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MINNEAPOLIS – Cette fois, le Canada n’a laissé aucun doute. Absolument aucun.

La formation unifoliée n’a fait qu’une bouchée de la Slovaquie en l’emportant 7-1 en quarts de finale, vendredi, pour accéder à la demi-finale du Championnat mondial junior pour la première fois en trois ans.

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Elle aura d’ailleurs rendez-vous dimanche avec la Tchéquie, la nation qui lui a montré la porte de sortie – et déclenché une grande remise en question au pays – en quarts lors des deux dernières années. La troupe de Dale Hunter a eu raison de ses rivaux tchèques 7-5 en lever de rideau du tournoi, le 26 décembre.

« C’est super, a commenté le capitaine Porter Martone. Depuis l’élimination de l’an dernier, j’attends ma chance de jouer pour une médaille à ce tournoi. C’est l’or ou rien pour nous. Le groupe est emballé et nous savons que nous aurons tout un défi à relever contre la Tchéquie, mais nous sommes prêts. »

Dans l’autre demi-finale, la Suède se mesurera à la Finlande, qui a causé une onde de choc au Minnesota en éliminant les États-Unis grâce à une victoire de 4-3 en prolongation.

Ç’aura pris à peine 20 minutes dans ce duel contre la Slovaquie pour comprendre que le Canada n’allait pas encore se faire jouer un vilain tour et que le mauvais sort était chose du passé. Après un début de match plutôt convaincant, il a explosé avec cinq buts en 5:49 avant de rentrer au vestiaire avec un bon coussin.

« C’était énorme comme début de match », a lancé Brady Martin, qui a touché la cible. « Ça leur a montré à quel point nous sommes dominants. On a pris cinq buts d’avance, et ç’a tué leur confiance. »

Cole Reschny, Tij Iginla et Michael Misa ont d’abord touché la cible dans un intervalle de 2:13 pour chasser le gardien Michal Pradel de la rencontre après qu’il eut cédé trois fois sur 11 lancers. Ça n’a rien changé : Sam O’Reilly et Martin ont poursuivi le travail de démolition contre Alan Lendak, venu en relève.

Pas moins de 14 joueurs différents avaient déjà noirci la feuille de match – aucun des hommes en rouge n’avait deux points à sa fiche. On pouvait dès lors fermer les livres.

Martone et Cole Beaudoin, deux joueurs qui ont vécu l’affront de l’élimination l’an dernier, ont pris part à la fête en deuxième période pour ajouter l’insulte à l’injure. Jan Chovan a mis un terme à l’hémorragie en déjouant Jack Ivankovic d’un tir dans la lucarne en fin de deuxième – le 11e lancer des Slovaques.

« C’est un très bon sentiment, a souligné Beaudoin. On travaille tellement fort depuis le début du camp et notre but était de nous améliorer de jour en jour pour être parfaits lors du match pour l’or. Nous n’avons pas eu le résultat que nous voulions l’an dernier, mais c'est une nouvelle année. »

Ce but fut le seul moment de réjouissance pour la poignée d’amateurs slovaques qui ont passé la soirée à chanter au 3M Arena at Mariucci. Ivankovic a ensuite fermé la porte, repoussant 21 rondelles au total.

Des changements payants

Pour la toute première fois du tournoi, Hunter a opté pour une formation à 12 attaquants et huit défenseurs, réintégrant le jeune arrière Carson Carels. L’attaquant Carter Bear a écopé, lui qui avait joué à peine plus de deux minutes lors du dernier match de la ronde préliminaire contre la Finlande.

Le pilote a aussi été plutôt audacieux en jumelant avec succès Carels (une aide) avec Keaton Verhoeff (deux aides), deux espoirs de premier plan en vue du repêchage, mais qui n’ont encore que 17 ans.

« Ils ont été bons pour de jeunes joueurs, a vanté Hunter. Ils patinent tous les deux très bien et ils ont une bonne intelligence au jeu. Ils ont très bien fait ça. »

Dans une autre décision plutôt inattendue, Hunter a confié le filet à Ivankovic pour la première fois depuis la victoire en prolongation des siens contre la Lettonie, le 27 décembre. Carter George, qui a amorcé trois des quatre matchs du tour préliminaire, semblait pourtant être l’homme de confiance.

Or, Ivankovic n’a maintenant donné que deux buts sur 49 tirs dans le tournoi, contrairement aux 10 buts concédés par son homologue sur 64 lancers. Avec le résultat obtenu vendredi, on peut penser que le vétéran entraîneur ne changera pas une formule gagnante.

À moins que sa stratégie soit différente contre une formation plus menaçante comme la Tchéquie.

« Je connais l’ampleur de ces matchs et je sais que je suis à mon mieux plus la scène est grande, a observé Ivankovic. Je sais que ce ne sera que de plus en plus gros à partir de maintenant. Je suis emballé. »