Je peux maintenant me péter les bretelles. J’avais choisi les Canadiens pour battre le Lightning en sept matchs au premier tour. J’ai visé dans le mille. Mais je ne sortirai pas le champagne.
Je dois rester modeste puisque j’avais choisi les Sénateurs d’Ottawa pour renverser les Hurricanes de la Caroline et je croyais à une victoire des Penguins de Pittsburgh contre les Flyers de Philadelphie.
C’est ça, le jeu des prédictions. Tu ne peux jamais prédire ce qui arrivera, encore moins avec toute la parité au sein de la LNH.
Pour le deuxième tour, je mise encore sur le CH. J’imagine une victoire en six matchs contre les Sabres de Buffalo. Ils finiront cette série à la maison dans la folie du Centre Bell.
Je garde mon allégeance pour les Canadiens puisqu’ils ont gagné contre le Lightning d’une nouvelle façon, d’une manière qu’ils n’avaient pas encore réussie cette année.
Martin St-Louis a coaché comme il n’avait jamais coaché. Il a dérogé de sa propre philosophie en pariant moins sur la stabilité. Il a fait des changements et des ajustements lors des moments clés dans cette série contre le Lightning.
À mes yeux, St-Louis a gagné son duel contre Jon Cooper, l’un des meilleurs entraîneurs de la LNH. Il a aussi gagné grâce à la profondeur du CH. Il a sorti des lapins de son chapeau, en plaçant notamment Kirby Dach au centre du troisième trio à partir du troisième match et en ressortant le bon vieux Brendan Gallagher pour le cinquième match.
Le Tricolore a battu le Lightning en raison de la contribution des joueurs de l’ombre, ceux des troisième et quatrième trios.
St-Louis a retiré les émotions de l’équation pour bien gérer son équipe. Après le deuxième match, la décision facile consistait à retirer Dach de la formation. Il a fait le contraire en lui confiant une plus grande mission en l’utilisant au centre dès la rencontre suivante. Il a remporté son pari.
Pour Gallagher, il l’a ramené à l’aile de son quatrième trio pour le cinquième match, en sortant Oliver Kapanen de la formation. À sa première présence, Gallagher a marqué contre le Lightning à Tampa.
Je note deux exemples. Mais ils illustrent parfaitement l’impact de St-Louis. Tout ce qu’il fait se transforme en or. Martin a la main heureuse depuis le début des séries. Mais je dirais même depuis son premier jour à Montréal. Il a usé de patience dans plusieurs dossiers, comme avec Juraj Slafkovsky, et il a changé les rôles de Mike Matheson et Josh Anderson.
Les gars ont accepté leur sort. S’ils ont dit oui à un changement, c’est parce que le coach a bien vendu son message. St-Louis a également bien jonglé avec ses gardiens cette saison.