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QUÉBEC -Théo Rochette n'avait évidemment aucune certitude quant à ce qui attendait les Remparts de Québec cette saison, mais il pouvait se faire une bonne idée de ce qui se pointait à l'horizon dans la Vieille Capitale.

Après l'élimination des siens en demi-finale l'an dernier, le capitaine de l'équipe savait que la majorité du groupe allait être de retour pour tenter de terminer le travail. Il voulait en faire partie, et c'est pourquoi il a insisté pour revenir chez les Remparts plutôt que de faire le saut en Suisse avec le Lausanne HC.

Sous contrat avec l'organisation helvète qui évolue en Ligue nationale A, l'attaquant canado-suisse a réalisé les démarches pour se donner une dernière chance d'aller jusqu'au bout à Québec. Et tout indique que son pari pourrait s'avérer payant.

« C'est difficile de s'imaginer terminer au premier rang et participer à la finale avant même le début de la saison, a-t-il raconté avant le début de la finale. Ce que je savais, c'est qu'on aurait une bonne équipe et qu'on aurait des chances de gagner. Ç'a été une grosse partie de ma décision de revenir. »

Il a eu raison sur les deux points. Les Remparts ont dominé le reste du circuit en saison avec une récolte de 53 victoires et 109 points, et ont balayé les trois premières rondes des séries éliminatoires pour atteindre la finale face aux Mooseheads d'Halifax. Une finale qu'ils mènent désormais 3-1.

Encore un petit gain, et il pourra accepter le trophée Gilles-Courteau des mains du commissaire Mario Cecchini. Le jeune homme qui a grandi en partie à Donnacona, à une cinquantaine de kilomètres du vieux Colisée, ramènerait ainsi un premier championnat de la LHJMQ en 47 ans à Québec.

« C'est vraiment spécial de vivre une finale ici, a-t-il évoqué. Je me souviens quand j'avais sept ou huit ans et qu'on montait au Colisée pour mon anniversaire. Je me souviens aussi des matchs des Remparts pendant le tournoi pee-wee. Ça fait trois ans et demi que je suis ici, et je n'ai jamais vu un tel engouement.

« Je me sens choyé de pouvoir vivre ça. Je ne pourrais pas être mieux en ce moment. »

Rien n'est encore gagné, mais ce qu'on voie se dessiner aujourd'hui, c'est un peu le scénario que Patrick Roy avait en tête quand il a décidé d'envoyer son capitaine Félix Bibeau aux Saguenéens de Chicoutimi pour faire l'acquisition de celui qui porterait éventuellement le « C » pendant deux saisons.

Avant le début de sa deuxième saison complète avec l'équipe, en 2021-22, l'entraîneur et directeur général a fait de Rochette le 26e capitaine de l'équipe depuis sa renaissance, en 1997.

« À partir du moment où on l'a nommé capitaine, il a démontré beaucoup de leadership et c'est ce qu'on voulait voir de lui, a expliqué Roy. Il s'est bien intégré et il a pris à cœur son rôle de capitaine. C'est la raison pour laquelle il est revenu à 20 ans et c'est pourquoi on vit ce qu'on vit en ce moment. »

Jamais repêché, Rochette a mené par l'exemple en connaissant la meilleure saison de sa carrière grâce à sa récolte de 106 points, dont 42 buts, en 65 matchs. Signe que la pression et les attentes élevées ne lui font pas peur, il a ajouté quatre buts et 18 points à sa fiche en 16 matchs éliminatoires.

« Le rôle de capitaine, ce n'est jamais facile pour quelqu'un qui se met la pression de performer, a relevé son adjoint Nathan Gaucher. Théo l'a bien géré à travers les années. Il s'est amélioré d'année en année dans son rôle et on voit la différence, cette saison, avec la maturité qu'il a prise en séries. »

« Être capitaine d'une équipe, c'est quelque chose, a ajouté son complice Zachary Bolduc. Être capitaine des Remparts de Québec, c'est à un autre niveau. Théo sait qu'il est privilégié et il remplit bien son rôle. »

Bien entouré

De son propre aveu, le principal intéressé ne s'en met pas plus qu'il faut sur les épaules, juste à cause de la lettre qui est brodée sur son chandail. Il sait qu'il est bien entouré par d'autres leaders dans une équipe mature, qui compte sur le même noyau depuis quelques années déjà.

« Théo n'est pas le plus vocal, mais il est capable de parler, a raconté Roy. Il me fait penser un peu à Joe Sakic dans cet aspect. Joe ne parlait pas souvent, mais quand il parlait, il sortait le speechdont on avait besoin, et il avait rapidement l'attention du vestiaire. »

Si Rochette réussit à guider les siens jusqu'aux grands honneurs, et qu'il participe éventuellement au tournoi de la Coupe Memorial, il aura remporté le pari qu'il a pris avant le début de la campagne. Peut-être même que cette visibilité pourrait lui permettre d'attirer l'attention d'une équipe de la LNH.

« Ce serait incroyable de gagner, a conclu le jeune homme de 20 ans. C'est sûr que c'est toujours bon pour un joueur d'avoir l'étiquette de gagnant. Pour l'instant, je ne pense qu'à la finale. Il s'est tellement passé de choses dans ma carrière que j'en suis au point de me dire qu'il arrivera ce qui arrivera pour la suite. »

\Crédit photo: Jonathan Roy*