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Spencer Knight relance un vieux débat

Est-ce qu'une équipe doit tenter sa chance et repêcher le gardien américain au premier tour, vendredi?

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

VANCOUVER - Spencer Knight a beau être le gardien le plus talentueux et le plus dominant de la cuvée du Repêchage 2019 de la LNH, plusieurs se questionnent encore à savoir si une équipe doit vraiment tenter sa chance de jeter son dévolu sur lui dès la première ronde, vendredi, à Vancouver.

« Tu ne peux pas gagner sans un bon gardien et c'est difficile d'en obtenir un dans une transaction », a fait valoir Knight, un Américain de 18 ans. « Regardez l'importance d'un quart-arrière au football et des lanceurs au baseball. Ces joueurs sont souvent repêchés en première ronde parce que tu en as besoin pour gagner. »

En théorie, c'est vrai. Mais ce n'est pas si simple.

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Les gardiens sont souvent des bibittes à part dans la vie de tous les jours et ce n'est pas différent lorsque vient le temps de parler du repêchage.

Leur développement est souvent plus long, ce qui fait en sorte que le risque de se tromper est plus élevé puisque le travail de projection s'étend sur plus d'années que pour un attaquant ou un défenseur. C'est ce qui refroidit souvent les ardeurs des équipes.

« Le repêchage n'est pas une science exacte, et ce l'est encore moins chez les gardiens », a déclaré le réputé entraîneur des gardiens, François Allaire, en entrevue avec LNH.com. « C'est moins prévisible parce qu'il y a moins de postes disponibles. C'est dur de trouver un des 31 meilleurs gardiens au monde. Le niveau de difficulté est très élevé. »

Et puis, il y a l'histoire récente.

Les trois derniers gardiens à avoir mené leur équipe à la Coupe Stanley - Matt Murray (2012 - 83e au total), Braden Holtby (2008 - 93e au total) et Jordan Binnington (2011 - 87e au total) - ont été sélectionnés lors des troisième et quatrième rondes. En fait, seulement deux des 14 derniers gardiens couronnés sont des choix de premier tour; Cam Ward en 2006 et Marc-André Fleury en 2009.

« C'est plus fréquent de dénicher tardivement un gardien qui va jouer dans la LNH que ce l'est pour un joueur », a pour sa part fait remarquer Martin Biron, un choix de première ronde des Sabres en 1995 (16e au total).

« Si un joueur est repêché plus tard, c'est parce qu'il a des lacunes, mais c'est moins le cas pour les gardiens. Même en cinquième ou en sixième ronde, tu peux toujours trouver des gardiens qui ont de très bonnes possibilités d'atteindre la LNH. »

Ce n'est pas pour rien que la tendance se dirige vers des choix plus tardifs, comme ç'a été le cas l'an dernier quand les 23 gardiens sélectionnés l'ont été entre les rondes 2 à 7. Les deux derniers portiers à avoir trouvé preneur dans le top-20 sont Carey Price (2005 - cinquième au total) et Andrei Vasilevskiy (2012 - 19e au total). Knight pourrait s'ajouter à ce groupe sélect, vendredi.

« Si l'équipe a le sentiment que le gardien peut lui donner une dizaine d'années comme gardien no 1, elle doit prendre le risque parce que ç'a une valeur inestimable », a ajouté Allaire, qui a fait sa renommée en travaillant avec Patrick Roy à ses débuts.

« Les équipes qui ont des problèmes, ce sont celles qui doivent constamment changer de gardiens comme c'est le cas à Philadelphie ou à Edmonton. Si tu crois qu'un gars peut te donner 10 ou 12 ans devant le filet, comme Patrick l'a fait et comme Price et Henrik Lundqvist le font présentement, tu ne peux pas passer à côté. »

Knight a le physique de l'emploi (6 pieds 3 pouces, 193 livres) et a maintenu une fiche de 32-4-1, une moyenne de buts alloués de 2,36 et un taux d'efficacité de ,913 en 39 matchs avec la formation du Programme de développement de l'équipe nationale américaine (USNTDP).

Les équipes doivent maintenant déterminer s'il a ce qu'il faut pour transposer ses succès au plus haut niveau.

Quand faire le saut?

Voilà une autre question importante. Si les attaquants et les défenseurs commencent de plus en plus à jouer dans la LNH dès l'âge de 18 ou 19 ans, il est très rare de voir le même phénomène se produire devant le filet. L'équipe doit habituellement patienter quelques années avant de commencer à voir un retour sur investissement.

Et quand cet investissement est un choix de première ronde, la patience n'est pas le point fort de la majorité des équipes. C'est une autre des nombreuses raisons qui les incitent à passer leur tour sur les cerbères avec un choix aussi important pour l'avenir de l'organisation.

« Il y a moins de gardiens repêchés et ce n'est pas parce qu'ils sont moins bons, c'est parce que les équipes attendent maintenant que le gardien soit plus mature ou qu'il ait joué quelques saisons de plus pour voir de quel bois il se chauffe », a expliqué l'ancien gardien Stéphane Fiset, devenu agent de joueurs.

« Si un gardien est repêché parmi les dix premiers, la pression est vraiment énorme parce que quelques-uns des joueurs repêchés dans le top-10 font directement le saut dans la LNH. À 18 ans, un gardien n'est pas prêt à jouer dans la LNH et en a encore beaucoup à accomplir au niveau de son développement. »

Il est plus courant de voir un gardien faire ses premiers pas dans la LNH quatre ou cinq ans après son année de repêchage, mais il y a bien sûr des exceptions. Price a disputé son premier match avec les Canadiens à l'âge de 20 ans, tout comme l'a fait Carter Hart avec les Flyers, la saison dernière.

« Je n'ai jamais cru à la théorie du développement plus long des gardiens, a conclu Allaire. Si tu es bien entraîné et que tu as les qualités pour y arriver, tu peux le faire rapidement. J'ai travaillé avec Patrick (Roy) à 20 ans et il a gagné à 20 ans. Jean-Sébastien Giguère a commencé à gagner à 21 ans.

« Il y a moyen de faire quelque chose de bon rapidement si on le fait de la bonne façon. »

* Avec la collaboration de Mike G. Morreale, journaliste NHL.com

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