Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l'actualité chez le Rocket de Laval, ainsi que dans l'ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l'antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.
Le Rocket de Laval est toujours en quête de solutions après avoir franchi le cap du quart de la saison au cours de la dernière semaine. Après 20 matchs, la troupe de Jean-François Houle est à égalité au 27e rang de la Ligue américaine avec une fiche de 6-11-3. Allons-y d'un survol en cinq points de ce qui ne fonctionne pas à la Place Bell depuis le début de la saison, mais aussi des aspects positifs qui peuvent être soulignés malgré ce départ difficile.
Marcotte : Un premier quart ardu pour le Rocket
Notre chroniqueur résume en cinq points le début de saison du club-école des Canadiens

par
Anthony Marcotte
Chroniqueur LNH.com
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1. La défensive n'est pas à la hauteur
Avait-on sous-estimé le départ de plusieurs piliers à la ligne bleue comme Xavier Ouellet, Louie Belpedio et Tobie Bisson? Il faut croire que oui parce que leurs remplaçants connaissent tous un départ en deçà des attentes.
Houle s'est retrouvé avec une abondance de défenseurs du calibre de la Ligue américaine pour débuter la saison, mais on se rend compte qu'ils ont pour la plupart les mêmes qualités ainsi que les mêmes défauts. Du côté gauche de la défensive, les Corey Schueneman, Mattias Norlinder, Otto Leskinen et Nicolas Beaudin apportent tous un bel apport offensif, mais leur jeu sans la rondelle peut laisser à désirer à l'occasion. De plus, aucun d'entre eux n'aime le jeu robuste, ce qui fait du Rocket une équipe très facile à rudoyer match après match.
Du côté droit, Madison Bowey connaît des hauts et des bas et n'est pour l'instant pas en mesure de prendre les responsabilités laissées par Belpedio. Justin Barron démontre de bons instincts offensifs, mais son inconstance dans son territoire explique bien la décision qui a été prise par les Canadiens de Montréal de le retourner à Laval. Tory Dello et Alex Green possèdent des ententes de la Ligue américaine et font partie d'un système d'alternance depuis le début de l'année à la ligne bleue en raison d'un trop-plein de défenseurs. Une situation qui n'est pas idéale.
Le Rocket en arrache énormément aussi en infériorité numérique, où son pauvre rendement de 66,7 pour cent le classe au tout dernier rang de la LAH. L'équipe a d'ailleurs atteint le fond du baril à ce chapitre lors du match du 18 novembre, alors qu'elle a accordé cinq buts en six occasions à l'adversaire à court d'un homme. Puis, lors du match de samedi dernier contre les Senators de Belleville, les deux buts concédés en pareilles circonstances ont fait très mal, surtout que Laval aurait mérité de l'emporter en décochant 50 tirs sur le gardien adverse.
« Ils ont trois tirs en avantage numérique et ils ont marqué deux buts, a pesté Houle samedi soir. Ce n'est pas acceptable et il faut réussir à être meilleurs quand on se défend à court d'un homme. »
2. Un duo moins solide que l'an dernier
Les gardiens Cayden Primeau et Kevin Poulin, qui formaient une des forces de cette équipe l'an dernier, n'ont pas le même panache cette saison.
Le rendement de Primeau doit commencer à inquiéter l'organisation des Canadiens, surtout qu'on lui a accordé un contrat de trois ans l'été dernier. Il est encore identifié comme l'espoir numéro 1 de l'équipe devant le filet, mais des doutes subsistent en ce qui le concerne. Chaque rappel à Montréal a constitué une aventure pour Primeau la saison dernière, et son lent départ à sa quatrième saison dans la Ligue américaine n'a rien de rassurant.
La fiche de Primeau jusqu'ici : 4-6-2, moyenne de buts alloués de 3,53 et pourcentage d'arrêts de ,893. Des chiffres tous nettement inférieurs à ce qu'il a toujours montré depuis ses débuts dans les rangs professionnels.
Dans le cas de Poulin, il est pour l'instant incapable d'afficher la même constance que l'an dernier. Il avait été un morceau très important du rendement de l'équipe et s'était même vu confier le filet pour amorcer les séries éliminatoires. Poulin est celui qui avait conduit le Rocket en séries en obtenant le départ lors des matchs les plus importants de la dernière ligne droite de la saison lors des rappels de Primeau à Montréal. Le Rocket aura encore besoin de sa fiabilité cette année.
