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À l'intérieur de la machine à développer des prodiges de USA Hockey

LNH.com offre un aperçu des coulisses du Programme de développement de l'équipe nationale américaine, qui pourrait marquer l'histoire au repêchage avec des joueurs comme Jack Hughes

par Mike G. Morreale @mikemorrealeNHL / Journaliste LNH.com

Reculé dans sa chaise, John Wroblewski analyse avec minutie des vidéos de joueurs de la LNH. Quelques minutes plus tard, il allait montrer ces mêmes séquences aux attaquants Jack Hughes et Cole Caufield.

De telles rencontres avec les joueurs ont été la norme cette saison pour l'entraîneur de l'équipe des moins de 18 ans du Programme de développement de l'équipe nationale américaine (USNTDP), tout comme les réunions avant les entraînements, les rencontres d'équipe, les séances d'entraînement et la surveillance hors-glace.

Wroblewski devait maintenir un horaire aussi chargé pour répondre aux standards élevés établis par le programme de résidence de deux ans pour les meilleurs joueurs de 16 et 17 ans des États-Unis. Le USNTDP, qui inclut également l'équipe nationale des moins de 17 ans, est un terreau fertile pour le développement de joueurs de hockey américains depuis sa création avant la saison 1997-98.

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Hughes, un joueur de centre vu comme le potentiel premier choix au total, et Caufield, un ailier droit, sont deux des 19 joueurs de l'équipe des moins de 18 ans qui figurent sur la liste finale des patineurs et gardiens nord-américains du Bureau central de dépistage de la LNH en vue du repêchage 2019 de la LNH. Ils sont entrés dans le bureau de l'entraîneur et ont pris place, alors que Wroblewski a commencé à faire jouer des séquences des attaquants des Blackhawks de Chicago Patrick Kane et Alex DeBrincat, du centre des Islanders de New York Mathew Barzal et de l'ailier gauche des Flames de Calgary Johnny Gaudreau. Il contrôlait le tout depuis son clavier relié à une télévision à écran plat de 45 pouces située à 10 pieds de son bureau.

« Cole, regarde la manière dont DeBrincat termine son échec-avant, a-t-il indiqué. Jack, regarde comment Gaudreau fait preuve de vitesse avant de demeurer près du poteau extérieur pour compléter facilement un jeu. On ne peut pas négliger ces petits détails. »

La rencontre a duré 10 minutes.

« Il ouvre nos esprits pour nous aider à trouver d'autres endroits où nous pouvons marquer et à créer plus de choses offensivement », a noté Hughes.

Wroblewski l'a expliqué d'une autre façon : « J'essaie juste de les aider à atteindre un autre niveau, car ils ont déjà un talent exceptionnel. »

Wroblewski a fait ça souvent cette saison. L'actuelle formation des moins de 18 ans est peut-être celle avec le plus de talent et de profondeur au cours des 22 ans d'histoire du Programme.

Hughes (5 pieds 10 pouces, 171 livres) sera probablement le cinquième joueur du USNTDP choisi au premier rang total du repêchage. Il est l'un de plusieurs à quitter le Programme avec de grandes attentes, mais le joueur de 18 ans pourrait être le premier joueur du USNTDP à passer directement du repêchage à LNH.

Dix-sept joueurs du Programme ont participé à la Séance d'évaluation 2019 de la LNH (Combine) à Buffalo plus tôt durant le mois, un record, et sept d'entre eux figurent parmi le top-31 sur la liste finale des patineurs et gardiens nord-américains du Bureau central en vue du repêchage, qui aura lieu au Rogers Arena de Vancouver vendredi (20 h HE, TVAS, NBCSN, SN). Les rondes 2 à 7 se tiendront samedi (13 h HE, NHLN, SN).

Jamais plus de trois joueurs ont été sélectionnés directement du USNTDP en première ronde, mais tout indique que c'est sur le point de changer. Mais il y a plus encore : jamais plus de quatre joueurs nés aux États-Unis ont été sélectionnés dans le top-10 du repêchage, mais on pourrait voir jusqu'à cinq joueurs du USNTDP entendre leur nom être appelé aussi tôt cette année.

