LAVAL, Qc – Le Rocket de Laval était en pleine séance d’entraînement, mardi, lorsqu’un visage familier a surgi derrière une baie vitrée. Celui de Rafaël Harvey-Pinard.
Harvey-Pinard s’apprêtait lui-même à sauter sur la glace de la Place Bell avec ses coéquipiers des Penguins de Wilkes-Barre/Scranton, mais avant, à tout seigneur tout honneur, il devait piquer un brin de jasette à de vieux amis.
« J’étais très content de pouvoir leur parler en vrai, s’est-il réjoui en entrevue avec LNH.com. Ça faisait longtemps que je ne les avais pas vus. On est loin et on ne joue pas souvent contre.
« Mais je garde contact avec eux, ils sont encore tous mes amis. C’était spécial pour moi de les voir avant l’entraînement. »
Harvey-Pinard dispute une première saison professionnelle dans une autre organisation que celle des Canadiens de Montréal. En juillet dernier, après cinq ans à faire la navette entre Laval et Montréal, il a paraphé un contrat d’un an à deux volets avec les Penguins de Pittsburgh.
Mercredi, il disputera un premier match contre le Rocket.
« Ça fait spécial d’être de l’autre côté cette fois-ci, a avoué RHP. Je n’avais jamais vu le vestiaire visiteur. Je suis perdu! »
De son propre aveu insatisfait de ses deux dernières saisons, Harvey-Pinard a retrouvé ses repères dans la charmante Wilkes-Barre cet hiver. Il a récolté 28 points (15 buts, 13 aides) en 55 matchs jusqu’à maintenant, son plus haut total dans une même saison chez les pros depuis 2022-23, l’année de ses 51 points entre Laval à Montréal. Il aide son équipe à occuper le deuxième rang de la section Atlantique de la LAH avec une fiche de 37-15-6.
« Mon rôle ressemble un peu plus à mes premières années avec le Rocket, a-t-il comparé. Un rôle un peu plus offensif. Et je joue encore des deux côtés de la patinoire, autant en supériorité qu’en infériorité numérique. J’ai beaucoup de temps de jeu. C’est le fun. »
Son brio lui a même valu un premier rappel par Pittsburgh du 10 au 13 janvier. Harvey-Pinard a notamment accompagné l’équipe à Boston pour un duel face aux Bruins, mais il a dû se contenter d’un seul entraînement et d’un échauffement d’avant-match au terme duquel on lui a dit qu’il ne serait pas de la formation. Beaucoup de voyagement sans jouer de match, certes, mais quand même une expérience formation et une « belle tape dans le dos », dit-il.
« Juste de s’échauffer avant un match avec des gars comme Evgeni Malkin, Sidney Crosby et Kris Letang, c’était quand même spécial. J’ai pu voir comment ils se préparent pour les matchs.
« Ça fait longtemps qu’ils sont dans la ligue et ce n’est pas pour rien. »
Maintenant, l’objectif sera de jouer un premier match avec sa nouvelle équipe. À Wilkes-Barre, il est en compétition directe pour un rappel avec Rutger McGroarty, Joona Koppanen, Bokondji Imama et compagnie, qui ont tous joué des matchs avec Pittsburgh cette saison. Les ajouts d’Elmer Soderblom et Egor Chinakhov par voie de transaction en cours de saison ont compliqué les choses pour tous ces attaquants qui espèrent obtenir une chance, mais Harvey-Pinard ne perd pas espoir.
« Si un joueur de la LAH vous dit qu’il ne veut pas être rappelé, c’est un mensonge, a-t-il lancé. Le but, c’est de jouer dans la LNH. Tant mieux si ça m’arrive d’ici la fin de l’année, mais je me concentre sur [Wilkes-Barre/Scranton] pour l’instant. On a une bonne équipe et je pense qu’on va avoir un bon parcours en séries. Je me concentre là-dessus. Si je suis rappelé, mon attention sera à Pittsburgh. »
De bons souvenirs
À Laval, le nom de Rafaël Harvey-Pinard a encore une certaine résonance. Même s’il ne l’a dirigé qu’une saison, Pascal Vincent avait de bons mots pour son ancien protégé en sortant de l’entraînement du Rocket.
« J’ai tellement apprécié et je respecte tellement Raf. C’est tellement une bonne personne, a-t-il d’abord souligné. Je suis sûr qu’il va avoir une bonne performance demain. En fait, avec Raf, c’est toujours une bonne performance. L’an dernier, même lors des matchs où son exécution était moyenne, il trouvait des façons d’aider notre équipe. Il fait les bonnes choses, il affiche de la constance. Peu importe comment il joue, il va aider ton équipe. »
Le sentiment est réciproque pour Harvey-Pinard, qui n’avait que de bonnes choses à dire sur son ancienne équipe malgré la fin en dents de scie de son stage sur l’île-Jésus.
« Les blessures m’ont beaucoup ralenti à Laval. Ça ne s’est pas terminé comme je voulais, mais ç’a quand même été des moments incroyables, a-t-il conclu. Je garde de bons souvenirs autant de Laval que de Montréal. »
Nul doute qu’il y créera un autre beau souvenir mercredi, mais dans un nouvel uniforme cette fois.


















