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Marchand sur ses gardes pour ne pas encore rater la Classique hivernale

L'attaquant des Bruins avait déçu sa famille et ses amis lorsqu'il avait été suspendu lors du match extérieur en 2016

par Amalie Benjamin @AmalieBenjamin / Journaliste NHL.com

BOSTON - Quand la mère de Brad Marchand, Lynn, aborde le sujet, le doigt de l'attaquant des Bruins de Boston a tendance à se rapprocher du petit bouton de son téléphone qui mettra fin à l'appel.

Il ne veut pas en entendre parler, même s'il sait qu'elle a raison de s'inquiéter. Après tout, elle faisait partie d'un imposant groupe de membres de sa famille qui s'était rendu à Boston pour assister à la Classique hivernale de la LNH 2016 afin de regarder Marchand jouer contre les Canadiens de Montréal au Gillette Stadium. Un groupe qui s'est finalement retrouvé avec des billets pour un match auquel son fils n'allait pas pouvoir participer, en raison d'une suspension.

« Ils étaient tous pas mal déçus, a-t-il reconnu. Ç'avait pas mal gâché le voyage. Ç'a été difficile. »

C'est là un sujet qui demeure encore sensible, même trois ans plus tard, alors que Marchand s'apprête à participer à la Classique hivernale de la LNH Bridgestone 2019 contre les Blackhawks de Chicago, qui se déroulera le 1er janvier au Notre Dame Stadium, à South Bend, dans l'Indiana (13 h HE ; TVA Sports, SN, NBC). Mais il est quand même capable de faire des blagues là-dessus.

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Lors d'un entretien avec LNH.com le 16 décembre, Marchand a lancé avec humour : « Je vais peut-être me découvrir une blessure fantôme pour les deux prochaines semaines! »

Certains diront que c'est la seule façon de s'assurer à 100 pour cent que Marchand pourra disputer le match. Il n'est pas nécessairement en désaccord.

Au-delà des blagues, il est clair que ce qui est arrivé avant la Classique hivernale 2016 le chagrine. Le 30 décembre 2015, deux jours avant le match, le Département de la sécurité des joueurs de la LNH a imposé une suspension de trois rencontres à Marchand après que celui-ci eut frappé Mark Borowiecki des Sénateurs d'Ottawa, le 29 décembre, pour ce que la Ligue a qualifié de contact effectué trop bas et trop tardivement.

Il en était à sa quatrième suspension dans la LNH. Il a été suspendu deux autres fois depuis.

« Celle-là a fait très mal, a dit Marchand de la suspension qu'il a écopée après son geste à l'endroit de Borowiecki. J'avais pas mal de gens qui étaient venus me voir [à la Classique hivernale]. J'avais vraiment hâte de jouer au Gillette Stadium, avec tout ce qui s'était passé avant, toute la promotion entourant le match. Et voilà que le match d'avant, je commets une erreur comme celle-là.

« Le fait de rater un événement d'une telle envergure que tu pourrais vivre seulement une fois dans ta vie, j'étais pas mal en colère. Je ne pensais jamais avoir une autre opportunité d'y participer. J'ai donc vraiment hâte à celle-ci. J'irais même jusqu'à ne pas jouer pour être certain de ne rien faire qui va me forcer à le rater. »

Video: NSH@BOS: Marchand fait 3-2 d'un tir sur réception

Puisqu'il a grandi au Canada et joué d'innombrables fois sur des surfaces glacées construites dans la cour arrière d'une résidence ou sur des patinoires extérieures, Marchand avait toujours espéré pouvoir disputer un match de la LNH en plein air. Il n'y a rien de mieux, a-t-il dit, que cette sensation de se retrouver dehors, sur la glace bosselée, à jouer malgré la neige ou la pluie, à éviter de justesse les fractures aux chevilles, bref, à s'amuser comme des fous.

Comme s'est souvenu son père Kevin, quelques semaines seulement avant la Classique hivernale 2016: « Chaque année, je faisais une patinoire dans la cour ou sur le lac, tout dépendant de l'endroit où nous résidions. Il y avait toujours de la glace derrière la maison. Et quand le temps le permettait, ils y allaient pour tirer la rondelle sur une vraie glace, pour patiner, pour travailler sur leur équilibre, des choses comme ça. 

