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RALEIGH, Caroline du Nord – Quand Frederik Andersen était jeune au Danemark, le gardien des Hurricanes de la Caroline a vu une vidéo de Marty Turco des Stars de Dallas qui a changé la manière dont il a joué.

« C’était une vidéo de trois minutes de lui en train de manier la rondelle, a expliqué Andersen. Il sortait de son filet un peu partout pour jouer le disque. Dans le coin, aux traits hachurés. Il touchait à la rondelle plus souvent que la majorité de ses défenseurs.

« C’était impressionnant. »

Comme d’autres gardiens, Andersen a adopté la « prise Turco » en tournant sa mitaine sur le manche de son bâton, ce qui procure plus de contrôle et permet d’effectuer des passes plus précises sur le côté fort et le revers. Cette décision l’a aidé à faire du contrôle de la rondelle l’une des meilleures facettes de son jeu, et peut-être la plus sous-estimée.

Si Andersen affiche des statistiques hallucinantes (fiche de 8-0, meneur de la LNH avec une moyenne de buts alloués de 1,12 et un pourcentage d’arrêts de ,950) pour aider la Caroline à balayer ses adversaires au cours des deux premières rondes des séries éliminatoires de la Coupe Stanley, son maniement de rondelle passe peut-être un peu sous silence. Il faudra toutefois que les Canadiens de Montréal ou les Sabres de Buffalo, peu importe laquelle de ces équipes affrontera les Hurricanes dans le match no 1 de la finale de l’Association de l’Est au Lenovo Center jeudi, en soient conscients parce que cette aptitude cadre très bien dans la manière de jouer de son équipe.

« Sa capacité à manier la rondelle est une incroyable qualité, surtout pour une équipe qui possède la vitesse de la Caroline, a indiqué l’analyste d’ESPN et ancien gardien de la LNH Kevin Weekes. Il aide son équipe à sortir de sa zone plus rapidement et ses coéquipiers peuvent donc attaquer plus rapidement. Ils forcent leurs adversaires à jouer à un rythme et un tempo qui peut les rendre mal à l’aise, et il est plus facile de le faire quand ils sortent rapidement de leur territoire défensif. Andersen les aide vraiment beaucoup à ce chapitre. »

Les Sénateurs d’Ottawa et les Flyers de Philadelphie l’ont appris à leurs dépens au cours des deux premières rondes des séries.

CAR@PHI: Andersen ferme la porte à Hathaway

La Caroline exerce une pression constante grâce à son échec avant et sa possession de rondelle qui lui permet de passer de longues présences en zone offensive. Lorsque ses adversaires parviennent finalement à sortir le disque de leur zone et tentent d’exercer à leur tour de l’échec avant, ces efforts sont souvent contrecarrés par le maniement de rondelle d’Andersen et la mobilité des défenseurs des Hurricanes, qui parviennent à sortir eux-mêmes le disque de leur zone, ou de le faire en effectuant une passe.

Par conséquent, les Hurricanes ont accordé en moyenne 25,1 tirs par match au cours des deux premières rondes, le deuxième plus faible total parmi toutes les équipes en séries derrière le Lightning de Tampa Bay (22,3), qui a été éliminé en sept matchs par les Canadiens au premier tour. Malgré deux matchs qui se sont terminés en prolongation, Philadelphie n’a tiré que 22,8 fois en moyenne par match, et a obtenu une moyenne de 34 tentatives de tirs au cours des quatre rencontres face à la Caroline.

« Lorsque nous affrontons des équipes qui misent sur des gardiens qui manient bien la rondelle, c’est difficile pour nous aussi d’imposer notre échec avant, a souligné le défenseur des Hurricanes Shayne Gostisbehere. Freddie est très sous-estimé de ce côté. Plus vite nous pouvons sortir le disque de notre zone et l’envoyer dans la leur, plus le stress est sur leurs épaules. Ça va en phase avec ce que nous tentons de faire. »

Les équipes placent encore plus l’accent sur cette facette du jeu en séries en réalisant des jeux simples comme de rejeter le disque en fond de territoire et de tenter de le récupérer derrière la ligne des buts. Cette tendance rend encore plus précieuse la capacité d’Andersen à stopper net ces tentatives en interceptant la rondelle dans le trapèze derrière le filet, ou encore avant qu’elle n’atteigne les coins de la patinoire, avant d’amorcer la relance en remettant à un de ses coéquipiers.

« Aujourd’hui, tout le monde exerce de l’échec avant, a soumis l’entraîneur des Hurricanes Rod Brind’Amour. Tout le monde envoie le disque profondément, plus que jamais auparavant. Ça fait donc partie intégrante de la stratégie. Si vous pouvez contrôler la rondelle partout sur la glace, c’est important.

« Il s’agit de l’une de ses forces, alors ça nous aide assurément. »

Andersen n’est toutefois pas du genre à sortir de son filet à outrance, même dans des situations où la situation ne s’y prêtait pas. Il admet adopter la philosophie « un peu moins, c’est un peu plus », comme le faisait Carey Price, l’ancien gardien des Canadiens qu’il admirait aussi quand il était plus jeune.

« Il est possible de se placer dans de très mauvaises situations lorsque vous forcez des jeux de la sorte, et ça peut causer des maux de tête à votre défensive qui doit vous venir en aide, a avancé Andersen. Alors quand c’est logique de le faire, je tente évidemment de les aider. Ensuite, s’il s’agit d’une rondelle qui longe lentement la rampe, et qu’on ne sait pas nécessairement si elle va se rendre jusqu’au trapèze derrière le but, vous pouvez créer de la confusion si vous vous tenez debout près du coin à attendre, alors il vaut probablement mieux laisser les défenseurs s’en charger. »

À l’instar de Price, Andersen utilise un manche de bâton plus court, ce qui lui procure plus de contrôle.

« Ça ne me permet peut-être pas de tirer aussi haut et aussi loin que d’autres gardiens, mais je voulais surtout être capable de récupérer le disque le long de la rampe et de l’envoyer là où je veux par la suite. Je veux être plus agile plutôt que de réaliser de longues passes, qui sont plus spectaculaires, a raisonné Andersen. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est d’être en mesure d’aider mes défenseurs en réalisant des passes de 15 pieds en plein centre, des petites passes pour déjouer nos adversaires, des choses comme ça. »

Andersen pense que cette approche lui permet d’être « une bonne personne pour mes défenseurs » et il tente de leur rendre la pareille pour tout le travail acharné qu’ils accomplissent devant lui.

Andersen n’est pas au même niveau que Martin Brodeur, qui était considéré, en compagnie de Turco et de Ron Hextall, comme les meilleurs manieurs de rondelles de l’histoire de la LNH parmi les gardiens. Weekes affirme cependant que le maniement de rondelle d’Andersen complète le système des Hurricanes de manière semblable à Brodeur avec les Devils, qui frustraient eux aussi leurs adversaires avec leur structure.

« Je l’ai vu de près », a indiqué Weekes, qui a été le coéquipier de Brodeur pendant deux saisons (2007 à 2009). « Il s’agit d’un mariage parfait entre les "Canes" et Freddie. »