Hasek_Nagano

Les Jeux olympiques de Pékin 2022 marqueront le retour des joueurs de la LNH au sein de ce grand événement international après une année d'absence en 2018. Afin de souligner leur participation et de mettre la table pour ce rendez-vous tant attendu, LNH.com publiera d'ici la cérémonie d'ouverture des Jeux une multitude de textes en lien avec le tournoi de hockey olympique. Aujourd'hui, le LNH.com revient sur quelques matchs marquants des différents tournois olympiques auxquels ont pris part les joueurs de la LNH.

Hasek vole le spectacle en 1998

Il y a longtemps que les amateurs de hockey réclamaient que les joueurs de la LNH participent aux Olympiques afin de voir les meilleurs affronter les meilleurs. C'est ce qui est arrivé pour la première fois en 1998. Dominik Hasek, qui était alors le détenteur du trophée Hart à titre de joueur le plus utile à son équipe de la LNH, en a profité pour rappeler à tout le monde qu'il était le meilleur joueur de la planète.
Hasek a offert une performance légendaire à Nagano. Il a terminé le tournoi avec une fiche de 5-1-0, une moyenne de buts accordés de 0,67 et un pourcentage d'arrêts de ,961. Son fait d'armes est sans contredit d'avoir damé le pion au Canada, grand favori du tournoi, en demi-finale en signant une victoire de 2-1 en tirs de barrage lors desquels il a arrêté les cinq tireurs canadiens.
Parmi ces cinq tireurs, on ne retrouve pas le nom du meilleur joueur de l'histoire, Wayne Gretzky, que l'entraîneur Marc Crawford n'a pas jugé bon d'envoyer alors que le match était en jeu. Les caméras de télévision ont croqué des images de Gretzky, seul sur le banc au terme des tirs de barrage, qui semble réaliser que sa seule occasion de mettre la main sur l'or olympique venait de lui glisser entre les doigts.
Hasek en a rajouté en finale en blanchissant les Russes - qui avaient battu les Tchèques lors du tour préliminaire - par la marque de 1-0. La République tchèque a ainsi remporté sa première médaille d'or olympique, ce qu'elle n'avait jamais été en mesure de faire entre 1920 et 1994 alors qu'elle jouait sous le drapeau de la Tchécoslovaquie.
Si les Américains ont remporté la médaille d'or la plus improbable du hockey olympique lors des Jeux de 1980 à Lake Placid, les Tchèques ont assurément causé la plus grande surprise de l'ère avec des joueurs de la LNH.

Finalement l'or pour le Canada

Lorsqu'il a été annoncé que les joueurs de la LNH allaient pouvoir prendre part aux Jeux olympiques de 1998, les Canadiens d'un océan à l'autre ont cru que la disette de 46 ans du pays sans mettre la main sur la médaille d'or olympique allait finalement prendre fin. Il aura finalement fallu attendre quatre ans de plus, mais le Canada a finalement repris sa place au sommet de la hiérarchie mondiale de son sport national d'hiver en s'imposant 5-2 contre les États-Unis, qui jouaient devant une foule conquise, en finale. Après avoir observé du banc la défaite de son pays en 1998, c'est Wayne Gretzky qui avait le mandat d'assembler l'équipe qui allait mettre fin à cette attente d'un demi-siècle.
Le Canada possédait aussi une arme secrète en territoire ennemi. Le responsable de la glace pour le tournoi, Trent Evans, avait pris soin de secrètement placer sous le point de mise en jeu central une pièce de 1 dollar canadien (un loonie). Les plus superstitieux diront que c'est grâce à lui que les équipes masculine et féminine ont remporté l'or au cours de ce tournoi.
Le match ne s'est toutefois pas amorcé comme le Canada l'aurait souhaité, alors que Tony Amonte a ouvert la marque à 8:49 de la première période. Paul Kariya a cependant créé l'égalité sur un jeu qui a marqué les esprits. Mario Lemieux a feinté de lancer de l'enclave sur une passe de Chris Pronger, avant de laisser glisser la rondelle jusqu'à Kariya, qui s'est retrouvé devant une cage béante.
Le Canada a pris le contrôle du match à partir de ce moment. Martin Brodeur s'est dressé devant les attaques des Américains, et le Canada n'a plus tiré de l'arrière de la rencontre. Jarome Iginla et Joe Sakic ont chacun inscrit un doublé pour permettre à l'unifolié de rapatrier l'or au pays.

