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MONTRÉAL – Dylan Strome se souviendra toujours de ce match du 20 novembre 2025. Pas pour ses trois mentions d’aide, ni pour la victoire de 8-4 des Capitals de Washington face aux Canadiens de Montréal. Encore moins pour le 33e tour du chapeau de la carrière de son capitaine Alex Ovechkin.

Ce qui lui viendra en tête quand il repensera à cette soirée, ce sera la naissance de sa troisième fille, Sutton Kimberley Strome. Et aussi les heures angoissantes qu’il a passées sur la glace du Centre Bell.

« Elle est née à 19h30, a expliqué l’attaquant, submergé par l’émotion. Tout s’est passé très vite. J’ai su qu’il se passait quelque chose deux heures avant le match, et je ne pouvais rien faire pour rentrer à Washington. Je suis tellement fier de ma femme (Tayler), une guerrière. Ce n’est pas facile pour elle.

« Nous sommes souvent sur la route, et nos femmes traversent beaucoup d’épreuves. Leur corps change tellement durant la grossesse. D’avoir donné naissance seule, c’est incroyable. »

Strome a avoué que sa tête n’était pas trop au hockey quand il a foulé la glace pour le début de la période d’échauffement en sachant que Tayler était à l’hôpital. Ça n’a quand même pas trop paru : il a récolté sa première aide de la soirée sur le premier but d’Alex Ovechkin, à une minute de la première période.

C’est quand il est revenu au vestiaire au premier entracte qu’il a appris qu’il était père pour une troisième fois, et que tout le monde se portait bien à la maison.

« C’est un sentiment horrible, a-t-il dit, les yeux pleins d’eau et la voix chevrotante. Ma femme est entre bonnes mains à l’hôpital et nos deux autres filles sont en sécurité à la maison. C’est une chose complètement folle. J’espère que personne d’autre n’aura à vivre ça. Je me sens totalement impuissant. »

Après avoir appris la bonne nouvelle, Strome a offert deux points à son poupon – une aide sur le but d’Ethen Frank en début de deuxième, et une autre sur le deuxième d’Ovechkin au dernier tiers. Ses coéquipiers, eux aussi au courant des évènements, l’ont aidé à traverser la soirée.

WSH@MTL: Ovechkin inscrit son deuxième but du match

« Nous sommes vraiment une bande de frères dans ce vestiaire, a-t-il souligné. Tout le monde s’est assuré que j’étais dans un bon état d’esprit malgré tout. C’est ce qui fait que nous sommes tous proches. Heureusement que j’avais les gars avec moi pour vivre ce moment. »

S’il avait pu se téléporter à Washington plutôt que de jouer ce match, il l’aurait sans doute fait. Mais devant l’impasse, il a donné tout ce qu’il pouvait pour aider ses coéquipiers à signer une deuxième victoire en autant de soirs. On peut deviner que le vol de retour vers la capitale américaine sera le plus long de sa carrière.

« Dylan est tout un joueur, et je ne peux dire assez de bonnes choses à son sujet, a commenté l’entraîneur Spencer Carbery. C’est tout un compétiteur. Il veut gagner à tout prix, il veut connaître du succès. Cette soirée en sera une qu’il n’oubliera jamais, et nous non plus. Je suis content pour lui et je suis fier de lui. »

Ovechkin se gâte

Devant les médias avant la rencontre, Carbery avait indiqué qu’il allait se fier aux jambes fraîches de ses plus jeunes éléments pour tenter de gagner ce deuxième match en deux soirs.

Quelques heures plus tard, il était invité à commenter la soirée de trois buts et une aide de son capitaine de 40 ans.

« Je n’aurais pas pu être plus dans le champ que ça, a-t-il rigolé. Mais je dois dire qu’Hendrix Lapierre a obtenu deux passes et qu’Ethen Frank a eu deux buts et deux aides. Nos vétérans, Alex en tête, ont été excellents ce soir, surtout dans les circonstances pas évidentes. »

Ovechkin a enfilé ses 40e, 41e et 42e buts contre le Tricolore en seulement 61 matchs en carrière, en plus d’ajouter une mention d’aide. En prolongeant à cinq sa séquence de matchs avec un but, il s’est aussi emparé seul du 10e rang des pointeurs dans l’histoire de la LNH, devant Joe Sakic.

« J’essaie seulement de faire mon travail, a résumé l’homme de peu de mots. Je profite du moment et du temps que je passe avec les gars. On ne sait jamais ce qui peut se produire. »