MONTRÉAL – « C’est une bonne observation. » Nick Suzuki a levé les yeux pour regarder en direction d’un des casiers directement en face du sien dans le vestiaire de l’équipe. Il a offert cette réponse spontanée à la remarque du collègue Arpon Basu qui lui faisait constater que l’équipement de Noah Dobson restait toujours en place.
Avant l’ouverture des grandes portes grises après ce revers de 5-2 contre les Blue Jackets de Columbus, un préposé à l’équipement du CH transportait les poches des joueurs. Mais il y avait visiblement un sac en moins, celui avec le numéro 53.
Dobson ne fera pas le voyage en direction de New York et de Philadelphie où les Canadiens joueront leurs deux derniers matchs de la saison, face aux Islanders dimanche et face aux Flyers mardi.
Atteint par un tir à la main gauche du défenseur Zach Werenski en deuxième période, Dobson n’a pas terminé la rencontre. Il a retraité au vestiaire alors qu’il restait 5:24 à la période médiane. À la demande d’un thérapeute de l’équipe, un médecin a descendu de son siège, situé à une rangée derrière le banc, pour venir le consulter.
Il s’agit rarement d’un bon signe.
« Quand tu perds un défenseur comme lui, ça fait toujours mal, a reconnu Suzuki. Nous verrons comment il se sentira. À mes yeux, nos autres défenseurs ont élevé leur jeu en son absence. Mais il est difficile à remplacer. »
« Il est un élément important de notre équipe, a poursuivi le capitaine. J’espère que nous le reverrons au jeu pour le premier match des séries. Mais je ne sais pas. »
Il y a des pièces pratiquement impossibles à remplacer. Dobson en fait partie.
L’ancien des Islanders est le troisième joueur le plus utilisé avec un temps de jeu moyen de 22:29. À cinq contre cinq, il a aussi comme mission de ralentir les meilleurs trios des équipes adverses en compagnie de Mike Matheson.
Sur le plan offensif, Dobson vaut également son pesant d’or avec 47 points (12 buts, 35 passes) en 80 matchs, malgré une place principalement au sein de la deuxième vague en supériorité numérique.
Avec 188 tirs bloqués, le défenseur de 26 ans trône au sommet de la LNH, devant Jake McCabe (187), des Maple Leafs, et Moritz Seider (178), des Red Wings.
Le 188e tir bloqué était peut-être celui de trop. Comme le veut l’expression, qui vit par l’épée périra par l’épée. Mais il n’y aura personne pour lui en vouloir advenant une blessure sérieuse. Il faisait simplement son boulot en se plaçant dans la trajectoire du tir de Werenski.
« Quand tu perds un droitier, ça devient encore plus un défi, a affirmé Martin St-Louis. Nous nous retrouvions sans défenseur droitier. Il se fera évaluer et nous verrons. »
S’il avait un grand sourire dans le visage après le gain de 2-1 contre le Lightning et après le 50e but de la saison de Cole Caufield jeudi soir, St-Louis sonnait plus monotone après le passage des Jackets.
« Noah joue de grosses minutes, il est bon pour la relance et il peut tout faire sur une patinoire, a-t-il expliqué. J’étais surpris de constater qu’il mène la LNH pour les tirs bloqués. Il apporte plusieurs éléments. »
Kaiden Guhle et Alexandre Carrier, l’autre droitier du groupe, ont regardé le match de la passerelle de presse. Guhle, qui s’absentait pour un troisième match afin de se reposer, accompagnera ses coéquipiers pour le dernier voyage de la saison.
Une chute d’énergie
Un grand sage, qui exerce un métier de journaliste, l’avait prédit tout juste avant le début du match.
« Je te le dis, ils ne gagneront pas ce match contre Columbus, pas après un match aussi intense et émotif contre Tampa. »
Ce scribe portant la moustache avait raison. Le CH n’a jamais suivi la cadence contre les Blue Jackets, une équipe qui se bat toujours pour une place en séries.
« Ils étaient affamés, alors que nous, nous sortions d’un match très émotionnel contre le Lightning, a reconnu le centre Phillip Danault. La fatigue se faisait ressentir ce soir. »
« Nous aurions eu besoin d’une meilleure deuxième période, a renchéri St-Louis. Je n’ai pas aimé notre départ, mais nous avions retrouvé notre jeu pour la deuxième moitié de la première. Pour la deuxième période, nous n’étions pas là. Ce n’était pas un bon match pour nous. »


















