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Si on pouvait voyager dans le temps jusqu’au début des années 1990, on pourrait s’amuser à demander au jeune Jason York comment il pouvait s’imaginer dans le futur, quelques jours après avoir célébré son 56eanniversaire de naissance. Il aurait sans doute parlé d’un rôle d’enseignant dans le gymnase d’une école secondaire. Il ne se serait sans doute pas vu aux portes du Temple de la renommée du sport d’Ottawa.  

Le plan de match de York était bien défini, à l’époque. Au terme de sa dernière saison dans la Ligue junior de l’Ontario (OHL), avec les Spitfires de Windsor, il était prêt à accepter la bourse d’études qui lui était offerte par l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Il était prêt à se joindre à l’équipe de hockey de l’institution, tandis qu’il étudierait pour décrocher son diplôme.

On connaît la suite. Quand il a reçu l’appel de la LNH, le défenseur natif de Nepean a fait ses débuts dans les ligues majeures en même temps que les Sénateurs, durant la saison 1992-93. Il a passé trois années avec les Red Wings de Détroit et deux autres avec les Mighty Ducks d’Anaheim, York a pris le chemin du retour à la maison. Il a passé cinq saisons avec les Sénateurs.

York n’avait jamais rêvé de porter l’uniforme des Sens. La capitale dans laquelle il a grandi était bien différente. Durant sa jeunesse, les seules mentions des « Sénateurs d’Ottawa » se trouvaient dans les livres d’histoire.

« L’idée de jouer dans la LNH ne m’avait jamais même effleuré l’esprit. Je jouais au hockey parce que mes frères jouaient au hockey. Ma sœur a joué au hockey parce que je jouais au hockey. Toute ma famille jouait au hockey », a expliqué York, mardi après-midi, à la veille d’être intronisé au Temple de la renommée.

« Je ne me suis jamais mis de pression sur les épaules. Je vivais toujours dans le moment présent. Je suis devenu plus sérieux quand je me suis retrouvé dans les ligues mineures après mon repêchage, bien évidemment. Quand j’étais petit, je n’avais même pas d’équipe préférée! Je suivais probablement les Expos de Montréal de plus près que les équipes de la LNH. J’étais très occupé en tant qu’athlète. Je n’avais jamais le temps de m’ennuyer parce que je suivais aussi mes frères et ma sœur dans les arénas. Je n’avais pas le temps de me mettre la pression sur les épaules de jouer un jour dans la LNH. »

Lorsqu’il a été échangé à Ottawa avec Shaun Van Allen, à l’automne 1996, la pression a commencé à le rattraper.

« Je me suis peut-être même mis un peu trop de pression sur les épaules quand je suis revenu à la maison. J’étais plus nerveux ici qu’à Détroit ou Anaheim. »

« J’ai eu besoin d’un bon mois pour me défaire de cette pression pour jouer de façon plus libre. Il est important de jouer sans pression. Il ne faut pas accorder trop d’importance aux détails comme ça. J’ai fini par comprendre que j’étais chanceux de pouvoir jouer devant mes parents. Mes frères aussi assistaient aux matchs. Toute ma famille était dans les gradins. Nous avons eu beaucoup de plaisir, ici, durant les cinq années consécutives où nous avons participé aux séries éliminatoires. »

Celui qu’on surnomme « Yorkie » garde contact avec plusieurs anciens coéquipiers. Il n’hésite pas à faire appel à eux dans son rôle de co-animateur du podcast Coming in Hot.

Pas plus tard que lundi dernier, avec ses collègues Brent Wallace, Graeme Nichols, il a reçu l’ancien gardien Ron Tugnutt en entrevue. Au fil des ans, le trio a reçu Radek Bonk, Marian Hossa, Alexandre Daigle, Chris Phillips, Wade Redden, Shaun Van Allen, Shawn McEachern et plusieurs autres.

« Quand j’ai commencé à jouer à Ottawa, nous n’avions pas encore le privilège de voyager dans des avions nolisés. Nous passions donc beaucoup de temps ensemble », ricane-t-il. « Nous formions un groupe tissé serré. L’histoire de Hossa est particulièrement intéressante. Quand il s’est joint à nous, il avait porté les couleurs des Winterhawks de Portland dans la ligue junior de l’ouest. Il avait besoin d’apprendre l’anglais. Il était une vraie éponge. »

« Tugnutt et Rhodes ont commencé à se partager le travail devant le filet avec des jeunes joueurs de talent comme Wade Redden et Chris Phillips qui se développaient. Je vous parle ici de joueurs qui ont connu de brillantes carrières, mais qui sont d’abord et surtout de très bons êtres humains. C’est pourquoi nos équipes ont été aussi spéciales. »

York a connu quelques-unes de ses meilleures saisons avec les Sénateurs. Il a franchi le plateau des 70 matchs joués dans ses cinq saisons à Ottawa. Il a été le défenseur le plus productif de l’équipe avec une récolte de 35 points en 1998-99. Il s’agissait à l’époque d’un sommet personnel.

