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MINNEAPOLIS – Il y a quelque chose de spécial au sujet de Zayne Parekh, qui en fait l’un des joueurs les plus rafraîchissants d’Équipe Canada junior. Et aussi l’un des plus dominants.

Depuis le premier jour du camp d’entraînement en vue du Championnat mondial junior, il est difficile de surprendre le défenseur sans qu’il ait un sourire accroché au visage. Ses coéquipiers gravitent autour de lui comme des astres autour du soleil en raison de sa personnalité extravertie.

« Je regarde les gars de la LNH, et certains ont l’air de robots sans aucune personnalité, a lancé le défenseur qui a joué 11 matchs avec les Flames de Calgary cette saison. On a besoin d’une touche de personnalité, c’est la meilleure façon de faire grandir le sport. Je ne veux pas être ici et être un robot.

« À Calgary, certains joueurs m’ont dit de garder mes réponses simples aux questions des médias. Mais ici, je peux faire pas mal tout ce que je veux (rires). »

Cette réponse en est une preuve tangible. Et le lien est assez facile à établir entre le fait qu’on lui permette d’être lui-même à l’extérieur de la glace et son rendement quand il chausse les patins.

« Zayne est un joueur spécial, un joueur très motivé, a vanté l’entraîneur adjoint Brad Lauer. Parfois, il peut être incompris. Mais nous le laissons s’exprimer. Nous le laissons être la personne qu’il est, et le joueur qu’il est. Il comprend la façon dont on veut jouer et il la respecte. C’est le plus important. »

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Zayne Parekh en discussion avec l'entraîneur-chef d'Équipe Canada junior Dale Hunter

À la veille du duel quarts de finale contre la Slovaquie, Parekh totalise huit points, dont quatre buts, en quatre matchs lors de la ronde préliminaire. Il trône au sommet des buteurs de la formation unifoliée, et est à égalité pour les points avec les attaquants Michael Hage et Gavin McKenna.

« J’ai tellement de plaisir, a poursuivi l’arrière de 19 ans. J’aimerais pouvoir rester ici toute l’année. Je suis déjà un peu triste, je vois qu’il reste moins de jours à l’aventure et je sais que la fin approche. L’expérience a été bénéfique pour moi. C’est rafraîchissant. J’avais vraiment besoin de ça. »

Avant d’amorcer le tournoi, Parekh avait raté un peu plus d’un mois d’activités en raison d’une blessure au haut du corps. Avant ça, il avait été limité à une seule petite mention d’aide en 11 matchs – des moments plus difficiles à traverser, a-t-il avoué il y a quelques jours.

Mais depuis qu’il a rejoint ses compatriotes, il met l’accent sur le plaisir. Parekh est toujours prêt à rigoler, même quand ses coéquipiers tentent de répondre sérieusement aux questions des médias. Il rôde autour des mêlées de presse et il essaie de les déconcentrer par tous les moyens.

Il agit de la même façon sur la glace, malgré l’importance du moment. Il sait comment détendre l’atmosphère.

« C’est un gars assez relax, a souligné son bon ami Michael Hage, en le cherchant du regard. Pendant les matchs, si je rate une bonne chance, il va venir me voir et rire de moi. Ça apporte une certaine légèreté, et ça aide les gars à ne pas trop tomber dans la négativité. »

Certains pourraient croire qu’il s’agit d’un désintérêt ou d’un manque de concentration, mais Parekh sait marcher sur cette fine ligne. Il est capable de livrer la marchandise quand la rondelle tombe.

« Je suis vraiment concentré et j’ai confiance en ma routine et en ma préparation, a argué Parekh. Si je fais un mauvais jeu ou si je commets une erreur, je rembarque sur la glace et je tente d’avoir un impact à ma présence suivante. Je tourne la page assez facilement, et ça m’aide beaucoup. »

Un visionnaire

Avec la répartie qu’il affiche devant les médias, on ne peut qu’imaginer ce qu’il peut dire à ses coéquipiers derrière les portes closes. Il s’est d’ailleurs mis à prédire la façon dont il allait marquer, mercredi, dans une victoire de 7-5 face à la Finlande. Parekh a donné le coup d’envoi à ce festival offensif dans la deuxième minute de jeu.

« Il est venu me voir 30 secondes avant son but, et il m’a dit qu’il allait marquer d’un tir sous le gant du gardien, a raconté Hage, son complice. Quand il l’a fait, je ne pouvais pas y croire. Il a marqué tout de suite après m’avoir dit ça. J’étais en train de perdre la tête. »

« J’ai dit ça comme ça, a rigolé Parekh, jeudi matin. Vous savez, Michael et moi, on ne cesse de se dire des stupidités depuis le début du tournoi. Ç’a finalement fonctionné. On s’amuse avec ça. »

Personne ne se plaindra de ces « stupidités » si Parekh peut continuer sur sa lancée. Avec potentiellement trois autres matchs à disputer, il peut assurément aspirer au premier rang des pointeurs du tournoi. Mais il ne faut pas placer la charrue devant les bœufs. La première étape sera de battre la Slovaquie, vendredi.

Ça n’empêche pas Parekh d’avoir les yeux rivés sur le grand objectif.

« C’est ma seule chance de gagner ce tournoi, a-t-il conclu. Je n’en aurai pas deux, et je veux absolument gagner une médaille. J’y pensais hier soir, et je ne veux pas partir d’ici sans l’or. C’est la chose que je veux rapporter avec moi à Calgary. »