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BROSSARD – Ce n’est pas parce qu’il est devenu la coqueluche des partisans des Canadiens de Montréal au cours de la dernière campagne que Jakub Dobes a changé quoi que ce soit dans sa manière d’aborder la saison qui approche. 

« Tout est pareil », a-t-il lancé calmement, jeudi, au premier jour du camp d’entraînement. « La seule chose, c’est quand je sors de chez moi pour faire quelque chose de mes temps libres, les gens me remarquent un peu plus. Je prends plus de photos. Mais rien n’a vraiment changé. Je me prépare de la même façon. »

Il a aussi gardé la même mentalité que lorsqu’il était un espoir méconnu qui n’avait encore rien accompli.

Le Tchèque de 25 ans a pourtant mené les gardiens recrues de la LNH avec 29 victoires en 41 matchs, et il a guidé le Tricolore jusqu’en finale de l’Est en multipliant les prouesses en séries éliminatoires. Avec cette feuille de route aussi brève qu’étoffée, il pourrait présumer que le filet lui revient d’emblée, cette saison.

MTL@CAR: Dobeš sort la jambière

Mais pas si vite. Avec la présence de Samuel Montembeault et de Jacob Fowler au camp, Dobes est convaincu qu’il doit de nouveau faire ses preuves pour gagner son poste de numéro un. 

« Je n’ai pas encore joué un match cette année, a-t-il relativisé. Je ne considère pas que le poste me revient. On a un bon trio de gardiens en ce moment. Montembeault et Fowler sont excellents. Ce serait injuste d’arriver ici et de dire que c’est mon poste. On va tous se battre pour le poste.

« Le gardien qui joue le mieux méritera de jouer le premier match. C’est ça ma mentalité. Je ne tiens rien pour acquis en raison des séries. Je veux mériter la confiance des entraîneurs et de mes coéquipiers. »

On peut comprendre Dobes de ne pas trop vouloir s’avancer. À la même date l’an dernier, personne ne le voyait connaître ce genre de saison, et à peu près tout le monde était convaincu que Montembeault disputerait la grande majorité des matchs.

On connaît la suite : Montembeault a éprouvé de grandes difficultés sans jamais être en mesure de renverser la vapeur, Dobes a pris le relais et Fowler s’est amené en renfort pour terminer la campagne dans le rôle de gardien auxiliaire. Tout peut arriver.

Surtout que le directeur général Kent Hughes a été clair au tournoi de golf. Le club n’amorcera pas la saison avec trois gardiens qui se partagent la tâche.

« La bataille ne se termine jamais, a rappelé Dobes. Ça se poursuivra jusqu’à ma retraite. Il y aura toujours de nouveaux gardiens qui voudront prendre ma place. Tu dois faire tes preuves jour après jour et c’est la mentalité que je dois avoir au camp. Je vais essayer de me tailler une place et d’être à mon mieux. »

Un dénouement logique

Dans le contexte actuel, et si aucune transaction ne survient d’ici au match d’ouverture, la décision logique serait de renvoyer le jeune Fowler dans la Ligue américaine. Il n’a toujours pas besoin de passer par le ballottage, et à 21 ans, il a besoin de voir de l’action afin de poursuivre son développement.

Fowler ne voit toutefois pas les choses de la même manière. En signant neuf victoires en 17 matchs et en maintenant un taux d’efficacité de ,908, il a démontré qu’il était capable de jouer au plus haut niveau.

« Tout le monde veut obtenir un poste dans la LNH, surtout ici, a évoqué Fowler. Je ne tiens rien pour acquis. J’ai passé beaucoup de temps avec l’équipe l’an dernier, et quand j’ai été renvoyé dans la Ligue américaine, mon but était de revenir rapidement. Je veux être ici. Je veux être un membre des Canadiens.

« L’an dernier, mon sentiment d’urgence était très élevé. J’étais le petit jeune qui voulait avoir la chance de rester au camp le plus longtemps possible. J’ai la même mentalité. Je suis toujours jeune, mais je veux me tailler un poste. »