LNH.com s'est rendu dans les quartiers du USNTDP à Plymouth, au Michigan, au mois de mars pour jeter un œil dans les coulisses du Programme et pour comprendre pourquoi ce groupe de joueurs est en voie de marquer l'histoire.

Des exploits individuels et collectifs

Il reste à savoir si la cuvée de joueurs nés en 2001, qui a été assemblée pour la première fois en mars 2017 au camp de sélection du USNTDP à Plymouth, sera considérée comme celle ayant connu le plus de succès.

Le USNTDP affronte des équipes de la Ligue de hockey des États-Unis (USHL, joueurs âgés entre 16 et 20 ans) et des adversaires provenant des divisions 1 et 3 de la NCAA, en plus de participer à trois tournois internationaux chaque année.

L'édition des moins de 18 ans de cette année, qui a d'abord été réunie en mars 2017 en tant que formation des moins de 17 ans, a remporté quatre des six compétitions internationales depuis octobre 2017 et a conservé un dossier de 29-2-1 sur la scène internationale, ce qui inclut une série de 18 victoires. Ils ont maintenu une fiche de 14-0 à l'international en 2017-18 et de 15-2-1 cette saison, qui s'est conclue avec une troisième place au Championnat du monde des moins de 18 ans 2019 de la FIHG.

« Les gens semblent oublier qu'évoluer pour le USNTDP signifie se soumettre à l'horaire le plus chargé au hockey mineur », a déclaré Jim Hughes, le père de Jack. « Tu affrontes des universités de division 1, et tu as un horaire difficile face aux formations de la USHL et des adversaires de trois à quatre ans plus âgés. Puis, le calendrier de rencontres sur la scène internationale est un défi jusqu'à la présentation du Championnat du monde des moins de 18 ans.

« Ça fait énormément de voyages, et j'attribue beaucoup de mérite à ces jeunes. Ils ont fait un travail extraordinaire à Plymouth et tous ces joueurs ont été mis à l'épreuve jusqu'ici. Je pense qu'ils sont tous sur la bonne voie pour relever un nouveau défi. »

Ce prochain défi, ce sont les rangs universitaires, juniors ou, dans certains cas, la LNH, ce qui ne devrait pas être trop surprenant. Le Programme a formé certains des meilleurs joueurs nés aux États-Unis évoluant actuellement dans la Ligue, comme Kane, le centre des Red Wings de Detroit Dylan Larkin et les défenseurs des Blue Jackets de Columbus Seth Jones et Zach Werenski. Quatre-vingt-cinq anciens joueurs du USNTDP ont évolué dans la LNH cette saison.

Il y a 17 joueurs du USNTDP qui se retrouvent sur la liste finale des patineurs nord-américains du Bureau central, et deux gardiens qui sont parmi le top-5 sur la liste des gardiens nord-américains. L'équipe de Sioux Falls, dans la USHL, a six joueurs qui figurent sur les listes du Bureau central. C'est la formation qui se rapproche le plus du USNTDP pour le nombre de joueurs apparaissant sur la liste de 217 hockeyeurs.

La médaille de bronze au 21e Championnat du monde des moins de 18 ans cette année était la 16e édition consécutive où les États-Unis obtenaient une médaille, la plus longue séquence du genre parmi tous les pays, et de loin (la Russie l'a fait à cinq reprises de 2000 à 2004, remportant l'or deux fois, terminant au deuxième rang deux fois et en troisième place à une reprise). La séquence des États-Unis inclut neuf championnats, quatre médailles d'argent et trois médailles de bronze. Le Championnat du monde des moins de 18 ans s'est tenu pour la première fois en 1999.

