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À 42 ans, Chara demeure un rouage important des Bruins

Face aux Blues, le défenseur est en quête d'un deuxième championnat et il laisse son empreinte comme leader

par Amalie Benjamin @AmalieBenjamin / Journaliste NHL.com

BOSTON - Zdeno Chara devient sérieux, on sent l'intensité et la détermination dans ses mots. C'est important pour lui et il veut être clair.

Quand il s'est joint aux Bruins de Boston comme joueur autonome après un passage avec les Sénateurs d'Ottawa, Chara s'est retrouvé capitaine d'un groupe qu'il venait de rencontrer et il a été étonné de ce qu'il a vu.

« Je me souviens de ça, c'était en 2006 », a-t-il dit dans une entrevue avec NHL.com cette semaine. « C'était tellement différent. Je me disais que je devais faire en sorte que ça fonctionne. Mais ce n'était pas facile. 2006, ça remonte à loin. »

Il venait d'avoir 29 ans, avait huit ans d'expérience dans la LNH derrière la cravate et était au beau milieu d'une séquence d'excellence qui lui a permis de remporter un trophée Norris et d'être nommé finaliste à six reprises, sa plus récente nomination survenant en 2014. Mais il a rapidement reconnu que sa nouvelle équipe aurait besoin de plus de sa part que son simple talent sur la patinoire.

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Débarqué à Boston avec un autre joueur autonome, Marc Savard, il savait qu'il allait devoir entreprendre des changements importants. Il savait qu'il allait devoir changer une culture d'équipe qui n'était pas celle qu'il avait envisagée.

Maintenant, 13 ans plus tard, après avoir vécu deux Finales de la Coupe Stanley, avoir soulevé le précieux trophée à une reprise et alors que sa troisième Finale comme capitaine s'amorcera lundi au TD Garden contre les Blues de St. Louis (20 h HE, TVAS, NBC, CBC, SN), il croit en ce qu'il a apporté à Boston.

Il croit que ça survivra, même après son départ, quand il cessera finalement de jouer au hockey.

« C'est le but ultime, a-t-il dit. Comme parent, c'est ce que tu veux faire. Tu veux transmettre tes expériences, ton cœur et ton âme en espérant que tes enfants deviennent un jour ce que tu avais envisagé. C'est évidemment un objectif pour moi de voir les jeunes joueurs devenir des meneurs et établir les standards pour la prochaine génération et permettre à l'équipe de gagner.

« Ça me rendra heureux, car même si je serai un peu triste de ne plus en faire partie, je pourrai être fier en me disant qu'il y a peut-être un peu de moi là-dedans. »

C'est tout ce que le joueur de 42 ans évoque quand il aborde l'idée d'un avenir où il ne joue plus dans la LNH, même s'il a déjà considéré cette option, contactant notamment d'autres joueurs - Mark Recchi, Nicklas Lidstrom, Jaromir Jagr - lors des saisons passées pour obtenir leur avis sur la retraite.

Il est sous contrat pour la saison prochaine, une entente d'un an, et il est clair quand il affirme qu'il compte honorer cet engagement, même s'il termine la saison en soulevant la Coupe Stanley pour une deuxième fois. Prétextant une obligation envers l'équipe, il dit n'avoir aucune intention de gagner et de se retirer, comme son ancien coéquipier Recchi l'a fait en 2011 quand les Bruins ont vaincu les Canucks de Vancouver.

Mais ça ne veut pas dire que Chara n'a pas pensé à son héritage.

Il sait qu'il ne gagnera pas un autre trophée Norris, même s'il ne peut s'empêcher de faire des blagues à ce sujet.

« Peut-être que j'y arriverai », a-t-il lancé sérieusement avant d'afficher un sourire.

« C'est une blague. Crois-moi, ça n'arrivera pas. J'ai eu mes occasions. »

Mais ce n'est pas parce qu'il ne peut plus être considéré comme le meilleur défenseur de la LNH qu'il ne peut pas ajouter des faits saillants à une carrière qui pourrait lui valoir une place au Temple de la renommée du hockey. Une autre Coupe Stanley l'aiderait.

Video: BOS@CBJ, #3: Chara prive Jenner d'un but certain

Par contre, ce n'est pas simplement ça. Ce sont les changements qu'il a faits, la culture qu'il a instaurée, les joueurs qu'il a aidés à grandir, comme il l'a fait avec sa fille et ses jumeaux.

« Tu ne vas pas t'attribuer le mérite, mais tu vas certainement te dire que c'est génial, car tu te souviens de ce joueur quand il avait 18 ans. Maintenant, il a 27 ans, c'est un leader et il accomplit beaucoup pour l'équipe, a expliqué Chara. Tu veux qu'on se souvienne de toi d'une certaine manière. Je pense que la manière dont on se souviendra de toi est très importante, ton héritage et ce que tu laisses après avoir pris ta retraite. »

Sous Chara, l'éthique de travail a été améliorée, notamment en ce qui a trait à l'entraînement durant la saison morte. Le mot « recrue » a été éliminé du vestiaire et la stratégie de communication a été modifiée et améliorée. L'équipe s'est rapprochée, elle est devenue plus accueillante et ouverte.

Ça s'est reflété chez des joueurs qui sont encore avec les Bruins, comme les centres Patrice Bergeron et David Krejci et le défenseur Charlie McAvoy. Ces joueurs qui étaient si jeunes quand ils ont rencontré Chara pour la première fois ont grandi sous son leadership et en sont eux-mêmes venus à occuper un plus grand rôle.

