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BUFFALO – Le Lightning de Tampa Bay n’avait pas une aussi bonne brigade de défenseurs et la profondeur à l’attaque restait bien plus faible que celle des Sabres de Buffalo. Les Canadiens de Montréal le savaient déjà avant le premier match de ce deuxième tour, mais ils l’ont cruellement réalisé mercredi. 

Les Sabres ont gagné cette première bataille en l’emportant 4-2 sur le CH, mercredi au KeyBank Center, devant des partisans qui hurlent plus fort et qui inventent plus de moqueries qu’au Benchmark International Arena, un édifice qui se transformait trop souvent en lieu pastoral. 

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Dans un racoin du vestiaire de l’équipe adverse après le match, Phillip Danault n’a pas hésité une seule seconde quand on lui a demandé si la mobilité des défenseurs des Sabres et la diversité de leur attaque représentaient un plus grand défi qu’au premier tour. 

« À 100%, a répliqué Danault. Les Sabres ont des défenseurs vraiment actifs dans le jeu. Quand ils créent un revirement, ils ont souvent un défenseur qui suit. Ils attaquent à quatre régulièrement. Il faut faire attention à ça et on ne peut pas foncer n’importe quand en zone neutre. Nous aurons besoin de mieux calculer nos risques. » 

Nick Suzuki a également décrit l’impact des défenseurs des Sabres, une équipe qui mise sur un redoutable « top-4 » avec Rasmus Dahlin, Mattias Samuelsson, Owen Power et Bowen Byram. 

« Je dirais que nous nous sommes tirés dans le pied avec un retard de 2-0 assez rapidement dans ce match, a rappelé le capitaine. Nous tentions de revenir dans le pointage. Mais leurs défenseurs restent très actifs, ils attaquent pratiquement à cinq joueurs en zone offensive. Il y a beaucoup de mouvements. Nous savons maintenant mieux à quoi nous attendre. »

C’était probablement à prévoir. Après les émotions d’une victoire en sept matchs sur la glace du Lightning à Tampa, le CH avait comme défi de recréer une énergie tout aussi élevée. 

Les Sabres ont attaqué rapidement avec deux buts dans les 13 premières minutes, ceux de Josh Doan et de Ryan McLeod en avantage numérique. Si Suzuki a redonné vie à son équipe avec un but pendant une punition à Dahlin à la toute fin de la première période, le Tricolore n’a pas profité de cet élan au deuxième engagement. Les Sabres ont dicté le jeu lors de la période médiane, ajoutant deux autres buts pour se forger une avance de 4-1.  

« C’était un défi pour nous aujourd’hui de recommencer à zéro, a affirmé le défenseur Alexandre Carrier. Mais c’est un match. Il ne faut pas peser sur le bouton de la panique. Nous ferons des ajustements.

« C’est important de mettre les choses en perspectives. Je ne dirai pas ce que nous devrons faire comme corrections. Mais je pense déjà à deux éléments. Je ne suis pas inquiet du tout. »

En conférence de presse, Martin St-Louis a offert quelques pistes sur les possibles corrections.   

« Il faut bien gérer la rondelle, et ce n’est pas juste de le faire en zone neutre, mais aussi en zone offensive », a noté l’entraîneur en chef du CH. « Pour les rondelles à 50-50 en zone offensive, il faut rester du bon bord. Si tu perds la rondelle, tu ouvres la porte à un trois contre deux ou des quatre contre trois. Nous aurons besoin d’être plus calculés. Leur contre-attaque est très dangereuse. Mais il y a aussi eu de la malchance dans ce match. Sur le premier but, Lane (Hutson) s’est enfargé dans la bande pour ouvrir la porte à un deux contre un. »

Caufield encore au neutre

Une nouvelle série donnait l’occasion de vivre un nouveau départ. Limité à un seul but en sept matchs contre le Lightning, Cole Caufield avait l’intention de redevenir le Cole Caufield qu’on connaît face aux Sabres. 

Au premier match, il n’a pas encore déniché la formule magique. Le numéro 13 a décoché deux tirs en direction d’Alex Lyon. Pour la grande majorité de cette rencontre, il est resté trop effacé. 

Suzuki, qui a joué au centre de Caufield et de Juraj Slafkovsky, a défendu son coéquipier. 

« Il joue avec cœur, a-t-il mentionné. Je ne crois pas qu’il se fâche trop. Il y a des moments dans un match où tu peux te fâcher contre toi-même. Je trouve qu’il fait un bon travail. Il est un très bon joueur et il trouvera des façons de marquer. »

EN PROLONGATION

Le chiffre du match : 10:09

Avec un retard de deux buts, c’était prévisible. Hutson a joué 10:09 en troisième période. Le numéro 48 a mené son équipe avec un temps de jeu de 26:42, soit un peu plus de deux minutes que Noah Dobson (24:09).

Dach, spectaculaire

Les moments de réjouissance ont été bien peu nombreux pour le Tricolore. 

Kirby Dach s’est toutefois chargé d’animer le spectacle en fin de deuxième période alors que les siens tiraient de l’arrière par trois buts. Il a profité d’une bonne présence en échec avant de son trio et d’un revirement de Tage Thompson en zone neutre pour inscrire un but de toute beauté – son troisième des séries.

Connor Timmins l'a fait trébucher avec son bâton alors qu’il décochait un tir, mais Dach s’est emparé du retour de lancer en tombant. Il a réussi à soulever la rondelle du revers par-dessus Alex Lyon pour redonner espoir au CH.

« C’était tout un jeu et un effort de sa part, a dit Suzuki. Il a trouvé une façon de faire bondir la rondelle par-dessus le gardien. »

Dobes à court de miracles

Pendant que les rondelles lui sifflaient les oreilles de tous les côtés, surtout lors des 40 premières minutes, Jakub Dobes devait tenter de garder sa concentration alors que la foule du KeyBank Center scandait son nom. 

C’est la première fois que le gardien recrue avait à gérer cet aspect du jeu dans ces séries éliminatoires. Les amateurs du Lightning avaient été plutôt conciliants à son égard – on ne se souvient pas avoir entendu de telles moqueries au premier tour.

Si les erreurs défensives devant lui et le chaos généré par l’attaque des Sabres lui ont probablement causé plus de problèmes, il reste qu’il a donné plus de trois buts pour la première fois du tournoi printanier. Ses poteaux l’ont également sauvé à plusieurs reprises.

« Si tu regardes les deux premiers buts des Sabres, Dobes n’a aucune chance sur les deux, a noté St-Louis. Dobes a compétitionné comme il le fait toujours. »

Déjà un but de plus

Les tours se suivent, mais ne se ressemblent pas toujours. Au premier tour, les Sabres n’avaient touché la cible qu’une seule fois en 24 occasions (4,2%) contre les Bruins en supériorité numérique. Ils ont déjà battu cette piètre marque avec deux buts en avantage numérique en seulement trois tentatives. 

McLeod et Byram ont chacun déjoué Dobes lors d’un cinq contre quatre. Les deux fois, il s’agissait d’un but qui provenait de la deuxième vague des Sabres. 

- Avec la collaboration de Guillaume Lepage, journaliste principal LNH.com