ST LOUIS BEDARD BADGE LAFLAMME

BROSSARD – Martin St-Louis connaît Connor Bedard depuis qu’il est haut comme trois pommes. Il l’a eu dans les pattes dans des tournois de hockey mineur printaniers à maintes reprises, comme entraîneur de l’équipe de son fils.

« Il était déjà très bon », s’est remémoré l’entraîneur des Canadiens de Montréal, vendredi. « J’ai dirigé contre lui quand il avait 10, 11 et 12 ans. C’était un jeune talentueux. Je ne suis pas surpris. Le temps file. Là, il est dans la LNH et moi, j’ai plus de cheveux gris… », a-t-il ajouté en riant.

Bedard a une photo pour le prouver. Le cliché a d’ailleurs circulé sur les réseaux sociaux au cours des derniers mois.

« J’ai vu », a dit St-Louis en esquissant un sourire.

Bedard se souvient très bien du moment où il avait obtenu le précieux souvenir.

« Nous venions de les battre en demi-finale d’un très gros tournoi. Je ne crois pas qu’il était très heureux… », a commencé par dire en souriant la nouvelle coqueluche des Blackhawks de Chicago. « J’ai souvent rejoué contre lui, ou plutôt l’équipe de son fils qu’il dirigeait. C’est fou parfois comment la boucle peut être bouclée dans la vie.

« Pour suivre à distance les activités des Canadiens, je sais qu’il fait du bon travail comme entraîneur », a pris soin d’ajouter le phénomène âgé de 18 ans.

Enfant, Bedard a dit s’être intéressé à Martin St-Louis le joueur.

« Je le regardais jouer. On disait de lui qu’il était trop petit. Il n’a jamais été repêché, n’est-ce pas?, a-t-il demandé. Ça ne l’a pas empêché d’être un des meilleurs joueurs de l’histoire. Il a fait taire ses détracteurs.

« Il a été une source d’inspiration pour moi, parce qu’on disait également de moi que j’étais trop petit. Il a été un bon modèle à suivre, avec la carrière qu’il a connue. »

Sur l’autoroute de la LNH

Heureusement pour lui, Bedard n’a pas eu à emprunter le même parcours atypique que St-Louis en raison de sa grande douance.

« Il n’y a aucune comparaison à faire. C’est complètement différent », a même sifflé St-Louis, quand on a tenté de faire un parallèle entre ses débuts dans la LNH et ceux de Bedard. « On parle d’un premier choix au total et d’un gars qui n’a pas été repêché et qui essayait juste d’avoir un chandail, ou d’avoir une présence sur la glace et d’en mériter une suivante. »

Bedard roule sur l’autoroute de la LNH depuis qu’il a été le tout premier choix de la séance de repêchage cette année par les Blackhawks de Chicago.

Après seulement deux matchs, le patineur mesurant 5 pieds 10 pouces et pesant 185 livres est loin d’avoir atteint sa vitesse maximum, mais il va bon train.

« J’ai suivi son premier match à la télé, et on n’aurait pas dit que c’était son premier match dans la LNH », a affirmé le défenseur des Canadiens Mike Matheson, qui devrait se voir confier la mission de l’avoir à l’œil, samedi.

« Je suis plus à l’aise d’une présence à l’autre sur la glace », a mentionné Bedard après la séance d’entraînement des Blackhawks au Complexe sportif CN des Canadiens, vendredi après-midi.

« On a beau tout mettre en œuvre afin de se préparer du mieux qu’on peut, vous ne savez jamais ce que ça donnera. Ce ne sont que deux matchs, mais c’est gros pour moi. Je peux maintenant visionner des séquences vidéo de mon jeu et ça m’aide grandement à m’améliorer. Les joueurs sont si bons et forts physiquement. Ils savent où se positionner sur la glace. Je dois m’ajuster à la vitesse du jeu en étant plus vif dans mes prises de décisions. »

De la trempe des Bergeron et Crosby

L’entraîneur des Blackhawks Luke Richardson a vite compris qu’il est en présence d’un phénomène.

« Il assimile rapidement les enseignements et les informations qu’on lui donne, a-t-il indiqué. Il connaît son niveau d’habiletés, mais il peut faire des ajustements à la volée. La plupart des jeunes mettent des mois à faire les mêmes ajustements. C’est un maniaque de hockey, il en mange. Je le regardais sur le vélo stationnaire l’autre jour, et il regardait du hockey sur son téléphone portable. Je ne sais pas si c’était un autre match ou s’il visionnait ses propres séquences sur la glace. »

Richardson est allé jusqu’à associer le désir de réussite et la passion du jeu qui anime Bedard à de grands joueurs comme Patrice Bergeron et Sidney Crosby.

« Dans leur quête de l’excellence, ces exceptionnels ont toujours la pédale au fond à l’entraînement et dans les matchs, a-t-il déclaré. Ils entraînent les autres dans leurs sillons. C’est soit que vous embarquez avec eux ou que vous partez et qu'on vous remplace. C’est ce que nous voulons créer ici. »

Même s’il insiste pour dire qu’il est à son mieux sur une patinoire, Bedard se tire déjà fort bien d’affaire avec toute l’attention médiatique qu’il s’attire. Les Blackhawks ne ressentent pas le besoin de l’emmitoufler dans la ouate, comme le font les Rangers de New York avec Alexis Lafrenière.

« Ce n’est pas nouveau pour moi. Je suis sous les feux de la rampe depuis longtemps, a dit Bedard. J’essaie de m’améliorer tous les jours à ce chapitre, mais je ne priorise pas ça. Tout l’accent est mis sur le hockey, où j’ai le plus de plaisir. »

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Après avoir pris part aux matchs inauguraux des Penguins de Pittsburgh et des Bruins de Boston, Bedard et les Blackhawks viennent lancer les hostilités des Canadiens au Centre Bell. C’est donc une première sortie pour lui au Canada, un samedi soir de surcroît.

« La Soirée du hockey les samedis, c’était une tradition pour mon père et moi. Ma mère était moins intéressée », a ajouté avec le sourire l’athlète natif de North Vancouver, en Colombie-Britannique.

« Je suis sûr que ce sera une expérience formidable, a-t-il repris. Tout le monde me dit que le Centre Bell est un super endroit où jouer, que l’atmosphère est électrique et que les partisans sont passionnés. J’ai hâte de vivre ça. »

« C’est un voyage de début de saison très emballant, avec les deux autres matchs à Toronto (lundi) et au Colorado (jeudi) », a-t-il conclu.

Les Blackhawks amorceront leur campagne à domicile que le 21 octobre, en accueillant les champions de la Coupe Stanley, les Golden Knights de Vegas.