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RALEIGH, Caroline du Nord – Jordan Martinook avait de la difficulté à décrire toutes les émotions qu’il ressentait.

Il venait de marquer le but gagnant à 13:53 de la deuxième période de prolongation pour permettre aux Hurricanes de la Caroline de l’emporter 3-2 contre les Sénateurs d’Ottawa dans le deuxième match de leur affrontement du premier tour des séries éliminatoires de l’Association de l’Est lundi au Lenovo Center.

Compter ce but était déjà mémorable et les circonstances qui y ont mené le sont encore plus.

Les Hurricanes croyaient avoir gagné en première prolongation, mais le but de Mark Jankowski a été refusé après que les arbitres eurent consulté la reprise vidéo. Martinook s’est alors vu décerner un tir de pénalité puisqu’on l’avait accroché sur la séquence avant le but refusé.

Il l’a raté.

« Je me sentais très mal d’avoir raté ce tir », a-t-il admis.

Il a rongé son frein pendant l’entracte et il désirait seulement avoir la chance de se racheter. Quand il l’a eue, il ne l’a pas ratée. Il est devenu le héros qu’il souhaitait être lors du tir de pénalité.

« L’émotion qu’on ressent quand on marque… », a déclaré Martinook avant de prendre une longue pause. « Oui, c’est fou, le hockey. Le sport est fou. J’ai compté après tout ça. Je vais raconter cette histoire à mes petits-enfants, c’est certain. »

Souhaitons qu’il ait les idées plus claires à ce moment-là, car ce n’était pas le cas après la partie. Il cherchait ses mots après avoir vécu un véritable torrent d’émotions causé par une des séquences les plus mémorables de l’histoire des séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

« Vous êtes déjà montés sur une bascule? », a-t-il demandé aux journalistes en riant lors de la conférence de presse d’après-match. « Il y avait un gros bonhomme à un bout… Non, c’était moi, le gros bonhomme… Ce n’est peut-être pas une bonne comparaison. »

On pardonne facilement à Martinook. N’importe qui aurait eu l’esprit embrouillé après les événements de la soirée de lundi.

Résumons.

Les Hurricanes croyaient avoir gagné le match à 2:42 de la fin de la première période supplémentaire quand Jankowski a compté après qu’une punition à retardement eut été signalée. Les joueurs ont quitté le banc en sautant de joie pour célébrer. Les partisans ont commencé à quitter l’amphithéâtre avec le sourire aux lèvres.

Or, les arbitres se sont immédiatement dirigés vers le banc des punitions pour revoir le jeu. Leur décision : but refusé. Le capitaine des Hurricanes Jordan Staal était hors-jeu à l’entrée de la zone offensive sur la séquence ayant mené au but. Ils ont jugé qu’il n’avait pas le plein contrôle de la rondelle avec son bâton au moment où ses patins ont franchi la ligne bleue.

Les Sénateurs le savaient.

Travis Green, leur entraîneur, a vu le jeu en temps réel et il croyait qu’il était hors-jeu. Pendant que les joueurs des Hurricanes félicitaient Jankowski, ceux des Sénateurs sont restés à leur banc. Certains regardaient la reprise sur leurs tablettes, d’autres à l’écran géant.

« Il n’était pas question qu’on bouge », a lancé Green.

Et ce n’était pas le dernier rebondissement.

Warren Foegele des Sénateurs avait empêché Martinook de lancer en l’accrochant avant le but refusé. Le chronomètre a été reculé jusqu’au hors-jeu de Staal et les arbitres ont transformé la punition pour accrochage de Foegele en tir de pénalité pour Martinook à 3:11 de la fin de la première prolongation.

OTT@CAR: Ullmark frustre Martinook sur un tir de punition

« J’ai essayé de leur dire qu’on préférait l’avantage numérique au tir de pénalité », a révélé Martinook en souriant.

Il n’a pas pu marquer. Linus Ullmark, qui a connu un excellent match, a repoussé son tir du poignet avec sa mitaine au-dessus de sa jambière gauche. C’était un des 43 arrêts de la soirée d’Ullmark.

« J’étais déçu après ce tir de pénalité, a ajouté le vétéran attaquant. J’ai trouvé l’entracte très long, mais je suis content du dénouement. Peu importe qui a compté, j’aurais trouvé la nuit longue parce que ce tir de pénalité serait revenu me hanter. »

C’était l’espoir des Sénateurs, qui ont vu cette séquence d’événements comme une deuxième chance de l’emporter.

« Oui, on ne sait jamais », a laissé tomber l’attaquant d’Ottawa Drake Batherson. « On a eu de bonnes chances de gagner après, mais on n’a pas pu en profiter. C’est comme ça. On doit passer à autre chose et se préparer pour le prochain match. »

Green n’avait jamais vécu une séquence comparable à ce qui s’est produit lundi. Pourtant, cet homme a disputé 970 matchs de saison régulière et 56 parties en séries éliminatoires en tant que joueur. Il a aussi dirigé 417 matchs de saison régulière et 25 rencontres de séries éliminatoires.

Il est fier que son équipe se soit regroupée et qu’elle ait obtenu des chances de l’emporter, mais elle a été incapable de déjouer le gardien de la Caroline Frederik Andersen une troisième fois.

« Un superbe effort, a-t-il déclaré. Les séries sont difficiles, surtout quand on perd. Celle-là fait mal, mais on a quelques jours pour s’en remettre. »

Le troisième match aura lieu jeudi à Ottawa (19 h 30 HE; CBC, TVAS, SN, TBS, FDSNSO, HBO MAX).

Cependant, les Sénateurs ont une grosse pente à remonter après la rédemption de Martinook.

Les équipes qui prennent les devants 2-0 dans une série quatre de sept ont une fiche de 360-58 (,861). Pour celles qui étaient à domicile, cette fiche passe à 270-36 (,882).

Dans le deuxième match, les Sénateurs ont prouvé aux Hurricanes que leur marge était encore plus mince que dans le match no 1. Ils trouvent leurs repères et ils croient qu’ils ont ce qu’il faut pour combler ce déficit.

Selon Martinook, ses coéquipiers des Hurricanes devront leur prouver qu’ils se trompent dans moins de 72 heures.

« C’est à nous d’y aller, de donner le meilleur de nous-mêmes et de gagner ce match », a-t-il conclu.