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Devon Levi croyait bien avoir enfilé le chandail du Canada pour la dernière fois de sa carrière après sa participation au Championnat mondial junior, il y a un peu plus d'un an.

Il avait fait écarquiller les yeux de plusieurs avec ses prestations, mais rien ne lui laissait croire qu'il serait à nouveau en mesure de se hisser parmi l'élite des gardiens au pays. Encore moins en vue du tournoi olympique de 2022. Et pourtant, c'est en plein ce qui est en train de se produire.
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Les choses ont rapidement déboulé après l'annonce du désistement des joueurs de la LNH, en décembre, et le gardien québécois a encore du mal à saisir exactement toute l'ampleur de ce qui lui arrive.
« J'ai vu une publication sur Instagram, il y a un mois, et mon nom était sur une liste de dix candidats pour les Jeux olympiques, a raconté le jeune homme de 20 ans. Je me demandais si c'était une blague. J'étais vraiment sous le choc. Je n'ai même pas pu dormir cette nuit-là tellement j'étais excité. »
Le groupe a été réduit peu à peu jusqu'à ce qu'il reçoive l'appel du directeur général Shane Doan lui annonçant qu'il faisait partie des trois gardiens retenus par la formation unifoliée, avec le vétéran Eddie Pasquale et Matt Tomkins, qui évolue en Suède.
« C'est un sentiment complètement fou. Nous sommes sur le point d'être des olympiens et nous ignorions que ça se produirait, il y a à peine un mois », a lancé l'espoir des Sabres de Buffalo avec un large sourire.
Levi a participé à un premier entraînement avec l'équipe, mardi, alors que les 25 joueurs sélectionnés ont déjà entamé leur préparation dans une bulle, en Suisse. Pour lui, c'était aussi une occasion de faire un premier pas vers le poste de numéro un qu'il convoite désormais.
« Rien n'est garanti, a-t-il commenté. Je dois offrir le meilleur de moi-même et les entraîneurs vont prendre les décisions. Ils vont sélectionner le gardien qui est le plus prêt à relever le défi. »
Avec les statistiques à tout casser qu'il affiche avec les Huskies de l'Université Northeastern, il ne faudrait pas se surprendre s'il est ultimement le choix de l'entraîneur-chef Claude Julien et de ses adjoints pour entamer le tournoi contre l'Allemagne, le 10 février.
Levi est en train de marquer l'histoire de la NCAA avec le niveau de jeu qu'il maintient depuis le début de la campagne. Il a signé neuf blanchissages et montre une moyenne de buts alloués de 1,55 et un époustouflant taux d'efficacité de ,948. Ne lui reste plus qu'à transposer ça sur la scène internationale.
« S'il est ici comme les autres jeunes, c'est parce qu'on croit qu'il est prêt à faire face à cette compétition, a indiqué Julien. Il connaît une excellente saison. C'est un jeune gardien avec un énorme potentiel. On le croit très capable de relever le défi et on lui fait confiance. Il peut certainement nous aider à gagner. »
Avec l'expérience acquise au Mondial junior et le calme qu'il a démontré en route vers la médaille d'argent, on peut penser que son jeune âge ne jouera pas contre lui.
« Il réussit des choses qui ne se peuvent quasiment pas dans la NCAA, a encensé Doan. C'est incroyable. Quand on lui parle et qu'on apprend à connaître le jeune homme, on voit tout de suite sa grande maturité. Il a représenté le pays par le passé et il l'a fait de brillante façon. C'était difficile de l'ignorer. »
Trouver l'équilibre
Doan a manifestement eu de la difficulté à ignorer les prestations de l'attaquant Mason McTavish, 18 ans, et du défenseur Owen Power, 18 ans, qui ont tous les deux obtenu leur billet pour Pékin après avoir pris part au dernier CMJ. Ces jeunes pousses talentueuses seront entourées par des vétérans comme Eric Staal et d'autres (plus) vieux routiers.
« On a un bon mélange de jeunes et de vétérans, a analysé Julien. On croit que l'expérience de ces derniers va nous aider à gérer l'adversité. Ça peut venir de toutes sortes de façons, que ce soit la COVID ou bien notre façon de jouer. Ça prend des gars pour calmer le vestiaire.
« Il nous fallait former la meilleure équipe et dénicher des joueurs qui nous offriraient un bon équilibre. Les jeunes qu'on a sélectionnés sont prêts à jouer contre des hommes. »
Et à l'inverse, la naïveté des jeunes émerveillés par tout ce qu'implique cette nouvelle aventure aura un effet certain sur Staal, qui fait déjà partie du club de la triple couronne avec une médaille d'or olympique, une médaille d'or au Championnat du monde et une conquête de la Coupe Stanley.
« C'est plaisant de côtoyer ces jeunes et de voir leur combativité, leurs habiletés et leur talent à l'entraînement, a conclu l'attaquant de 37 ans. Ça me donne un peu plus d'énergie et d'enthousiasme. C'est du bonbon pour moi et je veux en profiter. »