Bergevin-badge-Laflamme

MONTRÉAL - Il y a loin de la coupe aux lèvres pour Marc Bergevin. Le directeur général des Canadiens de Montréal est heureux de la chance qui s'offre aux siens d'être impliqués dans le tournoi à 24 équipes que la LNH a mis de l'avant dans son plan de relance. Il espère maintenant que ledit plan puisse s'ébranler comme prévu.

En conférence téléphonique mercredi, Bergevin a répondu à plusieurs questions en utilisant le conditionnel.

« Si ça joue à un moment donné… Si nous pouvons reprendre le jeu… Si on est capable de jouer en juillet ou en août… », a-t-il martelé, en usant de prudence.

C'est vrai que beaucoup d'eau coulera sous les ponts avant une éventuelle reprise des activités dans la LNH.

Toute l'incertitude liée à la situation de la pandémie de la COVID-19 est d'ailleurs l'aspect que Bergevin a dit trouver le plus difficile à gérer depuis l'interruption brusque des activités, le 12 mars.

À ce moment, les Canadiens étaient loin de figurer dans le portrait des huit équipes prenant part aux séries dans l'Association de l'Est. Avec 11 matchs à jouer, ils se dirigeaient vers la porte de sortie d'une saison à reléguer aux oubliettes.

Le prix de consolation, c'était la loterie du repêchage. Or, en vertu du plan de relance, le CH voit ses chances d'obtenir un des trois premiers choix diminuer à titre d'invité dans le tournoi.

Les séries avant la loterie

Qu'à cela ne tienne, Bergevin a dit préférer une participation de l'équipe aux séries versus l'augmentation de ses probabilités d'améliorer son rang de sélection au repêchage.

« Si vous me donnez le choix, je veux participer aux séries, a déclaré le directeur général. L'objectif ultime, c'est de gagner la Coupe Stanley et la première étape est d'accéder aux séries. On ne peut pas avoir les deux (une place en séries et un choix favorable au repêchage). Les joueurs jouent pour avoir du succès, pour gagner. C'est dans leur ADN. Pour moi, c'est une réponse facile. »

MTL@OTT : Price sort la mitaine pour contrer Duclair

En parlant de l'affrontement à venir contre les Penguins de Pittsburgh, Bergevin a qualifié les chances du Tricolore de surprendre « d'aussi bonnes que les chances des sept autres équipes invitées au tournoi ».

« C'est une courte série (trois de cinq), tout est possible, a-t-il élaboré. Sans imposer de la pression exagérément sur Carey (Price), avec un gardien de sa trempe dans nos rangs, tout est possible. Je serai confiant, si nous pouvons jouer. »

Plus tard, Bergevin a dit toujours croire au groupe de joueurs qu'il a sous la main.

« Je dis toujours que tout peut arriver dès qu'on participe aux séries, peu importe qu'une équipe soit huitième, troisième ou première dans son association. Est-ce qu'on peut battre les Penguins? Possiblement. Il y a tellement d'incertitudes dans le moment. Je ne cache pas que nous sommes déçus de notre position au classement en date du 11 mars, mais je crois encore en notre équipe si c'est ce que vous voulez savoir », a-t-il réagi à une question.

Les Blue Jackets, l'inspiration

Les Canadiens ont remporté une des trois confrontations contre les Penguins cette saison, en plus de s'incliner en fusillade à une autre occasion. Ils l'ont emporté 4-1 à Pittsburgh, le 10 décembre, à l'issue d'un duel qualifié d'ennuyant par le propriétaire des Penguins Mario Lemieux.

« Pourquoi est-ce que je crois en nos chances de gagner? Parce que nous jouerons les matchs sur une patinoire, pas sur une feuille de papier, a répondu Bergevin à une autre question. Pourquoi les Blue Jackets de Columbus ont balayé en quatre matchs le Lightning de Tampa Bay, au premier tour des séries l'an dernier? C'est le hockey. C'est le sport. »

Mercredi matin, son homologue des Penguins Jim Rutherford a dit aux journalistes respecter grandement les Canadiens.

« Ils ont une bonne équipe. Ils ont dû composer avec beaucoup d'adversité au chapitre des blessures, comme nous, a-t-il fait remarquer. Avec la parité qui existe dans la ligue, ce n'est pas parce que vous ne faites pas partie du groupe des 16 premières équipes que vous n'êtes pas une bonne équipe. Ce sera une bonne série. Ce seront toutes de bonnes séries.

« Analysez ça comme vous le voulez, peu importe que vous affrontiez les Rangers de New York, les Blue Jackets de Columbus ou les Canadiens, vous aurez affaire à une bonne équipe. En ce qui nous concerne, nous voulons nous concentrer sur notre propre jeu et ne pas nous attarder sur l'identité de nos adversaires. Nous voulons recréer les parcours de nos deux récentes conquêtes de la Coupe Stanley (2016 et 2017). »

Pour revenir à Bergevin, il a dit que gagner la Coupe Stanley cette année ne revêtira pas un cachet moins particulier qu'à l'accoutumée dans le contexte actuel.

« On parle d'un tournoi de 50 jours. Ça demeurera un des trophées les plus difficiles à gagner, a-t-il opiné. La saison 2012-13 a été écourtée (en raison d'un conflit), mais on a couronné des champions qui n'ont pas été moins méritants que les autres. La seule différence cette année, ce sera l'absence des partisans. Ça va faire une grande différence sur le plan de l'atmosphère, sans partisan dans les gradins. »

Montréal, pas encore

Les joueurs des Canadiens demeurent éparpillés aux quatre coins du globe et ils ont fait savoir au DG qu'ils n'envisagent pas tout de suite de s'amener à Montréal afin de s'entraîner au complexe de l'équipe, comme le leur permet la phase 2 du protocole de retour au jeu par étapes.

« J'ai discuté avec un joueur mardi, a expliqué Bergevin. Comme tout est conditionnel, les Américains et les Européens préfèrent poursuivre leur préparation chez eux plutôt que de venir ici et d'avoir à se soumettre à une période de quarantaine de 14 jours. Nos joueurs canadiens nous ont dit qu'ils sont également bien équipés dans leur environnement. »

Cela dit, Bergevin a indiqué que le processus de préparation des séances d'entraînement par petits groupes bat son plein au complexe sportif de Brossard. Le DG a précisé que l'équipe n'avait reçu aucune demande de joueurs d'autres équipes afin d'utiliser ses installations.

Jeudi, les deux représentants des joueurs du CH, Paul Byron et Brendan Gallagher, vont s'adresser aux journalistes.