GallagherLepageLNH031726

MONTRÉAL – Dès que le visage de Brendan Gallagher est apparu sur l’écran géant accompagné de la mention soulignant le 900e match de sa carrière dans la LNH, les partisans des Canadiens de Montréal se sont mis à se lever aux quatre coins du Centre Bell. 

Au banc, ses coéquipiers ont fait de même et l’entraîneur-chef Martin St-Louis, qui l’a lui-même affronté vers la fin de sa carrière, s’est mis à applaudir. 

« Je me suis aussi mis à crier ‘’Gally! Gally!’’ », a rigolé Cole Caufield, le héros de cette victoire de 3-2 en prolongation face aux Bruins de Boston.

Le vétéran de 33 ans a baissé la tête à quelques occasions, puis l’a relevée pour esquisser un sourire reconnaissant. Il n’a pas eu bien le temps de se laisser gagner par l’émotion, puisqu’il prenait place à la mise au jeu et que la rondelle est tombée quelques instants plus tard.

Reste qu’il a eu droit à une bonne dose d’amour à un moment où il en a probablement bien besoin. Pas plus tard que samedi, face aux Sharks de San Jose, il a été laissé de côté pour la première fois de sa carrière.

« Les partisans, ici à Montréal, respectent la personne qui va au travail à tous les matchs, a souligné St-Louis. Ils respectent le guerrier. Tu ne mérites pas un hommage comme celui-là après 100 matchs. De jouer 900 matchs, en plus de la façon dont il l’a fait, c’est bien mérité. »

Signe de l’influence qu’il a encore dans ce vestiaire, Caufield a réservé la plus longue réponse de son point de presse – peut-être même sa plus longue de la saison – à Gallagher. Il en avait bien plus à dire sur son coéquipier que sur le plateau des 40 buts qu’il venait d’atteindre de façon spectaculaire.

« Il est tellement spécial pour ce groupe, a commenté le petit franc-tireur. C’est tellement difficile de même s’approcher du plateau des 900 matchs dans cette ligue. Pour moi, ç’a été spécial de pouvoir amorcer ma carrière avec lui à mes côtés. Tout le monde respecte sa façon de jouer, il est plutôt inspirant. 

« C’est un vrai guerrier, un vrai leader dans notre chambre. Je suis si fier et heureux pour lui. Je sais que sa mère (Della) le regarde de là-haut et qu’elle est très fière de ce qu’il a accompli. Il est un être humain incroyable, et nous sommes chanceux de l’avoir ici avec nous. La ville aussi. »

Comme au premier jour

Et comme s’il voulait prouver qu’il en avait encore dans le réservoir, le 11 a joué l’un de ses bons matchs de la saison. Il a amassé une aide, décoché deux tirs et distribué six mises en échec en seulement 10:37 de temps de jeu. Le trio qu’il complétait avec Phillip Danault et Josh Anderson a été fort menaçant tout au long de la soirée.

C’était un match à l’image de la majorité des 899 autres qu’il a disputés dans l’uniforme bleu-blanc-rouge. En termes de longévité, le nom du pugnace attaquant vient au 13e rang dans la longue et prestigieuse histoire du Tricolore.

« Quand tu joues au même endroit pendant si longtemps, c’en dit beaucoup sur ton caractère, ton côté humain, la présence que tu as – pas juste sur la glace, a souligné St-Louis. Il est galvanisant, il donne tout. Ce n’est pas facile de jouer 900 matchs dans la LNH. 

« Les 900 matchs qu’il a joués, c’est beaucoup d’efforts parce qu’il n’est pas un gars de périphérie. C’est un gars qui est en avant du filet et qui encaisse les coups. Je suis fier de lui et je lui lève mon chapeau. »

La prochaine étape pour Gallagher sera d’accepter une diminution de son rôle, et probablement de sauter son tour un peu plus souvent. Ça ne lui fera pas plaisir, mais ça ne risque pas d’être un problème.

« Il est le cœur et l’âme de cette équipe, a conclu Jake Evans. Il est ici depuis tellement d’années, et il mérite tous les compliments après ce qu’il a fait pour ce groupe. Il y a une raison pour laquelle il est l’un de nos leaders. »