Cooper a la parole facile. Mais ici, ces quelques mots suffisent. Stabilisateur, c'est le mot juste. Vasilevskiy est synonyme de stabilité devant le filet du Lightning.
COURSE AUX TROPHÉES : Norris | Jack-Adams | Calder
Une stabilité qui ne s'exprime pas nécessairement à l'aide des statistiques habituelles. Oui, Vasilevskiy est parmi les meilleurs de sa profession au chapitre de la moyenne de buts alloués par match et du taux d'arrêts, mais dans le top-10, pas dans le top-3.
Là où on commence à percevoir son statut de gardien d'exception, c'est quand on regarde par exemple le nombre de matchs que le Russe de 27 ans dispute au complet. La dernière fois qu'il a été rappelé au banc avant la fin en raison d'une contre-performance, c'était le 13 mars 2018, quand il a cédé six buts sur 29 tirs en 40 minutes de jeu face aux Sénateurs d'Ottawa.
Ça ne lui est pas arrivé depuis.
« C'est dur de déterminer, quand un gardien est jeune, dans quelle mesure il va pouvoir bien se développer, a dit Cooper à propos de Vasilevskiy. Il prend soin de lui, de son corps. Mais c'est l'aspect mental qui s'est surtout bien développé chez lui. Il n'y a personne d'autre que tu préférerais avoir devant le filet. »
Cette force mentale, c'est ce qui fait que lorsque Vasilevskiy n'est pas à son mieux, il reste quand même bien meilleur que la majorité des gardiens dans la LNH. Et quand il est au sommet de son art, il est intraitable. Par exemple, quand il a signé des jeux blancs consécutifs en route vers les 199e et 200e victoires de sa carrière, les 23 et 26 novembre derniers, c'était la sixième fois qu'il enregistrait deux blanchissages d'affilée ou plus, le total le plus élevé chez les gardiens de la LNH depuis que Vasilevskiy a fait ses débuts avec le Lightning en 2014-15.
Cooper aurait pu utiliser un autre mot pour décrire son gardien : gagnant.
Le gardien du Lightning est présentement premier dans la LNH pour les victoires avec 23, à égalité avec Juuse Saros des Predators de Nashville et Tristan Jarry des Penguins de Pittsburgh. Quand il a remporté le trophée Vézina à titre de meilleur gardien dans la Ligue en 2018-19, il avait remporté 39 matchs, plus que quiconque cet hiver-là.
Et depuis la saison 2017-18, campagne à l'issue de laquelle Vasilevskiy a été nommé finaliste pour le Vézina une première fois, il a signé 172 victoires en 244 départs, le total le plus élevé durant cette période, loin devant Connor Hellebuyck des Jets Winnipeg, deuxième avec 147 victoires en 260 départs.
Plus tôt cette saison, Vasilevskiy a atteint le cap des 200 victoires en carrière à son 318e match. Un seul autre gardien dans l'histoire de la LNH y est arrivé plus rapidement, soit Ken Dryden, qui a réalisé l'exploit en 309 sorties quand il défendait le filet des Canadiens de Montréal dans les années 1970.