Les joueurs du groupe actuel ont également connu plusieurs succès individuels en deux ans au USNTDP:

* Hughes, classé au premier rang sur la liste finale des patineurs nord-américains du Bureau central, a obtenu 20 points (neuf buts, 11 passes) en tant que capitaine pour mener les marqueurs au Championnat du monde des moins de 18 ans et établir le record pour le plus haut total de points combiné avec 32 (14 buts, 18 aides) en 14 rencontres en 2018 et 2019. L'attaquant des Capitals de Washington Alex Ovechkin détenait le record précédent de 31 points (23 buts, huit mentions d'aide) en 14 parties avec la Russie en 2002 et 2003. Hughes est le détenteur du record du USNTDP en carrière pour les passes (154) et les points (228), ayant joué 110 parties. On s'attend à ce qu'il évolue dans la LNH la saison prochaine.

* Caufield, classé au huitième rang sur la liste finale, a été le meneur des États-Unis avec 14 buts au Mondial des moins de 18 ans, égalant le record d'Ovechkin en un seul tournoi établi en 2002. L'ailier droit a obtenu 100 points en 64 rencontres (1,56 par match) avec le USNTDP cette saison, établissant un record en une saison avec 72 points et devenant le meilleur buteur de tous les temps avec 126 filets en 123 parties. Il a dépassé l'attaquant Phil Kessel (104 buts en 117 rencontres, 2003 à 2005), maintenant avec les Penguins de Pittsburgh, pour devenir le meneur du USNTDP. Caufield se joindra à l'université du Wisconsin en 2019-20.

* Le centre Trevor Zegras (6-0, 173), classé au sixième rang sur la liste finale du Bureau central, a été le troisième meilleur marqueur du Programme avec 87 points (26 buts, 61 passes) en 60 matchs et il vient au quatrième rang de l'histoire du USNTDP avec 100 aides. Zegras s'est engagé avec l'université de Boston en 2019-20.

* Le gardien Spencer Knight (6-3, 193), classé au premier rang sur la liste finale des gardiens nord-américains du Bureau central, a terminé avec une fiche de 32-4-1, une moyenne de buts alloués de 2,36, un pourcentage d'arrêts de ,913 et deux jeux blancs en 39 rencontres cette saison, égalant l'espoir des Canucks de Vancouver Thatcher Demko (2012-13) pour le plus de victoires avec le Programme en une saison. Il a établi le record du USNTDP pour les victoires en carrière avec 59 gains en 78 parties. Knight évoluera avec Boston College en 2019-20.

* Le défenseur Cameron York (5-11, 172), classé au 12e rang sur la liste finale du Bureau central, a mené tous les défenseurs au Championnat du monde des moins de 18 ans avec 11 points (quatre buts, sept passes) en sept matchs. Il a établi le record pour le plus de points (103) par un défenseur en deux saisons (122 rencontres) avec le Programme, et il vient au 10e rang de l'histoire du USNTDP avec 81 mentions d'aide. York jouera avec l'Université du Michigan en 2019-20.

* L'ailier gauche Matthew Boldy (6-2, 196), classé au neuvième rang sur la liste finale du Bureau central, a pris le quatrième rang du Programme avec 81 points (33 filets, 48 aides) en 64 rencontres et il est au cinquième rang de l'histoire du USNTDP avec 95 mentions d'aide. Boldy s'est engagé avec Boston College en 2019-20.

* Le centre Alex Turcotte (5-11, 186), classé au quatrième rang sur la liste finale du Bureau central, a obtenu 62 points (27 buts, 35 passes) en 37 rencontres, ratant 22 parties en raison d'une blessure au bas du corps. Il a pris le deuxième rang de l'équipe avec une moyenne de 1,68 point par match. Turcotte s'est engagé avec l'Université du Wisconsin en 2019-20.

D'autres joueurs ont joué des rôles clés et figurent sur les listes finales du Bureau central : les défenseurs Alex Vlasic (38e), Henry Thrun (39e), Drew Helleson (46e), Marshall Warren (61e), Domenick Fensore (68e) et Case McCarthy (77e); les attaquants John Beecher (49e), Judd Caulfield (67e), Patrick Moynihan (73e), Owen Lindmark (93e) et Michael Gildon (110e); ainsi que le gardien Cameron Rowe (4e).