« C'est un modèle dont tu veux t'inspirer, juste avec tout ce qu'il accomplit, pas seulement sur la glace, mais aussi à l'extérieur, a affirmé McAvoy. J'ai beaucoup appris. Beaucoup plus que je ne peux l'expliquer. »

Au cours des récentes saisons, on a pu remarquer que Chara a relâché son emprise comme capitaine, permettant à Bergeron, qui sera manifestement son héritier, d'occuper un plus grand rôle. Il lui a permis de mener à ses côtés, ouvrant la porte non seulement aux joueurs qui ne répondent pas nécessairement à son style de leadership, mais également à un avenir où il se retrouvera dans les livres d'histoire de l'équipe plutôt que dans le vestiaire.

« Je pense qu'une fois en position de devenir un leader, j'ai réellement voulu être un meneur avec certains standards, et j'ai su rapidement que ce n'était probablement pas plaisant pour certains types de joueurs, a expliqué Chara. Mais je voulais le faire à ma façon, d'une manière en laquelle je croyais et c'était avec de l'ardeur au travail, de la discipline, de la volonté et de l'engagement.

« Tu dois acheter le concept d'équipe et l'identité que nous avons créée. Ç'a été un privilège d'avoir de si bons coéquipiers qui ont voulu prendre le même chemin que moi et qui ont accepté le concept d'équipe, et ç'a rapporté. Patrice est un bon exemple. »

Quand Chara est arrivé à Boston, Bergeron avait joué deux saisons dans la LNH, démontrant de la maturité et du talent à 21 ans. Le centre était arrivé avec l'équipe en parlant peu anglais, mais les Bruins fondaient beaucoup d'espoir en lui. On le considérait comme un futur pilier, et il a été un facteur dans la décision d'échanger Joe Thornton.

« Il n'était qu'un jeune joueur frêle, mais regardez-le aujourd'hui, a dit Chara. Je suis tellement fier de ce qu'il a accompli et de la façon dont il est devenu quelqu'un sur qui on peut toujours compter. Nous sommes devenus un très bon duo pour travailler avec l'équipe et le reste de nos coéquipiers. »

Video: BOS@CAR, #4: Bergeron complète la passe-et-va en A.N.

C'est quelque chose que Bruce Cassidy a remarqué tout de suite après avoir été nommé entraîneur lorsque les Bruins ont congédié Claude Julien le 7 février 2017.

« Je pense que ce groupe de leaders est exceptionnel, a fait valoir Cassidy. Je ne sais pas si j'aurai un aussi bon groupe avec lequel travailler, peu importe où cette carrière me mènera. Je le dis depuis ma deuxième semaine comme entraîneur ici : ces joueurs sont fantastiques et ils rendent mon travail beaucoup plus facile. »

C'est quelque chose que les joueurs disent en débarquant ici en provenance d'autres équipes. C'est quelque chose que les familles notent également. Ils voient quelque chose qu'ils n'ont pas vu auparavant au sein d'autres organisations. Ils sont témoins d'une culture qui est une révélation. Ils voient un groupe tissé serré et modelé à partir de joueurs dont on se souviendra pour leur leadership et leurs exploits sur la glace.

Mais il y a aussi ces performances sur la glace qu'il faudra maintenir. Chara a 42 ans, ses minutes de jeu ont diminué et son rôle en défensive n'est plus ce qu'il était, mais ça ne veut pas dire que son jeu n'a pas d'impact. Il demeure un joueur de première paire défensive, le complément parfait pour McAvoy, un joueur difficile à affronter et à éviter.

Video: BOS@TOR #4: McAvoy complète un beau jeu de passes

C'est ce qui fait en sorte que ce parcours en séries éliminatoires est significatif. Chara n'est pas seulement une figure de proue au sein d'une équipe qui a atteint la Finale de la Coupe Stanley. Il est un rouage important.

« C'est remarquable », a mentionné le directeur général Don Sweeney, qui a évolué dans la LNH comme défenseur jusqu'à 37 ans. « Chara est un joueur fier, tenace, engagé. Ce sont toutes les raisons qui expliquent pourquoi il a connu autant de succès. Ce qu'il accomplit est incroyable. Je sais qu'il regarde ce que d'autres athlètes accomplissent et tente d'utiliser les mêmes ressources. Il est donc un joueur qui a continué d'évoluer sur une très longue période de temps. Ça témoigne de ce qu'il est, et nous sommes reconnaissants qu'il évolue au sein de notre organisation. »

Ils sont reconnaissants qu'il soit ici en ce moment, alors que s'amorce la Finale de la Coupe Stanley. Mais ils seront également reconnaissants dans les prochaines années, quand ils récolteront les fruits de la culture qu'il a implantée. Ça n'a pas toujours été facile pour Chara de faire des changements et de faire face à certains joueurs - comme il l'a admis - qui ne partageaient pas le même enthousiasme que lui.

Mais il voit sa vision se réaliser. Il voit parfois ses coéquipiers de la même façon qu'un parent fier. Il voit ce qui restera lorsqu'il ne sera plus là. Et ça le remplit d'humilité autant que ça le comble.

« Je suis fier, a dit Chara. Que ce soit devenu quelque chose que les gens regarderont en se disant que c'est moi qui l'ai implanté et que j'ai changé l'allure de cette concession. »

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