Caufield badge Chaumont Buffalo

BUFFALO – Cole Caufield n’a pas perdu son sourire ni son sens de l’humour, même si on le sent un peu irrité quand on lui parle de la colonne des buts depuis le début des séries. 

« Je ne marquerai pas 51 buts en séries », a dit Caufield en s’assoyant à son casier dans le petit vestiaire de l’équipe adverse au KeyBank Arena de Buffalo. 

L'attaquant des Canadiens de Montréal a offert cette boutade à la toute fin d’une mêlée de presse d’un peu plus de quatre minutes où il se retrouvait encerclé par une trentaine de journalistes et de caméramans. 

Auteur d’un seul but en huit matchs depuis le début des séries, l’Américain est sous la loupe en raison d’une production offensive bien plus faible qu’en temps normal. 

Au lendemain de ce revers de 4-2 dans le premier match du deuxième tour contre les Sabres de Buffalo, Caufield a parlé avec l’aplomb qu’on lui connaît.

Caufield locker media

« Ma confiance est toujours présente, a affirmé le numéro 13. Mais évidemment, j’aimerais mieux jouer et produire davantage. Je ne peux pas me laisser abattre par un manque de confiance. Quand tu perds ta confiance, c’est là que tu deviens dans le trouble. J’ai toujours confiance. Et notre groupe a aussi confiance. Il règne une ambiance positive. Il n’y a pas d’inquiétudes au sein de l’équipe. Nous aurons juste besoin de travailler encore plus fort. »

Avant le début des séries, Caufield sortait d’une saison rêvée avec 51 buts et 88 points en 81 matchs. Mais comme le bon vieux cliché le dit, les séries représentent une autre saison, une autre forme de bête. 

En huit matchs en séries, Caufield a obtenu quatre points (un but, trois passes), et il n’a décoché que 14 tirs en direction du filet adverse, restant loin de ses 258 tirs en 81 matchs de saison. Il a inscrit chacun de ses points en supériorité numérique. Juraj Slafkovsky vit exactement le même phénomène avec quatre points (trois buts, une passe) en huit matchs, tous des points amassés avec l’avantage d’un homme. 

Des trois membres du premier trio, un trio qu’on a revu pour le premier match contre les Sabres, seul Suzuki a écrit son nom sur la feuille de pointage à cinq contre cinq avec un but et une passe. 

S’il dit que sa confiance n’est pas un enjeu, Caufield sait très bien qu’il aura besoin d’ouvrir la machine d’ici les prochains matchs. Il ne s’en cache pas. 

« Dans l’ensemble, je dirais que mon jeu n’est pas où je le voudrais, a-t-il noté. Je m’attends à plus de moi-même et mes coéquipiers s’attendent aussi à plus de moi. Je cherche à m’améliorer afin de faire une différence. » 

En ce jeudi assez frisquet à Buffalo, Caufield a chassé la monotonie en sautant sur la glace pour un entraînement optionnel. Il était le deuxième patineur à y poser les patins, tout juste après Lane Hutson.  

« Je veux travailler sur plusieurs choses, a-t-il affirmé pour expliquer sa présence. J’ai besoin de bien me sentir sur la patinoire. C’était une autre journée au boulot. J’aime patiner, j’aime me retrouver sur la glace. Quand tu as plus de touches, tu finis par mieux te sentir. »

Dans le vestiaire de l’équipe après l’entraînement, Noah Dobson a parlé d’une simple question de temps pour voir son coéquipier débloquer. 

« Je n’enseignerai pas à Cole comment marquer des buts. J’aimerais plus que ce soit le contraire, a dit Dobson. Ce trio joue contre de bons joueurs à chacun de nos matchs. Ils ont des chances. Mais c’est le moindre de mes soucis. Cole finira par marquer. C’est juste une question de temps. J’ai toute la confiance du monde envers notre gros trio. »

La victoire avant tout

À la fin de la saison, dans sa chasse pour un 50e but, Caufield avait passé trois matchs d’affilée sans toucher la cible. La nervosité l’avait envahi. Il ne ressent pas la même chose après quatre rencontres sans s’inscrire à la marque, trois face au Lightning de Tampa Bay et une face aux Sabres. 

« Je pourchasse un deuxième but en ce moment, alors c’est un peu différent, a-t-il répliqué avec le sourire. Nous pourchassons surtout des victoires. C’est ça qui compte le plus. La morale de cette histoire est que nous perdons juste 1-0 dans cette série. Nous avons signé de grosses victoires depuis le début des séries. 

« Je veux juste gagner des matchs de hockey. Je ferai tout en mon possible pour aider mon équipe. Je travaillerai fort et je ferai les bonnes choses. Mais c’est clair que si je peux marquer un but, ça m’aiderait et ça aiderait l’équipe à gagner. »

En conférence de presse, Martin St-Louis a réitéré que le style des Sabres, plus axé sur du jeu offensif que le Lightning, devrait aider son petit attaquant. 

« Ça part avec le joueur, mais on place beaucoup l'accent sur notre jeu collectif, a-t-il précisé. Je dirais qu’hier (mercredi) le match était différent de nos sept matchs contre le Lightning. On a plus joué avec la rondelle avec plus d’espace. Ça fait deux semaines qu’on n’avait pas eu ça. Je suis sûr qu’on va s’améliorer avec la rondelle dans l’espace. Et je suis sûr que Cole va aussi s’améliorer avec ça. »

L’art de rebondir

Pour une première fois depuis le début des séries, le CH devra maintenant jongler avec un retard dans une série. 

« Je sais quel genre de groupe on a, a affirmé St-Louis. On est une équipe résiliente, on l’a fait toute l’année. On se répare, on s’améliore et on s’adapte. On ne s’en fait pas avec le dernier résultat, qu’on gagne ou qu’on perd. On suit un processus. Et on avance. »

Depuis la fin janvier, le Tricolore a un dossier de 11-1-1 dans les matchs suivants une défaite. Cette simple statistique peut donner espoir pour le deuxième match contre les Sabres.