« C'est un groupe de joueurs dominants, et c'est exceptionnel de voir à quel point ils s'entendent aussi bien, a affirmé Wroblewski. La jalousie n'entre jamais en ligne de compte. C'est incroyable de les voir s'entraîner et de voir de quelle façon ils se comportent chaque jour. Ils essaient d'être meilleurs que la journée d'avant. Ils sont tous des individus uniques. »

Programmé pour avoir du succès

Le succès du Programme ne surprend pas les anciens qui sont aujourd'hui des vétérans de la LNH.
Le défenseur des Penguins de Pittsburgh Jack Johnson, qui a récemment complété sa 13e saison dans la LNH, a joué avec le USNTDP de 2003 à 2005. Il a comparé le Programme à un camp militaire de deux ans, mais d'une manière positive.

« Tout le monde là-bas a énormément de talent, mais on n'essaie pas de te pousser à devenir un type de joueur en particulier, a expliqué Johnson. Ils veulent faire de toi un meilleur athlète afin que ça se transpose sur la glace. »

C'est ce que l'ancien vice-président de USA Hockey Ron DeGregorio avait comme vision quand il a commencé à réfléchir au USNTDP au milieu des années 90. Il était agacé par le fait que les États-Unis n'avaient pas gagné de tournoi sur la scène internationale, mis à part les Jeux olympiques, depuis 1933.

Ç'a mené à une discussion sur le développement d'un programme qui aiderait les adolescents américains sur la glace et à l'extérieur afin qu'ils deviennent d'importants contributeurs aux succès du pays. Les opposants au projet avaient peur que les recrues ou joueurs actuels quittent leur programme, mais également qu'il coûte trop cher d'opérer un tel système de développement.

« Nous avons déterminé qu'il fallait le faire et que de meilleures performances donneraient de meilleurs résultats lors des tournois majeurs », a mentionné Dave Ogran, qui était alors directeur général de USA Hockey. « Ça allait également nous permettre d'attirer plus facilement des commanditaires et nous aider à produire plus de joueurs de premier plan qui pourraient devenir de grands contributeurs sur la scène internationale et qui seraient sélectionnés tôt au repêchage de la LNH. »

Le coût d'opération du USNTDP au cours de sa première saison d'existence (1997-98) a été de 2,5 millions $, selon USA Hockey. Le coût d'opération en 2018-19 a été d'un peu plus de 4 millions $. La LNH accorde une bourse à USA Hockey chaque année pour contribuer au financement du USNTDP et à d'autres initiatives comme le hockey universitaire, le développement des arbitres et des membres de USA Hockey ainsi que le développement du modèle de hockey américain.

« Il y a eu une époque où les entraîneurs se plaignaient que le USNTDP volait leurs meilleurs joueurs », a raconté Scott Monaghan, directeur senior des opérations du USNTDP et de l'aréna USA Hockey, et la seule personne encore avec le USNTDP depuis sa création. « Maintenant, nous sommes à un point où les programmes de hockey pour les jeunes font la promotion du USNTDP, et ça fait une énorme différence. Nous devons continuer à faire les choses de la bonne façon et à être à l'avant-garde. »

Wroblewski l'a fait. Il a joué au sein du Programme pendant deux saisons (1997 à 1999), a été stagiaire adjoint (2007-08) et assistant à temps plein (2008 à 2010) et il est l'entraîneur-chef du groupe de joueurs nés en 2001 depuis deux saisons (les entraîneurs du USNTDP dirigent le même groupe de joueurs avec les moins de 17 ans et les moins de 18 ans avant d'effectuer une rotation).

L'homme de 37 ans a affirmé que les valeurs fondamentales du Programme, instaurées par les architectes à la base du USNTDP - l'entraîneur et le directeur senior Jeff Jackson ainsi que le directeur du personnel des joueurs Bob Mancini - sont demeurées intactes. Mais il y a une différence de philosophie.

« Si vous regardez l'acronyme (USNTDP), a fait remarquer Wroblewski. Je pense qu'au départ, l'accent était mis sur le développement d'équipes nationales alors que maintenant, je pense que nous développons plutôt des joueurs. »

Il se rappelle à quel point les séances vidéo mettaient l'accent sur le concept d'équipe pour montrer comment garder la rondelle hors du filet et revoir les systèmes d'échec-avant.

