CARBONNEAU BADGE LEPAGE

BOISBRIAND, Qc – « Ne pense pas à ton 50e. »

Ce sage conseil, Justin Carbonneau l’a reçu quand il a atteint le plateau des 40 buts avec 15 matchs à faire à la saison de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Pendant que ses coéquipiers le félicitaient pour cet imposant plateau, le thérapeute Francis Denis s’est assuré qu’il garde les deux pieds sur terre.

« Ça fait 15 ans qu’il est avec l’équipe, il en a vu d’autres, a rigolé l’attaquant de 19 ans. Il m’a rappelé que l’an dernier, quand je suis arrivé à 46 buts, je me suis mis à serrer mon bâton, à ne pas jouer nécessairement de la même manière. Il a en a vu d’autres qui changeaient leur façon de jouer en approchant du plateau.

« Cette conversation m’a permis de réaliser que je m’étais rendu là en jouant de la bonne façon. »

Neuf matchs – et deux tours du chapeau – plus tard, l’espoir des Blues de St. Louis marquait son 50e de la saison et devenait le premier joueur de la Ligue canadienne à y parvenir cet hiver.

Le plus important dans tout ça, c’est qu’il y est arrivé tout en respectant l’objectif principal qu’il s’était fixé en début de saison. Il voulait améliorer son jeu sur 200 pieds et aider son équipe à se hisser dans les hauteurs du classement général de la LHJMQ. Il peut cocher ces cases, et ajouter celle du plateau des 50 buts.

« Ça reste que je suis un marqueur de but, ça, on ne peut pas me l’enlever, a-t-il dit fièrement. Le plateau n’était pas ma priorité, mais ça démontre le type de marqueur que je peux être à ce niveau et aussi au prochain. Ce dont je suis le plus fier, c’est que j’ai marqué ces buts de la bonne façon.

« Dans les dernières années, je ne jouais pas une game complète, et je pouvais m’en sortir. Cette année, je suis revenu du camp des Blues en étant clair sur mes intentions. Je voulais que les entraîneurs et mes coéquipiers me le rappellent. Depuis Noël, j’ai pris un step et j’ai été récompensé avec les buts. »

Son entraîneur Alexandre Jacques n’en est qu’à sa première campagne à la barre de l’Armada, mais il savait exactement les éléments sur lesquels son poulain devait travailler. Il voulait être en mesure d’exploiter ses talents de marqueur d’une façon un peu différente et faire de lui un joueur plus responsable sur 200 pieds.

C’est aussi ce que les Blues voulaient après l’avoir sélectionné au premier tour au repêchage de 2024. Il fallait enrober le talent brut de l’attaquant québécois.

« Justin est un marqueur naturel, c’est certain qu’il a marqué certains de ses buts grâce à son talent brut et à des manœuvres à 1-contre-1, a dit le pilote. On veut qu’il le fasse. Mais je retiens surtout les buts marqués grâce à du temps en zone offensive généré par lui et son trio.

« Ce que j’entendais quand je suis arrivé ici, c’est qu’il marquait plus en contre-attaque et en avantage numérique par le passé. J’ai vu une différence au chapitre de son engagement en échec avant et de sa capacité à garder la rondelle en fond de zone. »

Finir sur une bonne note

Avec deux matchs à faire à la saison régulière, Carbonneau a 51 buts – un de plus que son plus proche poursuivant Maxim Massé – et 80 points au compteur. Il aura somme toute répondu aux attentes. Le prochain défi sera de répondre présent pendant la vraie saison.

Carbonneau participera aux séries éliminatoires pour la quatrième fois avec l’Armada, et l’équipe n’a toujours pas gagné un tour. Cinquième au classement général, elle fait maintenant partie des aspirantes.

« Il a compris que ce n’est pas à lui de tout faire, a amorcé Jacques. En même temps, c’est une belle fenêtre pour lui de démontrer qu’il appartient à l’élite. Il va être surveillé, il va se faire frapper, il va se faire accrocher. Mentalement, ce sera un défi pour lui. »

Un défi que le principal intéressé est fin prêt à relever à ses derniers milles dans la LHJMQ. Avec l’expérience qu’il a acquise, et ce qu’il a accompli en quatre saisons, il veut partir sur une bonne note.

« L’an passé, on voulait gagner, mais on ne savait pas comment, a-t-il conclu. Je nous trouve plus terre-à-terre et plus confiants en notre chemin. On est une équipe mature. On aborde les choses match par match, série par série. Ça ne sert à rien de voir trop loin.

« Quand tu sors de tes années junior, tu ne veux pas juste dire que tu as marqué des buts ou que tu as joué longtemps. Tu veux pouvoir dire que tu as gagné. On veut tous être des gagnants et on va tout donner. »