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SHERBROOKE -Olivier Rodrigue a beau avoir été l'un des quatre gardiens à participer au camp estival du Championnat mondial junior, il n'a pas la prétention de croire qu'il a déjà mérité son invitation au camp de sélection final d'Équipe Canada junior.

Le gardien québécois semble cependant drôlement bien positionné. À moins qu'une catastrophe ne survienne jeudi, alors qu'il sera d'office pour le dernier match de la Série Canada-Russie (19h HE; TVAS, SN), Rodrigue devrait à tout le moins avoir la chance de décrocher l'un des deux postes disponibles pour le tournoi en décembre.
« Les Russes ont beaucoup de vitesse et ils aiment créer des jeux en relance, a analysé le choix de deuxième ronde (162e) des Oilers au dernier repêchage. C'est ma dernière chance de prouver que j'ai ma place au camp. Sans me mettre de pression, je devrai être à mon meilleur. »
Rodrigue ne s'en vante pas trop, mais il est assurément dans les bonnes grâces de Hockey Canada, et avec raison. Il a été pratiquement intraitable devant la cage canadienne lors de la Coupe Hlinka-Gretzky en août 2017 ainsi qu'au Championnat du monde des moins de 18 ans, en avril dernier.
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Il a mené le Canada vers l'or à la Coupe Hlinka-Gretzky en maintenant une moyenne de buts alloués de 1,00 et un taux d'efficacité de ,942 en quatre rencontres. Il a fait encore mieux au Championnat du monde (3 MJ; 1,33 - ,947), mais le parcours du Canada s'est arrêté en quarts de finale.
Sa capacité à livrer la marchandise sous pression et dans des tournois de haut niveau qui se déroulent souvent en l'espace de quelques jours est un atout qui pourrait jouer en sa faveur lorsque viendra le temps des décisions.
« Je le vois comme l'un des quatre meilleurs gardiens au Canada, a fait valoir Steve Hartley, son entraîneur chez les Voltigeurs de Drummondville. Hockey Canada fait un suivi étendu à travers la LCH et le fait qu'il était au camp estival est un bon indicateur.
« Sa performance de jeudi va dicter la suite des choses, comme dans le cas de tous les joueurs. C'est une opportunité pour lui de se tailler une place au camp de sélection, et une fois qu'il y sera, tout peut arriver. »
Rodrigue n'est cependant pas seul dans la course. Michael DiPietro est probablement celui qui part avec une longueur d'avance, lui qui a déjà remporté la Coupe Memorial et qui affiche une moyenne de 2,18 et un taux d'efficacité de ,926 en 14 matchs avec les Spitfires de Windsor.
Le gardien saguenéen (16 MJ; 2,43 - ,900) risque davantage d'être en compétition pour le poste d'auxiliaire avec l'Ontarien Matthew Villalta (13 MJ; 2,76 - ,913) et l'Albertain Ian Scott (15 MJ; 1,60 - ,941), qui n'a pas pris part au camp estival, mais qui connaît un début de saison fulgurant.
« Je regarde un peu comment leur saison va, a admis Rodrigue. Mais ce n'est pas en me comparant que je vais assurer ma place. Je me concentre sur mes performances et c'est ce qui va dicter le reste. »
Discussion déterminante
Rodrigue est le premier à admettre que son début de saison n'a pas été à la hauteur des attentes - tout comme celui des Voltigeurs - mais il s'est vite repris en main après une discussion survenue dans les heures qui ont suivi une défaite de 9-0 des Voltigeurs aux mains des Huskies, le 13 octobre.
L'espoir des Oilers avait alors accordé trois buts sur cinq lancers en l'espace de 13 minutes avant d'être retiré de la rencontre. Hartley en a profité pour faire une mise au point avec lui.
« Ce n'est pas nécessairement que ses performances étaient mauvaises, mais plus le fait qu'il avait accordé quelques mauvais buts à de mauvais moments, a expliqué l'entraîneur. Olivier, c'est un perfectionniste. Quand tu veux toujours être parfait, tu te mets trop de pression sur les épaules et je pense que c'est ce qu'il faisait. »
Depuis cette discussion, Rodrigue a accordé 20 buts en neuf matchs en plus de signer un jeu blanc de 21 arrêts. Son taux d'efficacité n'est peut-être pas aussi spectaculaire qu'il le souhaiterait en raison du faible nombre de lancers qu'il reçoit, mais il est de nouveau en mesure de faire la différence.
« Depuis cette discussion, ce n'est plus le même gardien, a ajouté Hartley. C'est le gardien élite qu'on attendait à voir. Il est revenu à la base et a repris les outils qui font de lui un gardien élite. Tout le mérite lui revient. »