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Cinq questions avec... Dany Dubé

L'entraîneur devenu analyste désire partager son expertise avec toute la planète

par Nicolas Ducharme @nicolasducharme / Journaliste LNH.com

Chaque mercredi pendant la saison 2018-19, LNH.com s'entretient avec un intervenant du monde du hockey pour discuter de leur opinion sur l'état de ce sport, de leur vie et de leur carrière, en plus de revenir sur l'actualité.

Cette semaine, cinq questions avec Dany Dubé.

Depuis maintenant 19 ans, Dany Dubé entre dans les maisons et les automobiles des Québécois par le biais de la radio ou de la télévision à titre d'analyste des matchs des Canadiens de Montréal. Son nouveau projet pourrait maintenant le faire entrer dans tous les arénas de la planète.

Lancé dans la dernière année, le logiciel Play360 vise à partager avec les entraîneurs, peu importe le niveau, les connaissances du hockey de plusieurs experts. Disponible sur tablette, l'application permet de voir en trois dimensions des exercices et des conseils pour aider au développement du joueur. Une façon beaucoup plus facile et moins coûteuse de partager l'information et le savoir que par les méthodes traditionnelles, mais surtout, beaucoup plus intéressante visuellement et facile à comprendre pour le jeune hockeyeur que le bon vieux tableau dans le coin de la patinoire.

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Déjà, l'application créée par Dubé et son partenaire Patrick St-Cyr attire l'attention chez certains entraîneurs de la Ligue nationale de hockey. Le pilote des Canadiens de Montréal Claude Julien a été le premier du groupe à partager ses propres exercices sur le logiciel, et ils sont ainsi disponibles pour tous les utilisateurs.

« Il y a beaucoup d'intérêt plus ça avance, a indiqué Dubé. Martin Gélinas (adjoint des Flames de Calgary) a été le deuxième à nous envoyer sa pratique. Alain Nasreddine (adjoint des Devils du New Jersey) a confirmé qu'il allait participer. Les entraîneurs des Sénateurs d'Ottawa Guy Boucher et Martin Raymond aussi. Il y en a d'autres aussi, comme Dominique Ducharme. »

Dubé voit un potentiel pour rejoindre des entraîneurs de partout sur la planète, particulièrement dans les pays où le hockey est encore émergent et où les entraîneurs sont bien souvent des bénévoles. C'est une des choses qui lui tenait à cœur, puisqu'avant d'être analyste à la radio sur le réseau Cogeco, ainsi qu'à la télévision sur les ondes de TVA Sports, il était avant tout un entraîneur. 

Un entraîneur qui a vu du pays, puisque son parcours l'a mené à la barre des Draveurs de Trois-Rivières et des Screaming Eagles du Cap-Breton de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, ainsi que des Patriotes de l'UQTR au niveau universitaire canadien. Mais il a aussi fait sa marque à l'international en étant adjoint pour Équipe Canada aux Jeux olympiques de 1994, en plus d'avoir été le sélectionneur de l'équipe nationale de France lors du Championnat du monde de la FIHG en 1997. 

Voici cinq questions avec Dany Dubé :

Es-tu surpris que Claude Julien ait accepté de participer à cette aventure dès ses débuts?

« En étant très près de l'action dans la LNH, j'ai le privilège de côtoyer Claude et j'ai dirigé contre lui. Je le connais depuis longtemps. On lui a montré l'application et il l'a trouvée sympathique, mais il estime qu'il y a un besoin pour ça. Il aimerait que ça s'étende partout au Canada parce que c'est un Franco-Ontarien. Nous aussi, on veut que la plate-forme soit bilingue. » 

Comment est venu ton désir de t'impliquer dans un projet comme le Play360?

« Dans la vie, tu te demandes pourquoi tu fais les choses. Il y en a certaines qui sont pour toi, des expériences que tu veux vivre, et ensuite, il y a les choses que tu veux redonner. Parmi les choses que je voulais vivre dans le coaching, j'ai participé à des événements d'envergure, des Championnats du monde, les Jeux olympiques et des Championnats canadiens. Pour ma courte période de sport, j'ai été gâté et j'ai travaillé avec du bon monde. Après, je me suis demandé comment je pouvais redonner. Je l'ai beaucoup fait dans les communications (radio, télévision, presse écrite et conférencier), en étant proactif avec les parents et en faisant des choses qui vont rester.

« Maintenant, les écrits restent, mais ce qui est encore plus puissant, c'est le numérique. J'ai voyagé partout sur la planète et j'ai une expertise qui peut être partagée, tout comme celle des autres. Ça me branche. Un jour, qui sait si un coach d'une équipe professionnelle en Suisse va se mettre à collaborer avec nous.

« Un jour, j'espère que les joueurs (de la LNH) vont de leur propre chef faire de même pour donner des conseils aux jeunes. C'est toujours dans l'optique de faire grandir le hockey, et que ça ne coûte rien. »

Grâce à l'aide de nombreux partenaires, vous avez été en mesure d'offrir gratuitement l'application en français. Était-ce primordial à tes yeux?

« C'était mon souhait de rendre l'application accessible à tous. Le sport du hockey commence à coûter très cher et pour les jeunes qui ne sont pas dans des programmes spécialisés, on voit l'apparition d'un hockey à deux vitesses. Ça m'interpellait beaucoup. Je viens de la Côte-Nord et j'ai beaucoup travaillé en Mauricie. Une de nos missions, c'est de répondre aux besoins des bénévoles grâce à notre expertise de professionnels.

« Si nous prenons de l'expansion dans d'autres pays, l'application ne sera pas gratuite. Il y a trop de commercialisation, trop d'enjeux et ça coûte trop cher. Si on a pu le faire (au Québec), c'est grâce à nos partenariats. » 

Est-ce que tu t'ennuies d'être entraîneur?

« Je suis sevré. J'ai longtemps été accroc et quand tu es accroc à quelque chose, tu l'es vraiment. Ce que je fais maintenant, j'essaye de le faire de façon aussi passionnée et généreuse. Je pense avoir accumulé au fil du temps beaucoup de connaissances. Mon expertise est encore connectée (au hockey d'aujourd'hui), elle n'est pas déconnectée. Souvent, quand tu arrêtes de coacher, tu regardes les matchs avec tes anciennes lunettes. Moi, je change mes lunettes chaque année. »

Au-delà de l'aspect technique, aurais-tu un conseil à donner à un jeune entraîneur?

« Il doit être curieux et connaître les gens qu'il dirige. Souvent, on est très concentré sur le collectif, sur l'adversaire et sur le milieu, mais on n'accorde pas assez d'importance à l'individu. De plus en plus, les bons coachs sont allumés sur la réalité des jeunes. La démographie a changé. Avec les familles d'aujourd'hui, il est possible que 50 pour cent de ton équipe ait deux papas et deux mamans. Ça se peut que les joueurs vivent des choses sur le plan personnel et que tu n'aies peut-être pas les repères pour les voir. C'est possible que dans quelques années, 50 pour cent de ton équipe ait un déficit d'attention ou de l'anxiété. Ce sont des problèmes de société, ça va arriver. C'est la chose la plus importante pour la nouvelle génération d'entraîneurs. La technique, les X et les O, c'est facile d'être à jour. Là où c'est plus difficile de l'être, c'est sur l'humain. »

 

Photo : 98,5 FM

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