Samuel St-Hilaire Sherbrooke badge Lepage

Samuel St-Hilaire n’a pas la feuille de route typique d’un gardien qui défendra la cage de l’équipe canadienne au Championnat mondial junior. Il ne l’avait pas hier, il ne l’aura pas demain.

Jamais repêché et avec seulement une saison et demie d’expérience dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le portier du Phoenix de Sherbrooke fait pourtant partie des quatre hommes masqués invités au camp de sélection de Hockey Canada, la semaine prochaine, en banlieue de Toronto.

« Je n’aurais jamais imaginé ça en début d’année, alors c’est une fierté, a lancé l’homme de 19 ans en entrevue avec LNH.com. D’avoir la chance de représenter mon pays, ce serait un privilège. Je regardais ça avec des étoiles dans les yeux quand j’étais jeune. »

Si cette occasion se présente désormais à lui, c’est avant tout parce qu’il a mis toutes les chances de son côté. En affichant une moyenne de buts alloués de 2,07 et un taux d’efficacité de ,928 en 21 matchs derrière une équipe qui amorce une reconstruction, il a su attirer les regards.

D’abord celui de son entraîneur Gilles Bouchard, qui agira comme adjoint au Mondial junior, et ensuite celui du consultant des gardiens de Hockey Canada, Justin Pogge – sous la recommandation de Bouchard.

« Au fur et à mesure que la saison avançait, je voyais que Sam se débrouillait bien, a raconté le pilote du Phoenix. Il a une méchante moyenne. Il prend de la place dans son filet, il assure une belle présence, il fait les bonnes lectures de jeu et il est toujours à l’affût. À un moment donné, pourquoi ce ne serait pas lui? 

« Justin est venu voir quelques matchs, et il a bien aimé ce qu’il a vu de lui. Il est devenu un candidat en raison de sa constance et de son efficacité. Le mérite lui revient entièrement. »

Il lui revient non seulement pour son brillant premier quart de saison, mais aussi pour la manière dont il s’est hissé parmi l’élite du pays en si peu de temps. Le natif de St-Elzéar-de-Beauce évoluait encore au niveau M18 AAA, en 2021-22, et il n’a disputé ses premiers matchs au niveau junior seulement que l’an dernier.

« J’ai commencé à prendre de la maturité dans ma game il y a deux ans, a-t-il expliqué. C’est là que j’ai vraiment compris ce qu’il me fallait pour parvenir à l’autre niveau. Mes habitudes de travail se sont améliorées. J’ai beaucoup appris l’an dernier et j’ai tout mis ça dans ma game cette saison. »

C’est quand il a rejoint le Phoenix pour suivre de près leur parcours éliminatoire, au printemps 2022, que les choses ont changé du tout au tout. Il venait de connaître une saison exceptionnelle (19-2-0) avec les Chevaliers de Lévis et avait maintenu un taux d’efficacité de ,934 quand il a constaté que la marche était haute. Très haute.

Un plan exigeant

On l’a plutôt aidé à le constater, si l’on en croit les paroles de son ancien entraîneur Stéphane Julien, qui tenait à ce que le jeune espoir saute sur la glace pour les entraînements de l’équipe.

« On a vite remarqué qu’il avait un problème d’entraînement hors glace et on lui a fourni un programme assez intense, a-t-il expliqué. Il partait de très loin. Il a pu comprendre qu’il avait du talent, mais qu’il était loin d’être au niveau en termes de condition physique. Il a vu ce que ça prenait pour jouer au prochain niveau.

« Après ça, il a juste explosé grâce à sa façon de s’entraîner, de se préparer et de se nourrir. Ç’a été une longue route, mais je suis content pour lui. Ça prouve qu’avec l’effort et le travail, les portes s’ouvrent. »

S’il parvenait à se tailler un poste parmi les trois gardiens qui s’envoleront vers Göteborg, en Suède, dans quelques semaines, et d’ainsi confirmer sa fulgurante ascension, d’autres portes pourraient bien s’ouvrir. Peut-être même celles de la grande ligue, éventuellement.

St-Hilaire a participé au camp d’entraînement des Bruins de Boston, à l’automne, mais il n’a toujours pas déniché de contrat chez les professionnels.

« Je suis un gars de caractère, a-t-il conclu. J’aime ça prouver au monde qu’ils auraient dû me choisir, ça me donne une petite motivation de plus. Je suis capable de me servir des moments de pression et des déceptions que je vis pour prouver ma valeur. »

Voilà une belle occasion de le faire, une fois de plus.

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