S’il désire poursuivre ses démarches dans l’aspect numérologique, le choix de cinquième tour (132e au total) pourra se tourner vers deux légendes des Bruins, Patrice Bergeron et Raymond Bourque.
Depuis le repêchage de 2022 au Centre Bell à Montréal, Brunet a construit une bonne relation avec Bergeron, celui qui portait à cette époque le « C » de capitaine des Bruins.
« Patrice me l’a dit souvent. Si j’ai besoin d’un conseil, je peux toujours lui parler, a mentionné Brunet. Mais je trouve ça difficile de me dire que je vais texter Patrice Bergeron puisque j’ai besoin d’aide. Il m’a dit de ne pas être gêné avec ça. Il est là pour moi. C’est la même chose avec Raymond Bourque. On s’aide entre gars du Québec et des Bruins. Ils veulent que je me sente à la maison à Boston. Ils veulent que je devienne confortable. »
Même s’il a accroché ses patins depuis la fin de la saison 2022-2023, Bergeron ne reste jamais trop loin d’un gymnase. Au cours de l’été, l’ancien 37 des Bruins s’est entraîné en compagnie du jeune espoir lors de son passage au Québec.
« Avant mon premier camp avec les Bruins, il m’a montré comment ça marchait et il m’a parlé de l’identité de l’équipe. Je savais à quoi m’attendre sur la culture de l’organisation, ça me procurait un pas d’avance sur d’autres espoirs. »
Brunet a également dans son répertoire téléphonique le contact de Raymond Bourque, un autre immortel des Bruins.
« À mon premier ou deuxième camp avec les Bruins, j’avais parlé pendant une quinzaine de minutes avec Raymond, a-t-il précisé. Il m’avait donné son numéro de téléphone en me mentionnant que je pouvais le texter si j’avais besoin d’un truc. Il avait aussi dit que nous pourrions souper ensemble. Je n’en revenais pas. Je me disais que c’était Raymond Bourque.
« Patrice et Raymond sont des copier-coller. Ils sont deux bonnes personnes avec de grands cœurs, a-t-il poursuivi. Je ne peux pas demander mieux comme modèles que Raymond et Patrice. Je n’ai pas encore utilisé le contact de Raymond. Je reste trop timide encore. Mais je sais que j’en aurai besoin un jour. Pour l’instant, les choses se déroulent bien pour moi. Je sais toutefois que ce ne sera pas toujours rose. Il y aura des moments plus difficiles. Ce jour-là, je me tournerai vers Pat ou Raymond pour obtenir des conseils. Ils ne m’ont pas donné leur numéro par hasard. C’est une bonne chose à avoir en banque. »
Le sport dans le sang
Dans son propre entourage, Brunet a également de très bonnes personnes-ressources. Ses parents, Michel Brunet et Brigitte Gauthier, ont fait connaissance lors des Jeux olympiques de Nagano en 1998. Le paternel participait aux JO en danse comme patineur artistique alors que la maman occupait un rôle de physiothérapeute avec l’équipe de ski acrobatique.
Dominick Gauthier, qui représentait le Canada à Nagano à l’épreuve de ski de bosses lors de ces mêmes JO, est l’oncle du jeune espoir des Bruins. Et sa tante est Jennifer Heil, une double médaillée olympique.
Cédric Brunet, le frère aîné de Frédéric, est aussi un sportif de haut niveau comme membre de l’équipe canadienne en patinage de vitesse sur longue piste.
Dans les plans des Bruins
À sa deuxième saison à Providence l’an dernier, Brunet a connu une belle progression avec 25 points (5 buts, 20 passes) en 69 matchs. Il a également terminé l’année avec un dossier de +15.
Les Bruins l’ont récompensé en fin de saison en lui offrant un premier match.
« Ça me donne beaucoup de confiance parce que ç’a démontré que l’organisation a beaucoup de confiance en moi, a-t-il dit. Ça n’a pas été la saison qu’ils voulaient en haut. Le match, c’était pour tester les jeunes, voir ce qu’ils ont dans le ventre. Je sais que si la saison avait été comme ils voulaient, je n’aurais peut-être pas été rappelé. Mais je ne le vois pas comme ça. Je le vois comme un gros vote de confiance de l’organisation. Il faut être réaliste dans la vie, mais je dois me présenter pour faire ma place. Ce sera mon but jusqu’à ce que je réussisse à le faire. »
Sur papier, les Bruins ont encore plusieurs bons défenseurs de la LNH avec Charlie McAvoy, Hampus Lindholm, Mason Lohrei, Nikita Zadorov, Andrew Peeke et Henri Jokiharju.
« C’est difficile quand tu regardes sur papier, a convenu l’arrière de 22 ans. Tu regardes, il y a six ou sept gars devant toi. Tu ne sais jamais. Il y a un nouveau coach (Marco Sturm), c’est une nouvelle saison. Je ne peux pas arriver en disant : “il y a huit gars devant moi”. Ma job, c’est d’arriver et de voler la job à quelqu’un. Tout le monde se bat pour un poste. »
Le hockey restera toujours un monde en changement. À la première année après son repêchage, les Bruins représentaient l’une des grandes puissances de la LNH après une saison de 135 points (2022-2023). Deux ans plus tard, les Bruins n’ont obtenu que 76 points et ils n’ont pas participé aux séries pour une première fois depuis le printemps 2016.
« Quand je suis arrivé, c’était l’équipe à battre dans la Ligue, a-t-il rappelé. Ça ne m’est jamais passé par la tête que je pouvais rentrer tout de suite. Peut-être que j’ai été chanceux, que ça me donne une plus grande fenêtre. Mais Boston n’est pas du genre à reconstruire pendant cinq ou dix ans. La fenêtre ne sera pas grosse et quand je vais avoir la chance, je vais devoir la prendre. C’est une organisation qui veut toujours gagner et qui ne prendra pas cinq ou dix ans pour perdre. La reconstruction sera finie plus vite que prévu. »