STREIT BADGE CHAUMONT

MILAN – Mark Streit avait planifié une petite rencontre devant la section B12 du Santagiulia Arena après la première période du match entre la Suisse et le Canada vendredi. Fidèle à la réputation de son pays, il était à l’heure.

Streit prenait des photos avec des partisans. Il parlait de hockey. Mais il racontait aussi de vieux souvenirs, comme cette victoire miracle de 2-0 des Suisses contre les Canadiens aux Jeux olympiques de Turin en 2006.

Il y était comme l’un des défenseurs suisses. Paul DiPietro avait marqué deux buts et Martin Gerber avait bloqué 49 tirs pour signer un gain historique.

« C’était fou comme match, a affirmé Streit lors d’une entrevue avec LNH.com. Pour moi, c’était une situation spéciale. J’avais retiré une fierté exceptionnelle de battre le Canada. En 2006, les Canadiens croyaient à une victoire facile. Aujourd’hui, ils respectent davantage la Suisse. »

« Pour la première fois depuis 12 ans, nous retrouvons les joueurs de la LNH aux Jeux olympiques, a-t-il poursuivi. La Suisse sait se battre maintenant contre les meilleurs pays. Nous le voyons contre le Canada. Nous leur donnons une bonne opposition. Je trouve ça incroyable. Je connais encore plusieurs joueurs avec Roman (Josi) et Nino (Niederreiter) notamment. J’aime l’atmosphère dans l’aréna. Je souris en écoutant les chants de nos partisans de la Suisse. Je deviens même un brin nostalgique. J’aimerais encore jouer. Mais je ne m’attends pas à une autre grande surprise. »

Après 20 minutes, moment de la rencontre, le Canada menait 2-1 contre la Suisse. Il n’y a finalement pas eu un autre miracle. Menés par Connor McDavid, Nathan MacKinnon et Macklin Celebrini, les Canadiens l’ont emporté 5-1.

Peu importe le résultat final, Streit restait envahi par un sentiment positif.

« La Suisse n’est plus ce petit pays de hockey », a rappelé l’ancien défenseur des Canadiens, des Islanders, des Flyers et des Penguins. « Le changement s’opère depuis une vingtaine d’années. Je n’ai pas le choix de remonter à l’époque de Ralph Krueger. Il a changé le programme et la culture de l’équipe suisse.

« Il y a 20 ans, nous avions battu le Canada à Turin. Mais notre équipe de 2006 n’était pas aussi bonne que celle de 2026. Nous avons des joueurs étoiles de la Suisse dans la LNH. Je pense à Josi, Meier, Hischier et Fiala. C’est incroyable. »

Streit, qui a connu une carrière de 786 matchs dans la LNH, a un souhait pour son pays.

« J’aimerais compter sur plus de Suisses dans la LNH, a-t-il dit. L’objectif serait de voir une équipe nationale composée d’une vingtaine de joueurs de la LNH, comme la Suède et la Finlande. Il y a entre 10 et 12 Suisses par année dans la LNH. Le nombre ne varie pas beaucoup. Mais la qualité est plus importante aujourd’hui. »

À Milan, la Suisse mise sur dix représentants de la LNH au sein de l’équipe.

Il y a six attaquants: Nico Hischier (Devils), Timo Meier (Devils), Kevin Fiala (Kings), Nino Niederreiter (Jets), Philipp Kurashev (Sharks) et Pius Suter (Blues).

Il y a trois défenseurs: Roman Josi (Predators), J.J. Moser (Lightning), Jonas Siegenthaler (Devils).

Et un gardien : Akira Schmid (Golden Knights)

Des dix, Fiala n’aura toutefois plus la chance d’enfiler l’uniforme de son pays. L’ailier s’est blessé à la jambe gauche lors du match contre le Canada et il ne reviendra pas au jeu à ce tournoi olympique.

« Quand je repense à mon propre parcours, j’en suis fier, a affirmé Streit avec une grande humilité dans la voix. J’ai aidé à tracer le chemin pour d’autres gars de la Suisse vers la LNH. À mon époque, il y avait pratiquement juste des gardiens. »

À la retraite du hockey depuis la fin de la saison 2017-2018, Streit embrasse une carrière dans le monde des affaires.

« J’ai fondé une nouvelle marque de montres (Norqain) en 2018 avec des copains et nous sommes maintenant l’un des partenaires officiels de la LNH, a-t-il précisé. Pour moi, je trouve ça spécial. Je suis sorti comme joueur de la LNH puisque j’étais trop vieux, mais j’y reviens d’une autre façon. C’est une roue qui tourne. Roman Josi et Sidney Crosby sont deux partenaires dans notre aventure. Dans l’ADN de notre compagnie, il y a beaucoup de hockey! »