3. Anthony Richard, la locomotive du Rocket
Anthony Richard est le joueur par excellence du premier quart de la saison du Rocket. En fait, il aurait probablement été élu par acclamation lors d'un processus électoral tellement il a excellé.
Le Trifluvien s'est immédiatement senti à l'aise dans son nouvel environnement et porte fièrement le nom Richard sur son chandail. Sa vitesse lui permet de se démarquer et demeure son pain et son beurre. Ses 12 buts le placent à égalité au deuxième rang de la Ligue américaine derrière Matthew Phillips, des Wranglers de Calgary. Après seulement 20 matchs, il se retrouve à mi-chemin de son sommet de 24 buts en carrière dans la LAH obtenu en 2018-19.
« Je travaille beaucoup depuis quelques années sur la manière de mieux utiliser ma vitesse, a expliqué Richard la semaine dernière. Quand tu es une recrue, tu essaies tout le temps d'aller à 100 milles à l'heure. J'essaie de mieux évaluer quand accélérer et quand ralentir le jeu. Ça peut aider à créer de l'offensive pour mes coéquipiers et ça rend mon propre jeu moins prévisible. »
Le choix de quatrième tour (100e au total) des Predators de Nashville en 2015 n'a finalement joué que deux matchs en carrière dans la LNH, mais il peut toujours croire à son rêve d'obtenir un rappel à Montréal, car il est l'attaquant le plus constant à Laval depuis le début de la saison.
4. Des vétérans au ralenti
Il est étonnant de constater que le premier pointeur lavallois l'an dernier, Rafaël Harvey-Pinard, n'a que dix points à sa fiche à ses 20 premiers matchs. Le Jonquiérois se consolera sûrement en se disant qu'il connaît à peu près le même départ que l'an dernier, alors qu'il avait neuf points à sa fiche pendant la même période en 2021. Ça ne l'a pas empêché de terminer la saison avec 56 points.
Ce qu'il y a de surprenant avec le Rocket, c'est que Harvey-Pinard n'est pas le seul à connaître un lent départ. Brandon Gignac a aussi 10 points à sa fiche, Danick Martel n'a que deux buts, Mitchell Stephens n'a que cinq points et Alex Belzile n'avait marqué qu'une seule fois avant de tomber au combat en raison d'une blessure. On croyait que l'attaque reposerait davantage sur les épaules de ces vétérans, mais ce n'est pas tout à fait ce qui est en train de se produire.
Nate Schnarr en est un autre qui connaissait un départ très difficile et il s'est fait montrer le chemin de la passerelle à plusieurs occasions malgré un rôle accru dans le dernier parcours en séries de l'équipe. Comme si ce n'était pas suffisant, Schnarr en aura encore pour au moins un mois sur la liste des blessés en raison d'une blessure au bas du corps.
5. Simoneau et Abbandonato, les révélations
« Je ne voyais pas Xavier Simoneau aussi haut dans ma formation au début du camp, mais il continue de me forcer la main », avait dit Houle au sujet de la recrue dès le début la saison.
En fait, le rôle du fougueux attaquant n'a fait qu'augmenter depuis, et il fait partie des joueurs les plus constants de l'équipe match après match. Sa production offensive est franchement impressionnante avec 16 points en 19 matchs, ce qui le place à égalité au sommet des pointeurs chez les recrues de la Ligue américaine cette saison. Et malgré son petit gabarit, Simoneau fait partie des joueurs du Rocket les plus robustes de la formation. Qui s'y frotte s'y pique, et le jeune homme ne reculera jamais devant qui que ce soit.
Peter Abbandonato en est un autre qui poursuit le travail amorcé la saison dernière, alors qu'il avait partagé son temps entre les Lions de Trois-Rivières et le Rocket. Le Lavallois est devenu un incontournable pour son entraîneur avec ses 12 points en 14 matchs. Signe que les choses vont très bien pour lui, il s'est retrouvé au centre du premier trio aux côtés de Richard et de Rem Pitlick le week-end dernier. Abbandonato s'avère une très belle police d'assurance sur un trio offensif, autant au centre qu'à l'aile.

