« Les gars adoraient se retrouver dehors sur la glace à jouer au hockey. Et il n'y a pas d'atmosphère plus amusante que d'être sur le lac. C'est pourquoi, quand on pense à la Classique hivernale qui s'en vient, je suis vraiment, vraiment content que Brad puisse participer à cet événement à l'extérieur. »

Marchand n'a pu disputer la Classique hivernale 2010 au Fenway Park avec les Bruins après avoir été rétrogradé au club-école de Providence dans la Ligue américaine de hockey, le 20 novembre 2009, puis après avoir subi une blessure. Les Bruins l'ont rappelé le 5 mars 2010 et il évolue dans la LNH depuis ce temps.

Video: Classique hivernale: construction de la patinoire

Ça n'a pas été facile de retourner jouer dans la LAH durant la saison 2009-10, mais quand la campagne a commencé, il ne s'attendait pas à jouer à Fenway. Il n'était qu'une recrue, son statut était incertain et ses attentes étaient peu élevées.

Le contexte était bien différent en 2016.

«C'est assurément quelque chose qui lui a fait très mal, a indiqué le joueur de centre Patrice Bergeron. Je me souviens qu'il avait été vraiment ébranlé, et qu'il était très déçu de lui-même. Il en a assumé l'entière responsabilité. Il a accepté le blâme, les conséquences aussi, mais ç'a également été très dur. »

Pour lui, et pour les Bruins aussi.

Déjà privés des services du joueur de centre David Krejci, qui était blessé, les Bruins se sont inclinés 5-1 devant les Canadiens de Montréal.

« On sait tous quel a été le résultat, a souligné Bergeron. Ç'a été un match difficile. On aurait eu besoin de lui, c'est sûr.

« Il est un élément si important dans notre équipe, on a besoin de lui sur la patinoire et il le sait. Mais il a beaucoup appris et il est évident que la Classique hivernale lui a ouvert les yeux. »

Marchand a bâti sa carrière en jouant à la limite, lui qui a notamment été au centre de deux incidents durant les séries éliminatoires de la Coupe Stanley 2018 où il a léché un adversaire. Aucun des deux gestes ne lui a valu de sanctions concrètes, mais la Ligue lui a fait des reproches et on a vu un Marchand fort contrit en fin de campagne.

« Jamais je n'oserai prétendre que je suis parfait, je pense que mes minutes de punition ont doublé comparé à la saison dernière », a-t-il dit en faisant allusion au fait qu'il est passé d'un total de 63 minutes de punition l'hiver dernier à 78 minutes en seulement 37 affrontements jusqu'ici cette saison. « C'est certain qu'il y a des aspects de mon jeu que je peux encore améliorer. Il va toujours y en avoir. Mais je ne vais pas dire que je n'y prête pas attention, parce que j'y prête attention. Mais je ne vais pas dire non plus que je vais être parfait cette année. »

Marchand, qui a récolté 41 points (12 buts, 29 aides) jusqu'ici cette saison, sait qu'il ne peut rien promettre. Y compris le fait que ses parents pourront le regarder jouer à la Classique hivernale 2019. Les Bruins auront deux matchs à l'horaire avant d'aller jouer dehors, contre les Devils du New Jersey au TD Garden jeudi (19 h HE ; SN360, SNE, SNO, NESN, MSG+, NHL.TV) puis contre les Sabres de Buffalo au KeyBank Center, samedi.

Il y aura encore un imposant groupe de membres de la famille de Marchand pour le regarder jouer à l'extérieur, bien qu'ils seront moins que la dernière fois. Reste que ses parents seront là, tout comme ses beaux-parents, son épouse et leurs enfants, sa sœur et son amie de coeur, ainsi que des amis.

« Il n'y en aura pas autant cette fois, a dit Marchand. Je pense qu'ils font preuve de prudence. »

Ils le connaissent bien, après tout.

Mais Lynn Marchand a eu de bonnes nouvelles.

« Je viens de lui dire qu'elle n'aura pas à s'en faire, a indiqué Marchand. Et si quelque chose arrive, je vais lui rembourser son billet. »

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