Un but en or qui soulève une nation

L'équivalent d'un but en prolongation dans un match no 7 de la finale de la Coupe Stanley aux Jeux olympiques est de marquer en surtemps dans le match pour la médaille d'or.
Imaginez maintenant réussir ce but lorsque ces Jeux sont présentés dans votre propre pays, devant une foule conquise!
C'est l'exploit qu'a réussi Sidney Crosby en 2010 à Vancouver. Les images de Crosby qui hurle sa joie en lançant ses gants dans les airs avant d'être rejoint par Scott Niedermayer et Drew Doughty, puis d'être assailli par le reste de la formation canadienne ont fait le tour du monde, et elles vont faire partie intégrante de l'héritage sportif du numéro 87.
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Les partisans avaient déjà entamé les célébrations alors que le Canada menait 2-1 avec moins d'une minute à écouler à la troisième période, mais Zach Parise a jeté une douche froide sur la foule réunie au Rogers Arena en créant l'égalité alors qu'il restait 25 secondes au cadran.
Après 7:40 de jeu en surtemps, Crosby a enflammé le pays en entier en déjouant le gardien Ryan Miller d'un tir à ras la glace d'un angle fermé après avoir accepté une passe de Jarome Iginla depuis le coin de la patinoire.
Pour la première fois, le Canada remportait l'or olympique sur son territoire, chose qu'elle n'avait pas réussie en 1988, l'aventure se soldant par une quatrième place à Calgary.

Le Miracle de Salt Lake City

David contre Goliath. C'est ainsi qu'on pouvait qualifier le match de quart de finale entre la Biélorussie et la Suède lors des Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City.
La Suède avait terminé le tournoi à la ronde au sommet de son groupe avec une fiche parfaite de 3-0 et un différentiel de plus-10 au niveau des buts. Elle comptait sur une formation composée presque entièrement de joueurs de la LNH, dont les Mats Sundin, Nicklas Lidstrom, Daniel Alfredsson et Markus Naslund, pour ne nommer qu'eux.
Dans le camp adverse, la Biélorussie avait perdu tous ses matchs du tournoi à la ronde (0-3-0) et avait été dominée 6-22 au chapitre des buts. Comme joueur actif dans la LNH, elle comptait uniquement sur le défenseur Ruslan Salei.
Le match a été, sans surprise, dominé par les Suédois, qui ont décoché 47 tirs contre 19 pour leurs adversaires, mais la Biélorussie s'est accrochée, si bien qu'avec moins de trois minutes à faire en troisième période, l'égalité persistait 3-3. C'est alors que le défenseur Vladimir Kopat a décoché un tir anodin du centre de la glace qui a heurté le gardien Tommy Salo à la hauteur du masque, avant de s'envoler et de retomber dans le demi-cercle, puis bondir jusque dans le filet.
Le Miracle à Salt Lake City venait de se produire. Les Suédois ont manqué de temps pour créer l'égalité, et ils ont été éliminés dans cette défaite de 4-3.
La Biélorussie n'a pas été en mesure de répéter l'exploit en demi-finale, une défaite de 7-1 contre le Canada, mais grâce à ce gain contre la Suède, elle a pu participer à la finale de bronze, et finalement terminer en quatrième place du tournoi, le meilleur résultat de son histoire.

La légende d'Oshie

Les amateurs de hockey qui ne savaient pas que la LNH et la Fédération internationale de hockey sur glace n'avaient pas les mêmes règlements en ce qui a trait aux tirs de barrage l'ont découvert en grand lors du match préliminaire entre les États-Unis et la Russie en 2014, puisque la formation américaine a envoyé T.J. Oshie en fusillade cinq fois!
Oshie a été spectaculaire lors de cet affrontement qui se déroulait devant une foule hostile à Sotchi. Il a été le premier tireur lors de la fusillade et il a déjoué Sergei Bobrovsky pour donner le ton.
Puis, après la première vague de trois tireurs, l'entraîneur-chef Dan Bylsma a décidé de renvoyer Oshie lors des cinq vagues suivantes, alors que les Russes alternaient entre Pavel Datsyuk et Ilya Kovalchuk. C'en est suivi un duel entre Oshie et Bobrovsky digne de ceux du Far West.
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Avec toute la pression sur ses épaules, puisqu'il tirait deuxième, Oshie a marqué trois fois pour permettre aux États-Unis de l'emporter à la suite d'un tir raté de Kovalchuk.
Grâce à cette importante victoire, les Américains ont obtenu un laissez-passer pour les quarts de finale, où ils ont vaincu la République tchèque, qui avait terminé septième du tournoi à la ronde. Quant aux Russes, ils ont dû disputer un match de plus, et ils ont dû affronter un adversaire beaucoup plus redoutable en quart de finale, la Finlande, contre qui ils se sont inclinés 3-1.