Hurricanes badge Deschambault

MONTRÉAL – Les Hurricanes de la Caroline se retrouvent en territoire étranger après les trois premiers matchs de la finale de l’Association de l’Est contre les Canadiens de Montréal, et ils sont bien placés pour savoir que le travail est loin d’être terminé.

Au lendemain d’un gain de 3-2 en prolongation qui leur procurait une avance de 2-1 dans la série, une première pour eux à ce stade du tournoi printanier depuis 2006, les Hurricanes ont affirmé qu’ils s’attendaient à voir leurs adversaires sortir avec le couteau entre les dents à l’occasion du match no 4 qui aura lieu au Centre Bell mercredi (20 h HE; TVAS, SN, CBC, TNT).

À LIRE AUSSI : Il faut protéger le soldat Hutson | Hurricanes : Le premier trio a «plus de buts en banque»

« Nous sommes en séries, alors il faut s’attendre à ce que l’autre équipe offre son meilleur effort à chacune des parties, et nous nous attendons à ce que ce soit le cas demain », a prévenu l’attaquant Mark Jankowski. « Nous devrons donc garder la pédale au plancher. Nous avons très bien joué jusqu’ici, mais nous avons encore une autre vitesse à atteindre. Nous savons aussi qu’ils vont vouloir rebondir, et il faudra nous préparer à leur meilleur hockey et être capables de leur servir le nôtre également. »

La dernière fois que la Caroline a profité d’une avance en finale d’association, Rod Brind’Amour n’était pas derrière le banc, mais bien en uniforme, et il s’apprêtait à soulever la Coupe Stanley quelques semaines plus tard au printemps 2006.

L’entraîneur n’a toutefois pas aimé devoir répondre à des questions qui sous-entendaient que son équipe avait finalement exorcisé ses démons en finale d’association.

« C’est parce que ce serait regarder bien trop loin en avant, a lancé Brind’Amour. Nous sommes en avance 2-1, mais nous pourrions tout aussi bien être en retard 2-1. Nos deux victoires ont été obtenues en prolongation. »

S’il ne veut absolument pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, Brind’Amour reconnaît que le groupe qu’il a sous la main cette année a énormément progressé au fil des échecs vécus ces dernières années.

« Les joueurs forment un groupe mature dans la manière dont ils jouent, a expliqué Brind’Amour. Ils savent que ce n’est pas le moment d’essayer quelque chose qui pourrait fonctionner, mais qui pourrait aussi nous coûter cher si ça ne fonctionne pas. C’est de ça qu’il est question quand on parle de jeu mature, et nos joueurs plus âgés le comprennent parce qu’ils m’ont entendu le dire assez souvent, et les plus jeunes commencent à le comprendre eux aussi. »

Ce style de jeu mature a permis aux Hurricanes de dominer 79-34 dans la colonne des tirs depuis le début de la deuxième période du match no 1. Cette domination s’étend à à peu près toutes les catégories statistiques au cours des deux dernières rencontres, qu’il s’agisse du temps de possession de rondelle, des mises en échec et des tentatives de tirs. Ce n’est toutefois rien pour émouvoir les joueurs de la Caroline.

« Nous formons un groupe de vétérans, et nous savons quelle est la tâche qui nous attend, a déclaré le défenseur Shayne Gostisbehere. Je sais que c’est un cliché, mais il faut y aller un match à la fois. Il reste encore beaucoup de hockey à disputer dans cette série, et nous savons que même si nous disputons d’excellents matchs, il est possible que ça ne suffise pas tous les soirs. On peut regarder dans la colonne des tirs et tout ça, mais quand on regarde le pointage, ça demeure des parties serrées. Il n’y a donc aucune chance que nous regardions trop loin en avant. »

Invincibles en surtemps

C’est peut-être parce qu’ils n’ont pas passé beaucoup de temps sur la glace depuis le début du tournoi printanier, mais les Hurricanes ne manquent visiblement pas d’énergie lorsque les matchs doivent s’étirer au-delà du temps réglementaire.

Ils ont été parfaits en cinq matchs jusqu’ici, devenant seulement la quatrième équipe de l’histoire à remporter ses cinq premiers matchs d’un tournoi printanier qui nécessitent la prolongation, et la huitième à coller cinq gains de suite en surtemps à tout moment au cours d’une seule édition des séries éliminatoires.

Après avoir eu raison des Sénateurs d’Ottawa une fois en prolongation au premier tour, ils ont joué le même tour deux fois aux Flyers de Philadelphie en deuxième ronde, avant de signer leurs deux gains en pareilles circonstances contre les Canadiens en finale de l’Est.

À chacune des victoires qui s’ajoutent en surtemps, la confiance grimpe d’un cran dans le vestiaire de la Caroline, et il devient plus facile de garder l’ambiance détendue entre la troisième période et le début de la prolongation.

« Plusieurs de nos joueurs sont dans cette ligue depuis longtemps et se sont souvent retrouvés dans ce type de situation, alors c’est assez facile de demeurer détendus, a noté l’attaquant Seth Jarvis. Ce sont les plus grands moments de nos vies, alors nous voulons simplement nous créer des souvenirs. Nous n’allons pas toujours gagner, même si ce fut heureusement le cas jusqu’ici, alors il faut être prêts à vivre avec les deux résultats. »

Si les joueurs restent détendus, leur gardien sait qu’il n’a plus droit à l’erreur à ce stade de la partie. Ça peut donc devenir un bon défi mental quand la prolongation commence pour un cerbère qui est aussi peu sollicité que l’est Frederik Andersen depuis deux matchs. Confronté à seulement 25 tirs au total à ses deux dernières parties, il n’a fait face qu’à un lancer au cours des deux périodes de surtemps contre les Canadiens. 

Le Tricolore a malgré tout obtenu de belles occasions de l’emporter. Nick Suzuki s’est échappé dans les premières secondes de la prolongation dans le match no 3, mais a raté la cible, et Mike Matheson a vu son tir aboutir sur la barre transversale quelques instants plus tard. S’il admet qu’une charge de travail plus importante l’aiderait à conserver de meilleures sensations lorsque le match s’étire, Andersen explique aussi qu’il s’agit d’un beau problème à avoir.

« J’aimerais recevoir 30 tirs afin de mieux me sentir, mais ça fait partie de ma réalité, a indiqué le gardien danois de 36 ans. Quand on vieillit, on acquiert de l’expérience et on peut mieux le gérer. En jouant derrière cette équipe, qui conserve beaucoup le contrôle de la rondelle et qui applique beaucoup de pression, ça arrive quand même assez souvent. Ça devient parfois une bataille contre soi-même, et je dois demeurer concentré sur ce qui s’en vient. »