« Les séances d'aujourd'hui sont pertinentes pour le développement d'habiletés offensives comme la manière de se positionner pour un tir sur réception ou pour que l'équipe soit prévisible en relance, histoire qu'un joueur comme Zegras soit capable d'effectuer une passe à l'aveuglette, a expliqué Wroblewski. La qualité des vidéos et les programmes de montage sophistiqués permettent d'être beaucoup plus créatif pour enseigner quelque chose et pour perfectionner le développement individuel. »

Wroblewski veut que ses joueurs prospèrent en utilisant leur vitesse et en faisant preuve de créativité. Ça peut sembler simple, mais il y a une méthodologie élaborée à suivre pour tenir un entraînement de la bonne façon.

« Pour moi, l'idéal est de faire des exercices où l'on reproduit des situations de matchs, a-t-il dit. Durant ces exercices, il y a presque toujours un groupe avec un joueur en plus. L'équipe avec plus de joueurs peut plus facilement travailler sur différents jeux et lignes de passes. L'équipe avec moins de joueurs est face à une situation difficile qui leur en demande plus. Tous les exercices testent l'intelligence de nos joueurs. Je crois fortement que si tu incites un joueur à s'entraîner de façon intelligente, il parviendra à élever son jeu d'un cran.

« Si tu ne crois pas en la capacité d'un joueur à développer son intelligence au jeu, tu auras un joueur aux aptitudes limitées avec peu de potentiel de développement. »

De longues journées pour les jeunes

Les joueurs réalisent que s'engager avec le Programme représente beaucoup plus que seulement travailler fort sur la glace. Il y a également l'école et un programme strict d'entraînement en gymnase.

Avant de déménager au USA Hockey Arena de Plymouth, le 1er avril 2015, le USNTDP était basé à une trentaine de kilomètres de là, à Ann Arbor pendant 19 saisons. Les joueurs allaient à l'école secondaire Pioneer ou à l'école secondaire Huron. Aujourd'hui, les membres du USNTDP vont dans l'une des trois écoles : Plymouth, Northville ou Novi.

Les joueurs vont à l'école de la communauté où se trouve leur pension, et l'objectif est de séparer les joueurs des équipes des moins de 17 ans et des moins de 18 ans à parts égales au sein des trois districts.

Pendant 15 saisons, la directrice du service du sport-études Lisa Vollmers a été responsable des inscriptions des joueurs du USNTDP, supervisant les résultats académiques et les présences en classe ainsi que l'hébergement des joueurs en pension. Les attentes académiques sont beaucoup plus élevées que la cote scolaire (GPA) moyenne de 2,3.

D'un point de vue académique, le groupe à battre est celui de 2011 à 2013 (joueurs nés en 1995), qui a terminé avec une GPA sur deux ans de 3,61.

« C'est difficile quand tu essaies de partager ton temps avec l'école, les devoirs et les examens », a affirmé Jones, qui a fait partie du USNTDP de 2010 à 2012. « À l'aréna, l'accent est mis sur le hockey et sur la prise de masse musculaire en gymnase. Je suis entré là et je faisais 6 pieds 1 pouce 180 livres et j'en suis ressorti à 6 pieds 3 pouces et 205 livres après deux ans.

« Le Programme t'aide également à apprendre comment surmonter le stress. »

Vollmers a indiqué que le couvre-feu est à 21 h les soirs d'école et à 22 h la fin de semaine, à moins que ce soit le soir d'un match. Dans un tel cas, le couvre-feu est à 23 h 30. Les entraîneurs à l'interne s'assurent que les joueurs respectent les règles en effectuant quelques appels de vérification durant la saison.

