MONTRÉAL – Vincent Damphousse n’est plus le dernier marqueur de 40 buts chez les Canadiens de Montréal. Tout près de 32 ans après Damphousse, Cole Caufield a atteint ce prestigieux plateau à son tour. Et le petit ailier a fait les choses en grand en s’offrant un autre but en prolongation pour procurer une victoire de 3-2 au CH face aux Bruins de Boston.
À 3-contre-3, Caufield a trouvé une façon de se libérer du défenseur Charlie McAvoy et il a redirigé une passe parfaite de Nick Suzuki pour toucher la cible. Sur ce jeu, Lane Hutson a attiré Pavel Zacha et David Pastrnak en contrôlant la rondelle en zone adverse pour ensuite donner la rondelle à Suzuki. Jeremy Swayman n’y pouvait absolument rien contre cette exécution parfaite.
Caufield a ainsi marqué son 40e but de la saison à son 67e match. Le numéro 13 a également repris le sommet de la LNH avec cinq buts en prolongation.
« C’est spécial, mais ça parle aussi de la direction que l’équipe prend, a dit le héros du match. Nous nous en allons dans le bon chemin. Il y a beaucoup de travail pour atteindre ce plateau, mais il y a aussi l’aide de mes coéquipiers et de mes entraîneurs. C’est un sport d’équipe. Je n’ai pas fait ça seul. Je suis chanceux de faire partie de ce groupe. »
Auteur du premier but des siens face aux Bruins, Suzuki a récolté son 80e point de la saison avec sa passe précise sur le jeu final. Le capitaine a ramassé la rondelle après le but gagnant pour l’offrir en cadeau à son éternel complice.
« C’est ce qu’il fait, marquer des buts, a affirmé Suzuki. Le chiffre 40 n'est qu'un départ pour lui. Il est un marqueur élite dans cette ligue. Je suis heureux de le voir connaître autant de succès. »
Le 11 avril 1994, Vincent Damphousse avait marqué deux buts dans un gain de 3-1 contre les Whalers de Hartford pour obtenir ses 39e et 40e buts de la saison. À cette époque, un marqueur de 40 buts n’avait pas la même symbolique à Montréal. En 1993, Brian Bellows avait aussi fini l’année avec 40 buts. Le CH avait aussi gagné la Coupe Stanley cette année-là.
La simple notion du nom des Whalers démontre que l’ancienne marque datait de trop longtemps.
« Ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu un marqueur de 40 buts », a souligné l’entraîneur-chef du Tricolore, Martin St-Louis. « Ici, c’était quand… En 1994 ? C’est ça. J’avais 18 ans. Ça ne me rajeunit pas. Mais je suis fier de pouvoir le voir atteindre ce chiffre de mes propres yeux derrière le banc de l’équipe. J’ai aimé notre match et j’étais content de notre victoire. J’en avais des frissons. »
À une autre époque, St-Louis a déjà atteint le plateau des 40 buts. Il l’a fait une fois. C’était lors de sa saison de 102 points (43 buts, 59 passes) en 2006-2007 avec le Lightning de Tampa Bay.
Caufield a également fait rire les journalistes après cette victoire très importante face aux Bruins. L’Américain a eu un bon sens de la répartie quand un collègue lui a demandé s’il connaissait Vincent Damphousse.
« Vous m’en parlez depuis assez longtemps que oui », a-t-il répliqué.
D’ici la fin de la saison, Caufield envisage-t-il maintenant de marquer 50 buts ?
« Je veux maintenant 41 buts », a-t-il affirmé le plus calmement du monde.
S’il ne désirait pas s’avancer sur le chiffre magique des 50 buts, Caufield avait les yeux encore pétillants en décrivant la réaction de la foule lors de son entrevue au centre de la glace avec Marc Denis de RDS.
« Les mots ne décrivent pas ce que je vivais. Je ressentais tout l’amour de nos partisans. Ils aiment tellement notre ville et notre équipe de hockey. Ils me font sentir comme à la maison. »
Dobes très solide
À la fin du match, il y avait deux attroupements. Un avec Caufield et un autre à l’autre bout de la patinoire pour entourer Jakub Dobes. Cette scène n’était pas banale.
En prolongation, Dobes a bloqué Zacha sur une échappée. Il a terminé le match avec 26 arrêts pour signer sa 22e victoire de l’année. Le Tchèque a connu un très bon départ, jouant avec aplomb du début jusqu’à la fin.
Zacha, qui avait un tour du chapeau au bout de sa palette lors du 3-contre-3, a réussi les deux buts des Bruins contre le numéro 75.


















