Quand il a fait ses valises pour le camp des Coyotes de l’Arizona au début du mois de septembre, Jérémy Langlois avait la ferme intention de faire sa place et de passer la saison dans le désert – que ce soit dans la LNH, ou bien de manière plus réaliste, à Tucson, dans la Ligue américaine.
Avec quatre saisons à son actif dans la LHJMQ, dont la dernière qui s’est terminée avec la conquête du trophée Gilles-Courteau et de la Coupe Memorial avec les Remparts de Québec, le défenseur de 20 ans se sentait prêt à décrocher un contrat professionnel et à passer au prochain niveau.
Les Coyotes ont toutefois jugé qu’il serait bénéfique pour leur choix de troisième ronde en 2022 de disputer une ultime saison chez les juniors.
« Je pense que j’ai fait bonne impression et je pense que j’avais ma place là-bas, a-t-il assuré en entrevue avec LNH.com. J’aurais été un bon défenseur de la Ligue américaine. D’un autre côté, j’aime mieux revenir junior, avoir plus de temps de glace et continuer de me développer.
« Ç’a été le message de l’organisation. Ils veulent que je corrige certaines choses, que je m’améliore et que je revienne en force, l’an prochain. »
Il ne s’agissait pas d’un ultimatum à proprement dit, mais compte tenu des règles en place pour les joueurs de la Ligue canadienne de hockey (LCH), c’est tout de même la dernière saison dont il dispose pour convaincre les Coyotes de lui offrir un contrat de recrue – sans quoi il deviendra joueur autonome.
« J’essaie de ne pas y penser, mais c’est sûr que c’est toujours là dans ma tête, a-t-il avoué. C’est une motivation pour moi. Je veux leur prouver que je le mérite, et je ne vais pas leur donner le choix. »
C’est dans cet état d’esprit que le défenseur amorce son passage chez les Huskies. Obtenu des Remparts au cours de l’été, il s’adapte toujours à son environnement, et il est déjà au travail avec son nouvel entraîneur-chef Martin Dagenais pour peaufiner son jeu défensif.
« J’ai une bonne relation avec les gens du développement en Arizona et je connais bien André (Tourigny) et Mario (Duhamel). Je sais ce qu’ils veulent de Jérémy, a-t-il expliqué. Ils veulent qu’il devienne un défenseur complet. On sait qu’il a les atouts offensifs, mais la question est de savoir s’il peut défendre à l’autre niveau.
« C’est dans cet aspect qu’on veut l’aider. […] On sait qu’il peut être un quart-arrière en avantage numérique, mais on ne veut pas le limiter à ça. On veut l’utiliser en désavantage numérique pour qu’il développe ça. »
Parce que son jeu offensif n’a jamais posé problème. Le patineur de 6 pieds 1 pouce et 185 livres a récolté 11 buts et 50 points en 61 matchs avec les Eagles du Cap-Breton et les Remparts, l’an dernier. À son retour de l’Arizona, il est cependant tombé dans le piège de vouloir trop en faire.
Pas par mauvaise volonté, juste par léger excès de confiance. Il totalise un but et quatre points en cinq matchs jusqu’à maintenant.
« Je le remarque moi-même aussi, dit-il quand on lui rapporte les paroles de son entraîneur à ce sujet. Quand tu reviens de la LNH, tu penses que ça va être facile dans le junior. On oublie un peu que le niveau est élevé et qu’on ne peut pas tout faire seul. Je dois garder mon jeu simple, c’est là que je suis à mon mieux. »
Une autre chance
Malgré la déception qui l’a habité pendant quelques jours à son retour, Langlois a pu trouver un peu de réconfort dans le fait qu’il évolue pour une équipe qui pourrait aspirer aux grands honneurs.
Les Huskies (5-2-3) ont connu quelques ratés en début de saison, mais ils comptent sur un nouvel entraîneur-chef et sur plusieurs nouveaux joueurs. Il leur faudra du temps pour développer une chimie et pour prendre leurs aises dans un nouveau système de jeu.
Un vétéran comme Langlois aura un rôle important à jouer pour rassembler la meute.
« Je veux amener du leadership et de l’expérience, a-t-il conclu. L’an passé, même si on perdait, on revenait encore plus fort après. C’est la mentalité qu’il faut avoir. Je sais qu’on a une bonne équipe ici et qu’on pourrait reproduire ce que nous avons fait avec les Remparts. »
PHOTO: Dominic Charrette/Olympiques de Gatineau


