L'horaire typique d'un joueur du USNTDP lors d'une journée sans match ressemble à ceci :

  • 7 h 30 à 11 h 45 : Cours à l'école
  • 11 h 50 à 12 h 15 : Rencontres individuelles avec l'entraîneur
  • 12 h 15 à 12 h 40 : Diner au USA Hockey Arena
  • 12 h 45 à 12 h 55 : Rencontres d'équipe
  • 13 h : Entraînement en gymnase
  • 14 h à 16 h : Entraînement sur glace
  • 16 h 15 à 17 h : Période d'étude obligatoire avec le directeur de l'éducation
  • 17 h à 18 h : Entrevues ou rencontres avec des dépisteurs de la LNH

« J'avais environ 15 ans quand je suis allé là-bas », a raconté Kane, qui a joué avec le USNTDP de 2004 à 2006. « Tu vas à l'école, puis à l'aréna pour un entraînement de deux heures et tu te rends ensuite en gymnase pendant une heure et demie. Tu termines ta journée à 18 h 30. Ça fait de longues journées pour des jeunes, mais après un bout de temps, tu développes ta masse musculaire. »

L'entraînement en gymnase des joueurs du USNTDP se tient dans des installations d'une superficie de 9800 pieds carrés à la fine pointe de la technologie au USA Hockey Arena. L'entraîneur de conditionnement physique Darryl Nelson a utilisé l'endroit comme salle de classe pendant 19 saisons avant de prendre sa retraite à la fin de la saison.

« Les programmes de conditionnement physique se concentrent sur deux aspects : la réduction du risque de blessures et l'augmentation de la vitesse, a expliqué Nelson. Nos échauffements impliquent des rouleaux en mousse, des étirements et des exercices visant à réduire le risque de blessures tout en leur permettant de changer la position assise dans laquelle ils sont toute la journée à l'école. Ça leur permet de se préparer à travailler. »

Nelson a indiqué qu'un bon entraînement lors des journées de congé peut être complété en 40 minutes. Mais Knight n'a jamais été pressé de compléter ses exercices.

« Je ne vais pas au gymnase pour soulever des poids un peu partout et me dire que je suis maintenant 10 fois plus fort », a lancé Knight, qui a terminé dans le top-15 dans huit tests à la Séance d'évaluation de la LNH (Combine). « Je n'essaie pas d'en finir en 30 minutes pour sauter sur la glace le plus vite possible. Tu dois tout faire de la bonne façon, tu ne peux pas tricher. »

Certains joueurs peuvent décider de travailler sur leurs tirs et leurs passes dans l'espace de 1800 pieds carrés installé il y a trois ans. Il est entouré de filets et inclut un but de taille réglementaire.

Les joueurs peuvent également se tourner vers le thérapeute en chef Jason Hodges pour de l'aide durant la saison. Hodges, qui vient de conclure sa 21e saison avec le Programme, a un bureau à côté des vestiaires.

« La salle des thérapeutes devient en quelque sorte un endroit où les joueurs viennent passer du temps, a affirmé Hodges. Nous avons des bottes de récupération et un bassin d'eau froide. Les installations à Ann Arbor étaient 25 pour cent plus petites, donc c'est définitivement une amélioration ici. »

Cet aspect des installations est grandement apprécié par les joueurs, particulièrement après un entraînement difficile.

Appuyer sur les bons boutons

Wroblewski dirige six à dix exercices sur glace lors des journées où il n'y a pas de match. Lors de l'un de ces exercices, le « Speercat Sully », il est debout le long de la bande et utilise son sifflet pour indiquer au joueur de commencer à patiner avec la rondelle en fonçant au filet.

L'exercice, qui consiste à faire patiner les joueurs et à leur faire encaisser des contacts pendant huit minutes sans arrêt, nécessite deux joueurs de chaque équipe en repli défensif contre deux autres joueurs entre les deux buts à 64 pieds de distance. Quand LNH.com a rendu visite au USNTDP en mars, les esprits se sont échauffés au milieu de l'exercice quand Zegras a été mis en échec par McCarthy. Zegras lui a rendu la pareille et une mêlée a ensuite éclaté alors que des coéquipiers sont allés séparer les deux joueurs. La querelle a pris fin et l'entraînement s'est poursuivi.

