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DENVER - « Rapide! »
C'est le seul mot qui vient à l'esprit de Shane Wright quand on lui demande ses impressions de l'entraînement matinal de l'Avalanche du Colorado en marchant vers le vestiaire de l'équipe. On se doutait un peu que sa réponse allait ressembler à ça.

Assis dans les gradins du Ball Arena, le meilleur espoir au prochain repêchage et ses comparses Cutter Gauthier, Matthew Savoie et Conor Geekie avaient de la misère à raccrocher leur mâchoire en voyant Nathan MacKinnon à l'œuvre, à quelques heures du deuxième match de la finale de la Coupe Stanley.
« Tu dois faire la passe à Mac », s'est exclamé Geekie alors que le no 29 s'amenait en descente à deux-contre-un pendant un exercice. Quelques instants plus tard, l'attaquant vedette recevait la rondelle et battait Darcy Kuemper d'un tir parfait dans la lucarne.
« Wow. Incroyable! », a lancé Wright avec un large sourire.

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Vous aurez donc compris que les quatre attaquants n'en pouvaient plus d'attendre de rencontrer MacKinnon - ou Nate Dog, comme l'a surnommé Gauthier. À la porte du vestiaire de l'Avalanche, l'excitation a fait place à la fébrilité en un claquement de doigts. Le silence a vite remplacé les blagues et les flèches.
Surtout quand celui qu'ils attendaient avec impatience les a salués en traversant le corridor pour se rendre au gymnase de l'équipe. Les quatre espoirs, qui risquent de l'affronter d'ici quelques années, sont redevenus des gamins en admiration devant l'un des joueurs les plus spectaculaires de la LNH.
« Mais qu'est-ce qu'il fait dans le gym lors d'une journée de match », s'est demandé Savoie.
Bonne question. On imagine que c'est le niveau de dévouement que ça prend pour se hisser au sommet de la meilleure ligue au monde. MacKinnon est dans une bulle. C'est peut-être pour ça qu'il a finalement quitté l'aréna sans piquer un brin de jasette aux quatre invités de la journée.
Ils l'ont même vu quitter au loin en compagnie de Gabriel Landeskog. Un peu déçus, certains ont avancé l'idée de le pourchasser jusqu'à son domicile, mais la proposition a vite été abandonnée.
« C'est une journée de match, a relativisé Wright. Les gars ont leur routine. Si j'étais lui, moi non plus je ne serais pas arrêté pour vous parler (rires). »

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Heureusement, d'autres joueurs de l'Avalanche ont dérogé de leur routine. Le défenseur Bowen Byram a pris un bon cinq minutes pour s'enquérir du déroulement de la journée des jeunes hommes, lui qui connaissait déjà Savoie et Wright.
Il faut dire que le défenseur de 21 ans sait très bien que cette journée restera gravée longtemps dans leur mémoire. Il y a trois ans presque jour pour jour, c'est lui qui était invité à St-Louis pour le quatrième match de la finale entre les Blues et les Bruins de Boston. Il avait notamment rencontré Patrice Bergeron.
Cette fois, c'était lui la « vedette ». Le temps passe vite quand même.
« Je me souviens de la foule à St. Louis, c'était fou, a raconté Byram. Nous étions assis à environ dix rangées du banc des pénalités, c'était irréel. La vitesse du jeu m'avait jeté par terre. »

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L'arrière a longtemps discuté des séries de la Ligue de l'Ouest (WHL) avec Savoie et Geekie en plus de s'informer à savoir quelles équipes avaient été les plus cruelles lors des entrevues à la séance d'évaluation des joueurs. Selon ce qu'on a pu comprendre, il ne referait pas d'entrevue avec les Red Wings de Detroit.
Clairement bien au fait du déroulement des séries dans la Ligue canadienne de hockey, Byram a aussi discuté du tournoi de la Coupe Memorial en soulignant que - avis aux amateurs des Canadiens - l'attaquant Jan Mysak était « assez solide ».
L'attaquant Alex Newhook et le vétéran défenseur Jack Johnson - un ancien premier choix au total - ont aussi pris quelques minutes pour saluer les quatre jeunes hommes, un geste fort apprécié.
Des demandes et encore des demandes
À moins d'un mois du repêchage, les espoirs de premier plan sont plutôt habitués à répondre aux questions des médias. Depuis la fin de leur saison, c'est à peu près tout ce qu'il leur reste à faire. Ça, et jouer au golf, selon ce qu'on a appris au fil des discussions.
Ils n'ont pas sorti leurs bâtons samedi, mais ils ont été servis en termes de demandes médiatiques. Après leur rencontre avec les joueurs de l'Avalanche, ils ont participé à des mêlées de presse en plus de faire des arrêts sur les plateaux de TSN et de NHL Network.

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Ajoutez à cela les demandes de photos pour Instagram, pour les photographes officiels, les tournages de vidéos pour TikTok et compagnie. Ce n'est rien de bien forçant, mais ils n'ont pas chômé. Ils ont quand même eu un peu de temps pour regarder l'Omnium des États-Unis.
Puis, ils sont montés à leur siège pour voir le spectacle - un premier match de séries à vie pour Wright. Originaire de la grande région de Toronto, les occasions se sont faites plutôt rares pour lui.
« C'est le but ultime de jouer en finale et de gagner la Coupe Stanley, a-t-il conclu. C'est assez spécial d'être ici et de voir ces gars vivre leur rêve. De les voir si près de l'objectif pour lequel ils ont travaillé toute leur vie. »