Dans le cadre des textes de la série « Tête-à-tête avec… », nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur. Cette édition met en vedette l’entraîneur de développement des Capitals de Washington et ancien gardien Olaf Kolzig.
ARLINGTON, Virg. – Olaf Kolzig a été plutôt occupé la semaine dernière à Washington.
Jeudi, l’ancien gardien de 53 ans a assisté à la victoire de 4-3 des Capitals contre les Red Wings de Detroit lors d’un match préparatoire en compagnie d’une vingtaine d’anciens joueurs de l’organisation, dont ses anciens coéquipiers Peter Bondra, Dmitri Khristich et Ken Klee. Mais dès le lendemain, il était au complexe d’entraînement des Capitals afin d’assister au camp d’entraînement, puisqu’il est entraîneur de développement avec l’équipe. Et finalement, plus tard dans la journée, il a sauté sur la glace en compagnie d’autres anciens dans le cadre d’un camp de rêve des partisans, en plus de participer à un cocktail-bénéfice dont les profits ont été remis à la fondation des anciens des Capitals pour la communauté.
Deux journées occupées, mais que Kolzig a adorées.
« C’est génial, a lancé Kolzig. C’est une initiative qui avait commencé juste avant l’arrivée de la COVID. Peter Bondra et le personnel de l’équipe s’y sont vraiment attaqués et ils tentent de mettre quelque chose en place qui va nous permettre, on l’espère, de rivaliser avec St. Louis, Philly et Chicago. On tente de convaincre Braden Holtby de se joindre à nous. Mike Green et Karl Alzner étaient présents. Plus il va y avoir de gars qui vont prendre leur retraite et plus nous serons. »
Kolzig, qui a accroché ses jambières en 2009 après 17 saisons dans la LNH (16 avec Washington), détient le record des Capitals pour les victoires (301) et est à égalité au premier rang pour les jeux blancs avec Holtby (35). Au cours de sa carrière, il a remporté le trophée Vézina, décerné au meilleur gardien de but de la LNH, en 1999-2000, ainsi que le trophée King-Clancy, remis chaque année au joueur de la LNH qui illustre le mieux ses qualités de leadership sur et hors de la glace et qui a apporté une contribution humanitaire remarquable dans la communauté, en 2005-2006.
Kolzig est passé près de remporter la Coupe Stanley comme joueur en 1998, quand les Capitals avaient atteint la finale avant d’être balayés par les Red Wings. Après sa retraite, il a été embauché comme entraîneur des gardiens en 2011, ce qui lui a permis d’avoir enfin son nom sur la Coupe, quand les Capitals ont été sacrés champions en 2018.
Lorsque les anciens de l’organisation se rencontrent, est-ce que vous commencez immédiatement à vous raconter des histoires de l’époque où vous jouiez?
« C’est certain! Nous nous souvenons de notre présence en [finale de la Coupe Stanley en 1998] et tous les gars que nous avons affrontés dont nous sommes maintenant les entraîneurs. Nous parlons de nos enfants. Quand nous jouions ensemble, je n’avais pas d’enfants, et un (gars) comme Ken Klee en avait de très jeunes. Soudainement, les miens sont à l’université et ses enfants ont obtenu leur diplôme. C’est fou à quel point la vie change, et c’est génial de faire du rattrapage et voir comment tout le monde va. »
Quel est ton meilleur souvenir de tes jours comme joueur? Est-ce le parcours vers la finale de la Coupe en 1998?
« Sur la glace, je dirais que c’est ça. L’année où j’ai gagné le trophée King-Clancy est probablement celle dont je suis la plus fière. Mon père venait de mourir, et j’ai reçu ce prix pour mon leadership sur et hors de la glace. Nos actions hors de la patinoire sont tellement importantes parce qu’elles ont un impact sur les gens, et ça te permet d’aider ceux qui sont moins chanceux. Les athlètes, nous avons une plateforme et nous pouvons faire une immense différence. C’est pourquoi je suis fier d’avoir gagné ce trophée, et je sais que mon père aurait été fier, tandis que ma mère était là. »
Est-ce que d’avoir ton nom sur la Coupe Stanley après la victoire des Capitals en 2018 a été un baume sur la plaie laissée par la défaite en finale en 1998?
« Absolument. Pour moi, ce n’était pas une question d’avoir mon nom sur la Coupe, même si c’est spécial. Mais je voulais faire partie d’une équipe qui a gagné la Coupe, même si c’est en tant que membre de la direction, puisque tout le monde, que ce soit au développement des joueurs ou les entraîneurs, ont eu un mot à dire. Ultimement, c’est aux joueurs de performer, mais nous les avons aidés à être prêts.
Tu as été le coéquipier d’Alex Ovechkin à ses débuts dans la LNH. Aurais-tu pensé qu’il marquerait 822 buts dans la LNH et qu’il serait aux trousses du record de 894 de Wayne Gretzky?
« Pas du tout. Je ne pensais jamais que quelqu’un pourrait s’approcher du record de Gretzky. Je n’enlève rien aux gardiens du passé, mais maintenant, les équipes jouent d’une façon différente, les gardiens sont excellents, sans oublier la longévité. Il est demeuré en santé presque toute sa carrière. C’est un gars spécial. Qu’il obtienne le record ou non, à mon avis, c’est le meilleur marqueur naturel de l’histoire. »
Comme entraîneur, est-ce que tu travailles uniquement avec les gardiens?
« Non. Depuis que Jimmy (Slater) et Brooks (Orpik) sont impliqués, je n’ai pas à aller voir tous nos espoirs. Ils s’occupent des attaquants et des défenseurs, mais s’il y a un de nos espoirs qui évolue dans ma région […] ou qui vient jouer à Tri City (l’équipe de la WHL dont il est copropriétaire), je vais aller le voir.
Qu’est-ce que la conquête de la Coupe Calder par les Bears de Hershey la saison dernière représente pour l’organisation, et en particulier, pour les jeunes joueurs qui étaient en action et qui tentent maintenant d’obtenir un poste dans la LNH?
« Peu importe le niveau, quand tu gagnes, c’est bon pour l’organisation, parce que ce sentiment d’être des vainqueurs ne va jamais disparaître. Tu sais ce que tu peux offrir lorsqu’il y a de la pression. C’est ce que j’ai réalisé après avoir gagné la Coupe Calder (avec Portland en 1994), et j’ai pu m’en servir lors de notre parcours en 1998. Je savais ce que c’était. Tu sais ce que ça représente de faire un gros arrêt ou de marquer un gros but. Tu ne croules pas sous la pression, et ça va se propager au grand club. C’est pourquoi tout le monde veut aller chercher des joueurs qui ont gagné. »


