« Il y a rarement une véritable animosité entre les joueurs, mais c'est ce qui se produit quand les émotions prennent le dessus, a fait remarquer Wroblewski. Il y a tellement de respect mutuel dans ce vestiaire que personne ne va faire quelque chose pour embêter un autre joueur de l'équipe. »

Les entraînements sont un bon exemple du niveau de compétition des joueurs et de leurs efforts pour tenter d'obtenir un avantage.

« Personne ne s'entraîne plus fort que nous au USNTDP, a avancé Hughes. Tu te bats pour une place dans la formation chaque jour. Tu essaies de monter au sein de la formation, d'obtenir du temps de jeu en désavantage numérique et sur le jeu de puissance. Nous sommes de bons amis hors de glace, mais sur la glace… disons que c'est très compétitif. »

Wroblewski a mentionné que Hughes est le joueur le plus travaillant qu'il ait jamais vu. L'entraîneur se rappelle très bien la première fois où il a dû établir les limites de sa relation avec le jeune attaquant.

« Je l'ai rencontré quand il avait 15 ans, s'est remémoré Wroblewski. À ce moment-là, j'avais déjà établi une relation avec ses parents, Jim et Ellen Hughes, et son frère Quinn (Canucks de Vancouver) connaissait beaucoup de succès. Je suis certain que quand il était à la maison, il m'appelait Wrobo avec le reste de la famille. Les parents m'appellent tous Wrobo.

« Quand Jack a décidé de jouer le USNTDP, je me rappelle qu'il s'est avancé vers moi et m'a dit "Salut Wrobo, comment ça va?" Je lui ai immédiatement répliqué : "Jack, je suis ton entraîneur, pas ton ami." Et je suis reparti. Il ne m'a plus jamais appelé Wrobo par la suite. »

La relation joueur-entraîneur entre les deux est des plus respectueuses, et c'est l'une des raisons pour lesquelles Hughes a décidé de demeurer avec le USNTDP durant deux saisons.

Wroblewski tente de rencontrer un joueur en solo lors des journées de pratique et il s'assoit souvent avec ses adjoints Dan Hinote et Kevin Lind afin de faire un retour sur les entraînements et sur les plans de match. Lind s'occuppe du jeu de puissance alors qu'Hinote se charge du désavantage numérique. Wroblewski a l'habitude d'organiser une rencontre avec les joueurs tôt dans l'après-midi dans une salle qui a les allures d'un théâtre.

L'endroit, qui peut accueillir 55 personnes, a un écran géant que Wroblewski et ses adjoints utilisent pour communiquer leurs directives aux joueurs après un entraînement ou avant un match. Lors du passage de LNH.com, le pilote analysait une vidéo des Bruins de Boston avec comme but de convaincre ses joueurs d'adopter de bonnes habitudes. 

« Aller au filet, c'est la thématique du jour, les gars… mais il y a différentes façons de le faire en étant versatile, a-t-il expliqué. Les Bruins ne seraient pas une des meilleures équipes de la LNH sans cette versatilité. »

Les protégés de Wroblewski expliquent qu'il fait attention à tous les détails et qu'il sait appuyer sur les bons boutons pour obtenir le meilleur d'eux. C'est la formule qui leur a permis d'obtenir du succès cette saison et ça pourrait l'être à nouveau dans le futur.

« Coach Wrobo est vraiment le meilleur, a souligné Zegras. Pendant deux ans, c'est comme s'il m'avait pris sous son aile. J'ai tellement eu de sessions vidéo avec lui et c'est vraiment une tête de hockey. Il prend toujours du temps dans sa journée pour nous aider, et son énergie lors des pratiques est contagieuse. »

Un futur prometteur

Le Programme a jusqu'à présent produit 72 choix de première ronde de la LNH, dont quatre ont été choisis au premier rang : Rick DiPietro (Islanders de New York, 2000), Erik Johnson (Blues de St. Louis, 2006), Patrick Kane (Blackhawks de Chicago, 2007) et Auston Matthews (Maple Leafs de Toronto, 2016).

