défensif.

« Je me souviens de mon dernier passage ici (comme joueur des Flyers de Philadelphie), Simon Gagné et Justin Williams prenaient ta place et tu allais devoir accepter ton rôle, peu importe ce que tu peux donner à l’équipe », a raconté Tocchet.

Donc, lorsque Tocchet, à sa première saison comme entraîneur des Flyers, a eu la même discussion avec Couturier plus tôt cette saison, il comprenait exactement ce que son capitaine pouvait ressentir.

Couturier a 33 ans et dispute sa 14e saison à Philadelphie. Il a atteint le plateau des 30 buts à deux reprises et a remporté le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la LNH, en 2020. Il a longtemps été un moteur offensif à 5-contre-5 et sur l’avantage numérique.

Mais il n’est plus tout à fait le même joueur depuis qu’il a subi deux opérations au dos qui lui ont fait rater une saison et demie entre 2021 et 2023.

Après la pause olympique, les Flyers ont voulu donner plus de temps de jeu aux recrues Denver Barkey et Alex Bump, tout en installant Trevor Zegras à temps plein au poste de joueur de centre.

Avec Christian Dvorak et Noah Cates occupant eux aussi un rôle au centre, qu’allait-il advenir de Couturier?

C’était une situation inconfortable, autant pour le joueur que pour l’entraîneur. C’est à ce moment que Tocchet lui a proposé de redéfinir son rôle, qui n’allait pas être moins important, mais différent. Il allait disputer des minutes plus difficiles sur un trio à vocation défensive avec des joueurs comme Luke Glendening et Garnet Hathaway. Son temps de jeu en avantage numérique allait diminuer aussi.

« C’est difficile pour moi, a admis Tocchet. Je ne peux pas vous dire exactement ce qu’on s’est dit, mais on a eu une discussion profonde. Comme entraîneur, tu dois être honnête avec tes joueurs. Tu ne veux pas les démolir, mais tu dois être franc.

« Certaines soirées, il joue 13 minutes, d’autres 18 ou 20. Ça dépend du match. Certains vont le qualifier de joueur de quatrième trio ou autre, mais je ne lui mets pas d’étiquette. C’est un de nos meilleurs sur les mises en jeu. Il commence le désavantage numérique. Il va probablement être sur la glace dans la dernière minute d’un match. La seule différence, c’est qu’il ne joue plus autant en avantage numérique ni en prolongation. Ce sont des éléments qu’il a dû oublier, mais le reste de son jeu, surtout à 5-contre-5, est énorme.

« Je ne le vois pas comme un joueur de quatrième trio. Pour moi, c’est un joueur extrêmement polyvalent. »

Une des grandes forces de Tocchet est sa capacité à communiquer avec ses joueurs, ce qui explique pourquoi Couturier n’a pas seulement accepté ce nouveau rôle – il y excelle.

« Tant qu’on gagne, c’est tout ce qui compte, a dit Couturier. C’est ça l’objectif. Je suis content de la position dans laquelle on est comme équipe et comme organisation, et je suis heureux d’aider de n’importe quelle façon. »

Couturier est une des grandes raisons pour lesquelles les Flyers mènent 2-0 contre les Penguins de Pittsburgh dans cette série du premier tour dans l’Est, qui se transporte à Philadelphie pour le match no 3 mercredi (19 h HE; HBO MAX, SN-PIT, truTV, TNT, NBCSP, SNP, SNO, SNE, SN360, TVAS). Sa passe sur le but dans un filet désert de Glendening a confirmé une victoire de 3-0 lors du deuxième duel, lundi, mais ce sont surtout les autres aspects de son jeu qui font la différence.

PHI@PIT: Glendening marque dans un filet désert

En deux matchs, il a remporté 18 de ses 26 mises en jeu (69,2 %) et passe en moyenne 2:58 par match en désavantage numérique, qui n’a rien donné en sept occasions et qui n’a accordé que deux tirs. À forces égales, il a surtout eu la lourde tâche d’affronter les trios de Sidney Crosby ou d’Evgeni Malkin.

« J’essaie simplement de faire ce qu’on me demande pour aider l’équipe à gagner, a expliqué Couturier. C’est tout ce qui compte. On veut que tout le monde adhère à cette mentalité de jouer les uns pour les autres et faire tout ce qu’il faut pour gagner. »

Le directeur général Daniel Brière se dit impressionné par la façon dont Couturier a relevé ce défi.

« Il a accepté ce nouveau rôle parce qu’il a compris que ça allait aider l’équipe et qu’il pouvait avoir un impact dans cette position », a-t-il souligné.

En particulier dans l’aspect physique du jeu. Ses sept mises en échec ont été un sommet chez les Flyers lors de leur victoire de 3-2 au match no 1.

« Je pense que les Penguins avaient donné deux ou trois bonnes mises en échec, la foule était dedans, et ‘Coots’ est embarqué sur la glace et il a frappé quelqu’un, s’est souvenu Tocchet. Ça a calmé notre banc. […] Quand ton capitaine fait ça, il répond présent. C’était une grosse mise en échec après celles des Penguins. »

C’est ce type de leadership que Couturier continue d’apporter.

« Les vétérans peuvent réagir de deux façons, a noté Tocchet. Tu peux être ce vétéran amer ou tu peux être le vétéran qui se rend utile. Passer le flambeau, soutenir les jeunes, c’est important, et c’est ce que je le vois faire. Ce n’est pas un vétéran amer. C’est quelqu’un qui veut aider les jeunes. »

La décision de Couturier d’accepter un nouveau rôle, peu importe ce qu’on lui demande, est un message fort dans le vestiaire, en particulier pour les jeunes.

« Ça en dit long sur son caractère et son leadership, a dit Barkey. Il s’adapte à n’importe quel rôle et dépasse les attentes. C’est un leader pour une raison. Le voir monter ou descendre dans la formation et rester un joueur polyvalent prêt à tout pour aider l’équipe, c’est un exemple de qualité. Son attitude dans le vestiaire fait de lui un très bon leader. »

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