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Les textes de la série « Tête-à-tête avec… » sont publiés le dimanche sur LNH.com. Nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur. L'édition de cette semaine met en vedette l'ancien attaquant de la LNH David Backes.
Assis dans les estrades du TD Garden de Boston jeudi, David Backes a découvert qu'il était beaucoup plus difficile d'être un partisan qu'un joueur.

L'homme de 37 ans en est venu à cette conclusion alors qu'il assistait à la demi-finale du Frozen Four de la NCAA. L'ancien attaquant a vu son ancienne équipe, les Mavericks de l'Université Minnesota State, défaire ses rivaux de l'Université du Minnesota 5-1 pour atteindre la finale pour la toute première fois de l'histoire de l'institution. Les Mavericks ont finalement perdu 5-1 contre l'Université de Denver samedi.
« C'est pire, bien pire! », a lancé Backes. « Et j'imagine que c'est 10 fois plus difficile pour un entraîneur parce que tu ne peux pas avoir d'impact sur ce qui se passe sur la glace. Et quand tu es dans les gradins, il n'y a rien que tu puisses faire pour influencer le résultat du match. »
De l'impact, Backes en a eu au fil de sa carrière de 15 saisons dans la LNH (2006 à 2021). Il a amassé 561 points (248 buts, 313 passes) en 965 parties avec les Blues de St. Louis, les Bruins de Boston et les Ducks d'Anaheim. L'attaquant, qui a pris sa retraite le 8 septembre dernier, a maintenant tout le temps désiré pour encourager les Mavericks, avec qui il avait amassé 119 points (46 buts, 73 aides) en 115 parties réparties sur trois saisons entre 2003 et 2006.
Backes a souligné que le programme de Minnesota State s'était grandement amélioré depuis qu'il a porté ses couleurs, et que l'établissement mérite que les projecteurs soient braqués vers lui. C'est tout aussi vrai pour son gardien Dryden McKay, qui a remporté le trophée Hobey Baker à titre de meilleur joueur de la NCAA cette saison, lui qui n'a jamais été repêché dans la LNH.
« C'est incroyable de voir les succès des Mavericks, qui sont de retour au Frozen Four après avoir réussi à y participer pour la première fois l'an dernier, a-t-il souligné. Victoire ou défaite, c'est remarquable. Et dire que lorsque je jouais là il y a 18 ans, on devait retrousser nos manches afin de ne pas être humiliés contre certaines des grosses équipes. Maintenant, le programme est capable de se rendre au Frozen Four deux années de suite.
« C'est vraiment une source de fierté pour moi et mon épouse d'être des anciens et de nous retrouver ici. »
Sept mois après avoir officiellement mis fin à sa carrière de joueur, Backes se garde occupé sur plusieurs fronts, lui qui est collaborateur avec NHL Radio de Sirius-XM et qui vient d'ouvrir un restaurant avec son épouse, Kelly, à Edina, au Minnesota. LNH.com a discuté avec lui de plusieurs sujets, dont le fait de prendre sa retraite avec les Blues, la vie après la LNH et les raisons pour lesquelles il estime que son ancien coéquipier chez les Ducks Ryan Getzlaf est un choix évident pour le Temple de la renommée du hockey.
Ton vœu a été exaucé lorsque les Ducks t'ont échangé aux Blues de St. Louis afin que tu puisses signer un contrat d'un jour et prendre ta retraite avec l'organisation dont tu as été le capitaine et avec laquelle tu as passé la majorité de ta carrière. À quel point est-ce que ce fut spécial?
« C'était vraiment spécial. Ma famille et moi avons passé 10 ans là-bas, et les gens ont été vraiment bons pour moi. C'est une place de cols bleus, remplie de personnes travaillantes qui apprécient quelqu'un qui a une bonne éthique de travail sur la glace. Ils s'attendent à ce que tu donnes tout ce que tu as. Leur réaction lorsque j'ai joué mon dernier match était incroyable. J'évoluais pour les Ducks, l'adversaire, et ils ont quand même pris la peine de m'accueillir chaleureusement. C'est quelque chose que je ne vais jamais oublier. »
Tu fais référence au match du 5 mai quand les Ducks ont défait les Blues 3-2 en tirs de barrage au Enterprise Center?
« Oui, c'était spécial. Mon épouse et moi étions impliqués dans la communauté. Quand tu vis au même endroit de l'âge de 22 à 32 ans, ce sont les années les plus formatrices de ta vie, celles qui vont faire de toi la personne que tu vas devenir. Donc, quand j'ai joué ma dernière rencontre à St. Louis et que les partisans m'ont accueilli de la sorte, ça m'a permis de boucler la boucle. L'idée de pouvoir signer un contrat d'une journée pour revenir à l'endroit où j'ai passé une décennie était quelque chose qui m'a séduit, et je suis content que les Blues aient embarqué. »