« Ce que le Programme a fait, on le constate en voyant à quel point l'équipe nationale a eu du succès, surtout en comparant avec la progression par rapport à où on en était, ça en dit long sur la qualité du Programme », a opiné DiPietro (1997-1998), qui était considéré comme la première recrue d'importance de Jackson.

Les États-Unis avaient terminé troisièmes seulement deux fois au Championnat du monde de hockey junior de la FIHG lors des 20 tournois auxquels le pays a participé avant la création du USNTDP. Depuis les Américains ont remporté l'or trois fois, en plus de terminer deuxième une fois et sur la dernière marche du podium à trois occasions lors des 10 dernières éditions du tournoi. Ils ont aussi terminé dans le top-3 lors des quatre derniers Championnats.

Depuis 1998-1999, 310 des 573 joueurs (54,1 pour cent) qui ont porté les couleurs du Programme ont été repêchés dans la LNH. La récolte de 2016 a été la meilleure avec neuf joueurs reliés au Programme ont été choisis par des équipes de la LNH, dont Matthews au premier échelon.

Est-ce qu'on reverra un jour autant de joueurs sur le radar des équipes de la LNH dans la même équipe comme ce fut le cas cette saison?

« Cette équipe des moins de 18 ans, c'est une équipe qu'on ne voit qu'une fois dans une génération », a dit l'ancien directeur général de la LNH Craig Button, qui est maintenant le directeur du recrutement et analyste de la LNH pour TSN. « Je n'ai jamais vu autant de qualité… il pourrait y avoir cinq joueurs repêchés dans le top-10. C'est du jamais vu. »

Bien qu'il soit d'accord avec Button, Wroblewski estime que la situation pourrait se reproduire, puisque le programme ne cesse d'évoluer.

« C'est une anomalie jusqu'à ce qu'on réussisse à le faire à nouveau. On doit continuer à pousser, à s'améliorer, et je sens qu'on a faim plus que jamais au USNTDP. Nous avons ajouté un département de science sportive cette année. De mon côté, j'analyse chaque chance de marquer, chaque but, afin de trouver des manières de faire qui feront la différence, mais aussi pour créer de nouveaux exercices. Je n'avais jamais fait ça dans le passé. »

Le groupe de joueurs nés en 2002 ne semble pas avoir un aussi bon potentiel en matière de choix de première ronde, mais celui qui les dirige, Seth Appert, a indiqué qu'il ne serait pas surpris que jusqu'à six défenseurs soient choisis dans les trois premières rondes du repêchage de 2020.

« On aura plus de joueurs sélectionnés entre les rangs 10 à 30, alors que cette année, c'est davantage entre le premier et 15e rang. C'est un cycle », a souligné Appert.

Par la suite, ce sera au tour du groupe des joueurs nés en 2003, qui sera dirigé par Wroblewski dès le début de la prochaine saison. On retrouve dans ce groupe des moins de 17 ans le défenseur Luke Hughes. Oui, le frère des deux autres, Jack et Quinn Hughes, qui pourrait être repêché en 2021. 

« Luke ressemble exactement à ce que je m'attendais (au camp d'essai en mars), a raconté Wroblewski. Il y a des moments où il tentait d'en faire trop et il ne paraissait pas bien, mais il y avait d'autres moments où il était brillant. On va travailler là-dessus. »

Après tout, c'est ce qu'on s'attend de la part d'un entraîneur envers ses joueurs au USNTDP.

« Ce sont deux années intenses pour les joueurs du Programme, a indiqué Pat Kelleher, le directeur général de USA Hockey. Mais c'est fait pour ça. Notre but est de développer des joueurs qui vont avoir du succès à l'université, au niveau international et au niveau professionnel.

« Notre cuvée de cette année seront l'une de nos meilleurs, et ils ont commencé en jouant au hockey mineur environ au même moment que nous avons lancé notre modèle de développement par âge au hockey mineur [ADM]. Le USNTDP et l'ADM ont eu un impact extrêmement positif sur le hockey dans notre pays et nous avons hâte de continuer à développer des joueurs d'un calibre mondial grâce à ces programmes. »

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