Les Tchèques ont réussi cette mission, en apparence impossible, à leur deuxième tentative du tournoi. Malheureusement pour eux, c'est ce moment précis que les autres ténors de la formation canadienne ont choisi pour faire sentir leur présence et montrer signe de vie.
Cette médaille d'or, acquise grâce à une victoire de 3-2 en prolongation, ce n'est pas celle de Bedard. C'est celle de la formation canadienne en entier.
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« Je ne veux pas parler de mes performances ce soir, a prévenu Bedard avec la maturité d'un vétéran. Parlons plutôt de ce groupe et de ce que nous venons d'accomplir. »
On a compris, dans les dernières semaines, que le prodige n'était pas très fervent des points de presse consacrés à son talent exceptionnel et aux records qu'il a passé son temps à fracasser les uns après les autres. Mais ses exploits étaient la plupart du temps l'histoire du match. Bien malgré lui.
Cette fois, l'occasion était belle de mettre ses coéquipiers en valeur, et il n'a pas raté sa chance. Bedard a notamment encensé Dylan Guenther, l'auteur de deux buts dont celui de la victoire, et son capitaine Shane Wright, qui a marqué un but spectaculaire en deuxième période.
« Je ne connaissais que quelques gars avant le début du tournoi, et ce sont maintenant mes frères, a-t-il lancé. On vient de gagner cette médaille. On va chérir cet accomplissement incroyable pour le reste de nos vies. Je vais me souvenir de chacun des gars de cette équipe pour longtemps. »
Étiquetée comme l'une des éditions les plus puissantes du Canada dans l'histoire récente, la troupe de Dennis Williams ne l'aura pas eu facile. Elle a dû trimer dur pour gagner son droit de célébrer sur la glace du Scotiabank Centre d'Halifax, jeudi soir.
« C'était toute une bataille, a résumé Guenther en parlant du parcours des siens. De l'extérieur, les gens regardent notre équipe et se disent que la logique a été respectée. Mais quand on est dans ce vestiaire, on sait à quel point c'est difficile de gagner. La première chose qui me vient en tête, c'est notre résilience. »
Après une défaite en lever de rideau contre la Tchéquie, une grande frousse en quarts contre la Slovaquie et des doutes grandissants sur la qualité du jeu défensif de l'équipe et sur le manque de production secondaire, le Canada a répondu par la bouche de ses canons en finale.
C'était probablement le dénouement rêvé pour tous les membres de cette formation. Ils ont prouvé que le Canada n'était pas seulement l'équipe de Bedard. Qu'ils avaient tous eu leur mot à dire dans cette conquête.
« Bedard a pris beaucoup de place en début de tournoi, et ç'a un peu diminué l'ambiance à l'interne, a raconté l'entraîneur adjoint Stéphane Julien. Et ce n'est pas sa faute, il est très tranquille. Mais l'attention était tellement sur lui que ç'a pris du temps avant que tout le monde prenne sa place là-dedans.
« Aujourd'hui, on avait 22 joueurs qui voulaient la victoire jusqu'à la fin. »