ANA@STL: Backes honoré à son retour à St. Louis

Getzlaf a joué un rôle important pour te permettre d'être en uniforme pour ce match. Peux-tu expliquer?
« Je ne jouais pas beaucoup à cette époque, et il est allé voir les entraîneurs pour leur dire : 'Il joue'. [Ryan] savait que c'était important pour moi et il s'est assuré que j'allais être de l'action. C'est le genre de capitaine et de leader qu'il est. J'avais bien évidemment déjà joué contre lui avant de me retrouver avec les Ducks et je n'avais pas eu de plaisir. Je me souviens d'un match, c'était à la fin de la prolongation et il voulait se battre avec moi. Je ne pense pas qu'on peut participer à la fusillade si tu reçois une pénalité majeure. Je me demandais ce qui lui prenait. Puis, quand je suis devenu son coéquipier, j'ai compris à quel point il est compétitif. Sa décision de me soutenir pour que je puisse jouer ce dernier match à St. Louis a vraiment été appréciée. »
Getzlaf a annoncé la semaine dernière qu'il en est à sa dernière saison. À ton avis, est-il assuré de faire son entrée au Temple de la renommée?
« Sans aucun doute! Qu'on parle de statistiques, de Coupe Stanley, de médailles d'or, il coche toutes les cases. Que veux-tu de plus sur un curriculum vitae pour quelqu'un qui a toujours joué de la bonne façon et qui n'hésitait pas à se salir le nez? »
Que veux-tu dire par « se salir le nez »?
« Ce n'était pas un gars qui se tenait en périphérie. Il allait dans les endroits où ça fait mal. Quand il jouait avec Corey Perry et Pat Maroon à Anaheim, ils envoyaient la rondelle derrière ta ligne de but et ils allaient être capables de la garder là aussi longtemps qu'ils le voulaient. Tu finissais par t'épuiser. Et par la suite, ils allaient envoyer la rondelle vers le filet, et probablement dedans. Ils étaient dominants. Sa façon de jouer et les succès qu'il a connus font de lui un choix évident pour le Temple de la renommée. »
Il va devoir trouver un moyen d'occuper son emploi du temps une fois à la retraite, ce que tu as été en mesure de faire. Un de tes projets est le restaurant Stalk & Spade, dont le menu est composé à 100 pour cent d'aliments d'origine végétale. Comment as-tu développé un intérêt pour ce type de nutrition?
« J'ai une condition médicale qui fait que je ne digère pas la viande rouge assez rapidement, donc j'ai commencé à intégrer des aliments d'origine végétale dans mon alimentation. Mon épouse et moi sommes allés manger dans un restaurant du Minnesota, et c'était la première fois que je goûtais à de la nourriture à base d'aliments d'origine végétale aussi bonne. Quand nous avons appris qu'il s'agissait d'une franchise et qu'il y avait la possibilité d'en faire l'acquisition, j'ai fait des recherches et nous avons décidé d'embarquer. Je suis vraiment heureux de pouvoir faire découvrir à plus de gens ce type d'alimentation. »
Tu fais aussi des apparitions régulières à la radio satellite. Est-ce que tu aimerais faire le saut dans les médias? Est-ce que tu aimerais travailler au deuxième étage d'une équipe de la LNH éventuellement?
« Pour ce qui est de la radio, j'avais fait une apparition, et le réalisateur, Bruce Bolton, m'a dit que j'étais bon et il m'a demandé si je voulais en faire plus souvent. J'aime ça. C'est une façon de demeurer connecté au sport, ce qui est important. Pour ce qui est d'un emploi avec une équipe, il va falloir que ça clique au bon moment. Si on me donnait une feuille blanche et on me disait d'écrire ce que mon futur sera, je ne sais pas ce qui se retrouverait dessus, autant géographiquement, professionnellement, peu importe. J'y vais un pas à la fois. En ce moment, ce que j'aime, c'est d'être avec ma famille. »
Finalement, est-ce que revenir au TD Garden pour le Frozen Four fait remonter à la surface les mauvais souvenirs de la finale de la Coupe Stanley en 2019, quand ton équipe, les Bruins, s'est inclinée en sept matchs contre les Blues? Combien de temps as-tu eu besoin afin de t'en remettre, même si tu as vu plusieurs amis et anciens coéquipiers des Blues soulever la Coupe?
« Ç'a probablement pris plus d'un an pour que je cesse d'être amer. Et, je vais être sincère, je n'ai pas regardé le moment où la Coupe a été remise. Je n'ai pas regardé les gars se la partager un après l'autre. Je sais que c'est la tradition, mais je n'étais pas prêt mentalement à les regarder célébrer sur une télévision du TD Garden. Je suis resté dans le vestiaire jusqu'à 1h30, et on pouvait entendre les célébrations pendant la majeure partie de la soirée. Ce sont les pires souvenirs. Un an plus tard, j'étais en mesure de dire que ça avait été toute une série. J'aurais aimé qu'on en sorte gagnants, mais c'était quelque chose de génial pour la ville de St. Louis. Obtenir la Coupe après plus de 50 ans d'histoire, dans cet aréna, dans cette ville, c'est incroyable. Je leur souhaitais vraiment, mais j'aurais tout simplement aimé que ce ne soit pas à mes dépens. Mais c'est la vie, et prendre du recul m'a permis de le comprendre.