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QUÉBEC -À moins d'un revirement de situation aussi surprenant qu'inattendu, Patrick Roy en est à ses derniers milles derrière le banc des Remparts de Québec.

Le pilote a été clair sur ses intentions dès le début de cette campagne; le processus de transition vers un nouvel entraîneur-chef - Simon Gagné, en l'occurrence - s'amorcerait dans le but de réduire sa charge de travail et d'éventuellement lui éviter les longs trajets d'autobus, qui ont fini par avoir raison de sa patience.

Et comme il l'avait souhaité et planifié dans son (autre) rôle de directeur général, il a la chance de couronner ses 13 saisons de coachingà Québec de brillante façon.

Les Remparts sont à trois victoires d'un premier championnat de la LHJMQ dans l'histoire de la nouvelle génération de l'équipe, et auront potentiellement la chance de remporter la Coupe Memorial pour une deuxième fois sous la gouverne de Roy, après la conquête de 2006.

« C'est la même fébrilité (qui m'habite), a indiqué l'ancien gardien, il y a quelques jours. Une chose est claire; le focus et l'énergie sont vraiment sur les matchs, pas sur ce qui va arriver avant ou après. Je veux être dans le moment présent. Si je dis aux joueurs d'être dans le moment présent, il faut aussi que je le sois.

« Il faut que j'assume mon rôle de leader à l'intérieur de cette équipe et que je m'assure moi-même de me concentrer sur ce qu'on veut faire. »

Le travail est loin d'être terminé, et Roy le sait très bien. Les Remparts ont balayé leurs trois premières séries et ont gagné le premier match de la finale face aux Mooseheads d'Halifax, avant de subir leur premier revers du tournoi printanier par la marque de 6-3, samedi. La série est donc égale 1-1.

L'enjeu est déjà très grand, mais cette finale a une signification encore plus grande pour ce groupe à maturité. Les joueurs ont abordé les séries sous le thème de « la dernière danse », comme dans le documentaire consacré à la conquête des Bulls de Chicago, en 1997-98. C'est leur dernière chance de gagner tous ensemble.

C'est aussi leur dernière chance d'offrir à Roy une sortie digne de ce nom.

« J'espère qu'ils ne font pas ça pour moi, a répondu l'entraîneur quand on lui a demandé s'il pensait que ses ouailles se servaient de la situation comme motivation. Moi je veux qu'ils le fassent pour eux. C'est peut-être ma dernière année, mais en fin de compte, l'important est la collectivité. Ce sont les joueurs qui se sont investis.

« Le noyau de l'équipe a grandi ensemble et les gars ont la chance de réaliser quelque chose de gros ensemble. C'est ce que je leur souhaite le plus au monde. »

Sans s'en parler nécessairement de vive voix, et sans avoir obtenu de confirmation de l'éventuel départ de Roy, les joueurs ne sont pas naïfs. Ils sont bien au courant de ce qui se trame. Ils savent aussi que plusieurs d'entre eux feront le saut chez les professionnels, et que d'autres seront échangés au cours de l'été.

« C'est la dernière chance pour beaucoup d'entre nous et on veut finir sur une bonne note, a indiqué le capitaine Théo Rochette. On s'aime et on est tous proches l'un de l'autre. On pense aussi à Pat et on se dit que c'est sa dernière année comme coach. Avec tout ce qu'il a fait pour nous, il mérite de lever ce trophée. »

Passion

Ce serait à tout le moins la façon parfaite de tourner la page pour le passionné qui a toujours placé la victoire au sommet de sa liste de priorités. Personne ne s'impose autant d'années d'implication à tous les niveaux dans le hockey junior sans la passion.

Surtout pas après une carrière de joueur qui lui a procuré toute la gloire et les reconnaissances possibles.

« Sa porte est toujours ouverte, il écoute nos commentaires et il veut toujours s'améliorer, a expliqué l'attaquant Nathan Gaucher. Il n'est pas obligé de nous écouter et de mettre les heures pour adapter des petites choses, mais il le fait parce qu'il est passionné. »

« C'est un passionné, un gars proche de nous, a ajouté Rochette. Il sait rire au bon moment et être dur au bon moment, et c'est ce qui fait de lui un bon coach. Mon passage avec lui va m'avoir marqué pour la vie. »

N'allez toutefois pas croire que cette passion et cette soif de victoire se sont éteintes. Roy a évoqué plusieurs fois qu'il aimerait conserver ses fonctions de directeur général, l'an prochain. Quant aux nouvelles rumeurs l'envoyant derrière un banc de la LNH, il ne veut même pas y penser.

« Quand mon nom circule dans les rumeurs de la LNH, ce n'est pas bon signe, a-t-il conclu en riant. Ça ne veut pas dire grand-chose et (ces rumeurs) ne m'intéressent même pas. Si quelqu'un veut m'appeler, il va trouver une façon de me rejoindre. Mon focus n'est aucunement là-dessus. »