En bout de ligne, York a pris part à 757 matchs dans la LNH. Il a marqué 42 buts et obtenu 187 mentions d’aide pour 229 points.

Lorsque sa carrière a pris fin, il a pris avantage des programmes pour jeunes retraités de l’Association des joueurs de la LNH. Ça lui a permis d’apprendre le rôle de commentateur dans les médias, sur le campus de l’Université Quinnipiac.

Cette formation lui a permis de décrocher un premier boulot en tant qu’animateur à la station radiophonique TSN 1200 avec Steve Lloyd. Il a utilisé ce poste comme tremplin vers un rôle d’analyste à la télévision sur les ondes de Sportsnet. Dans ce rôle, il a pu côtoyer celui qui allait devenir vice-président aux communications de l’organisation des Sénateurs, Ian Mendes.

« Je dirais que j’étais un peu plus naturel à la radio. À la radio, j’avais un peu plus de temps pour penser à ce que je voulais dire. Quand je faisais des erreurs, je pouvais me corriger. On pouvait prendre le temps de bien s’expliquer, avec tout le temps d’antenne qu’il fallait remplir. »

« À la télévision, surtout quand on écrit un match, il n’y a pas vraiment de marge de manœuvre. C’est pourquoi j’aime beaucoup le rôle d’analyste. Il y a de la pression parce que chaque erreur me fait mal paraître. Chaque erreur donne des munitions aux commentateurs, sur Twitter, qui souhaitent nous faire mal paraître. »

« La radio, c’était vraiment agréable. Avec Lloydie, j’avais beaucoup de plaisir. J’ai travaillé aussi avec A.J. Jakubec, John Rodenburg et tous les autres. Je suis content de savoir que TSN 1200 est toujours là. L’industrie de la radio a connu des moments difficiles, mais nous avons vécu tellement de bons moments. J’ai eu beaucoup de plaisir à faire mes classes dans le métier. »

York reconnaît avec humilité qu’il ressent parfois toujours l’envie de jouer. Surtout au printemps.

« Durant les séries éliminatoires, je me dis tout le temps que j’aurais aimé remporter la coupe Stanley au moins une fois », rigole-t-il.

« Je serai toujours un type très compétitif. Je suis quand même reconnaissant parce que j’ai pu jouer au hockey pendant très longtemps. J’ai rencontré des gens très intéressant. Je me suis fait des tas de bons amis. J’ai rencontré mon épouse grâce au hockey. Deux de mes enfants sont nés à Anaheim. Mon autre fils est né ici, à Ottawa. Ils ont tous joué au hockey. Nous avons beaucoup de plaisir. Nous avons accumulé plein de beaux souvenirs. »

La cérémonie de mercredi aura lieu à l’Édifice de l’horticulture du parc Lanswdowne. York a rempli quatre tables, avec ses amis et avec les membres de sa famille qui souhaitent vivre le moment avec lui.

« C’est un grand honneur. Tous ces gens rendront le moment encore plus spécial », dit York. « Mes parents ne sont plus parmi nous mais je suis content de toujours être entouré par toutes ces bonnes personnes. »

L’édition de 1976 des Nats de Rockland

Les Nationals de Rockland de 1976 seront également intronisés en tant qu’équipe, pour leur conquête surprise de la Coupe du centenaire. La jeune franchise était alors dirigée par un jeune entraîneur de 33 ans, Bryan Murray. Ce dernier devait parcourir les nombreux kilomètres qui séparaient sa ville natale de Shawville et Rockland, chaque jour, pour diriger les matchs et les séances d’entraînement.

Sous la direction de Murray, les Nationals ont conservé une fiche de 31-11-8 en saison régulière, avant de vaincre les Braves de Brockville, les Rangers de Gloucester, les Platers de Guelph, les Colonels de Charlottetown et les Mets de Spruce Grove en séries éliminatoires.

Huit ans plus tard, Murray a remporté le trophée Jack-Adams en tant qu’entraîneur-chef des Capitals de Washington, dans la LNH. Au terme de la saison 2006-07, il a mené les Sénateurs à leur première participation à la finale de la coupe Stanley. En 2015, il a été intronisé au Temple de la renommée des sports d’Ottawa. En 2017, quelques mois avant la fin de sa vie, il a été intronisé au sein de l’anneau d’honneur des Sénateurs.

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