PELLETIER BADGE LEPAGE

MONTRÉAL – Au moment où il a reçu l’appel qu’il attend toujours avec impatience, Jakob Pelletier a tout de suite su qu’il allait vivre les moments les plus enivrants de sa carrière chez les professionnels.

Rappelé par le Lightning de Tampa Bay, mardi, l’attaquant québécois se retrouve désormais impliqué dans une course sans relâche pour le premier rang de la section Atlantique. Il ne pouvait espérer mieux qu’un affrontement face aux Canadiens de Montréal, des rivaux directs, au Centre Bell, jeudi.

Surtout que les deux équipes pourraient se retrouver dans moins de 10 jours, au premier tour des séries.

« C’est fou, a-t-il lâché dans le vestiaire des visiteurs en matinée. Chaque match est important et je sens que le premier rang est vraiment important pour nous. On ne lève pas le pied, on ne se satisfait pas de finir deuxième ou troisième. Ça fait partie de la culture de l’équipe. »

Le Lightning vient d’échapper deux gros matchs de suite, un contre les Sabres de Buffalo – maintenant premiers dans la section – et un autre face aux Sénateurs d’Ottawa. Les nombreux blessés commencent à peser lourd, et Pelletier fait de son mieux pour tenter d’apporter son grain de sel.

Il a disputé son troisième match de la saison avec le grand club contre Ottawa, et sera de nouveau envoyé dans la mêlée jeudi. À noter qu’Anthony Cirelli sera de retour au jeu.

« C’est sûr qu’il nous manque de gros morceaux qui sont difficiles à remplacer, a-t-il souligné en faisant allusion notamment à Brandon Hagel. Si je joue à ma façon, je pense que je peux donner un très bon coup de main. Je pense que je suis capable de prendre un step de plus et d’amener une touche plus offensive. »

Pelletier l’a fait tout au long de la saison avec le Crunch de Syracuse, dans la Ligue américaine.

Il risque de terminer au premier rang des pointeurs du circuit avec sa récolte de 28 buts et 75 points, des sommets personnels chez les professionnels. Le natif de Québec doit toutefois encore prouver qu’il est en mesure d’avoir un impact offensif dans la grande ligue.

Même s’il a obtenu moins d’occasions de jouer au plus haut niveau cette saison que dans les cinq dernières années – il avait disputé 86 matchs dans la LNH – il voit tout de même les choses d’un bon œil. Il a l’impression de s’être beaucoup amélioré sous la gouverne de Joël Bouchard, à Syracuse.

« Il met beaucoup l’accent sur les détails, a raconté Pelletier. Il veut qu’on utilise bien notre bâton, qu’on soit toujours sur la rondelle et qu’on finisse nos mises en échec. Ce sont pleins de petites affaires auxquelles on doit penser à chaque entraînement et à chaque match. Je peux voir la différence dans mon jeu. 

« C’est comme ça depuis le premier jour. Encore une fois, ça revient à la culture. À Syracuse, la mentalité est la même. On ne veut pas seulement participer aux séries, on veut se rendre jusqu’au bout. »

Grosse année

C’est peut-être cette formule qui permettra à l’ancien choix de premier tour des Flames de Calgary de s’établir dans la LNH une fois pour toutes. Il ne prend d’ailleurs pas à la légère cette audition de fin de saison, alors que son contrat de trois ans deviendra à un volet l’an prochain.

« En signant avec le Lightning, je savais que j’allais probablement passer la majorité de la saison dans la Ligue américaine, a-t-il affirmé. J’ai eu une conversation avec Joël dès que je suis descendu, et ça m’a fait du bien. Il nous pousse et il veut vraiment aider ses joueurs à jouer dans la LNH. »

Cette chance ne lui sera pas donnée, surtout pas à Tampa. On parle quand même d’une équipe qui fait partie de l’élite de la Ligue depuis plus d’une décennie. Il n’a toutefois pas perdu espoir.

« Je sais que c’est une formation qui est difficile à percer, a-t-il conclu. J’ai encore confiance en moi. Je sais que je suis un gars qui peut jouer à ce niveau. »