LAS VEGAS – Cale Makar n’avait pas encore déchaussé ses patins lorsqu’il s’est présenté devant les journalistes mardi, après l’élimination de l’Avalanche du Colorado.
Son équipe, la meilleure de la LNH en saison régulière, venait de se faire balayer par les Golden Knights de Vegas en finale de l’Ouest il y a quelques minutes à peine.
« C’est évidemment difficile, a-t-il d’abord affirmé. J’ai revu nos premiers matchs et on n’était pas loin d’eux. Dans cette série, les matchs se sont joués sur une chance ici et là. C’était encore le cas ce soir, et ils ont profité de la chance de plus qu’on leur a accordée. »
Les Golden Knights ont acquis cette ultime victoire par la marque de 2-1 devant leurs partisans au T-Mobile Arena. L’équipe est maintenant en attente du gagnant de la série entre les Canadiens de Montréal et les Hurricanes de la Caroline.
Les joueurs de l’Avalanche, eux, rentreront à la maison et ressasseront les derniers jours.
« Tu te sens mal pour plusieurs joueurs dans ce vestiaire, car ce n’est évidemment pas le résultat d’un manque d’effort, a soutenu Makar. Parfois, tu crois mériter des bonds plus favorables. Il y a un grand sentiment de fierté dans ce vestiaire et personne ne pourra nous l’enlever. »
L’Avalanche avait obtenu 121 points (55-16-11) en saison régulière et avait survolé les deux premiers tours des séries. La troupe de Jared Bednar a d’abord balayé les Kings de Los Angeles avant d’éliminer le Wild du Minnesota en cinq matchs.
Makar n’a pas joué les deux premiers matchs de la finale de l’Ouest en raison d’une blessure au haut du corps. Lorsqu’il est revenu au jeu, son équipe accusait un retard de 0-2 dans sa série. La défaite subie au troisième match rendait la pente encore plus abrupte à remonter, mais Makar et ses coéquipiers ont gardé espoir.
C’est finalement au terme d’un match 4 départagé par un but que leur saison a pris fin plus tôt que prévu.
« On a l’impression d’avoir gaspillé quelque chose, a indiqué l’attaquant Logan O’Connor. Quatre-vingt-deux matchs, plusieurs acquisitions… On sentait que ce groupe pouvait accomplir quelque chose de spécial. On l’avait dit pendant le camp d’entraînement : c’était la Coupe ou rien pour nous cette année, et on est arrivés bien à court de cet objectif. »
L’Avalanche avait amorcé sa série face aux Golden Knights en sachant que la marge entre la victoire et la défaite allait être mince, mais elle ne croyait pas pencher du mauvais côté chaque fois.
« Il y a eu des moments dans cette série où on a été très bons, a opiné Makar. Lors du deuxième match, on avait une avance d’un but en troisième période, mais malheureusement, quelques bonds ont changé l’allure de la rencontre. Et lors du match 3, on avait une autre avance (3-0 en première période), mais on a finalement perdu (5-3). C’est difficile. Il n’y avait aucun doute avant ce match qu’on pouvait ramener cette série à Denver. Mais une chance de marquer plus tard, la série est terminée. »
Non seulement les Golden Knights ont-ils semblé avoir toutes les réponses aux offensives de l’Avalanche pendant cette série, mais ils ont aussi eu la chance d’affronter un groupe visiblement amoindri. Il y a eu l’absence de Makar, bien sûr, mais aussi celle de Nathan MacKinnon lors du match 3. Ce dernier s’est blessé à une jambe en bloquant un tir et n’a pas disputé la deuxième moitié de la rencontre de dimanche.
Il a décidé de jouer le match 4, mais n’a su générer quoi que ce soit en zone de Vegas.
Auteur de 127 points – dont 53 buts – en 80 matchs de saison régulière, MacKinnon a été limité à deux passes pendant cette série. Il ne s’est pas adressé aux médias après l’élimination des siens car il était à l’infirmerie.
Gabriel Landeskog a inscrit l’unique but de l’Avalanche mardi avec 2:03 à écouler au cadran de match. Le capitaine insufflait alors un peu d’espoir à son équipe, en vain.
« Je ne saurais décrire mes sentiments autrement qu’avec le mot ‘vide’, a-t-il dit. J’ai beaucoup d’estime pour cette équipe, mais je dois aussi attribuer le mérite aux joueurs [des Golden Knights]. Ils sont bons, ils ont joué avec intensité, et Carter Hart est tout un gardien qui a connu toute une série.
« Tu passes d’un combat de tous les instants à une sirène qui annonce la fin de ta saison. C’est un sentiment étrange à décrire, mais ‘vide’ est probablement le premier mot qui me vient en tête. »
L’Avalanche aura été coulée par ses ennuis offensifs. La meilleure attaque de la ligue en saison (3,63 buts/match) n’a inscrit que sept buts en quatre matchs face aux Golden Knights.
Hart a présenté une moyenne de 1,75 but alloué par match et un taux d’efficacité de ,944. Il a eu son mot à dire dans le triomphe des siens, comme l’aguerri groupe de défenseurs devant lui.
« Ils ont aussi appliqué un bon échec avant, et oui, Carter Hart a été incroyable par moments, a acquiescé Bednar. On a effectué du bon travail aussi. Les indicateurs de performance avant le match de ce soir étaient presque tous égaux. Ils limitent grandement les chances de qualité, et lorsqu’on en obtenait, Carter réussissait à faire les arrêts. Tous ces éléments expliquent le résultat. »


















