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HALIFAX - Chaque année, c'est la même chose : le Canada doit inévitablement se mesurer à la pire équipe de son groupe en ronde préliminaire du Championnat mondial junior, et tout le monde connaît l'issue de la rencontre avant même la mise au jeu initiale.

On se doutait bien que cette équipe d'Autriche aurait de la difficulté à tenir son bout contre la machine rouge, et disons simplement qu'il n'y a pas eu grande surprise. La formation canadienne a signé sa deuxième victoire à sens unique en autant de soirs en l'emportant 11-0, jeudi.
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Connor Bedard a poursuivi son travail de démolition en récoltant deux buts et trois aides après sa soirée de sept points, dont trois buts, contre l'Allemagne. Le potentiel premier choix du prochain encan de la LNH a ainsi rejoint Jordan Eberle au premier rang des buteurs canadiens dans l'histoire du tournoi avec 14, et au deuxième rang des pointeurs canadiens avec 26.
« C'est cool, même si je ne m'attarde pas beaucoup à ça, a dit la jeune sensation. C'est drôle parce que Jordan a aussi joué pour les Pats de Regina. Mais de mon côté, je ne pense pas trop à ces records. »
Dylan Guenther, Zach Dean, Shane Wright, Joshua Roy, Nolan Allan, Logan Stankoven, Adam Fantilli, Nathan Gaucher et Tyson Hinds ont aussi touché la cible pour le Canada, qui a fait mouche sur ses trois avantages numériques. Un peu plus occupé que prévu, Ben Gaudreau a dû se signaler devant 12 lancers.
En inscrivant tous leur nom dans la colonne des buts, les quatre représentants de la LHJMQ se sont éclatés et ont à nouveau profité du spectacle Bedard. Et tout indique qu'il soit aussi impressionnant à voir pour des espoirs de la LNH que pour l'amateur moyen.
« Il est incroyable, a souligné Gaucher. Je fais juste apprécier le spectacle, honnêtement. Chaque fois qu'il fait quelque chose de beau, Josh (Roy) et moi, on se regarde et on sourit. C'est vraiment le fun que ça aille aussi bien pour lui dans le tournoi. Ça nous aide à gagner. »
« Son tir m'impressionne, a renchéri Roy, son compagnon de trio. Sur son premier but, je l'ai vu rentrer et je n'en croyais pas mes yeux. Il fait des choses que personne n'est capable de faire, et il le fait soir après soir. Ce n'est pas de la chance, c'est vraiment parce qu'il a le talent nécessaire pour le faire. »
Le gardien Benedikt Oschgan a peut-être un peu moins apprécié sa soirée, lui qui a fait face à un barrage de 45 tirs. L'Autriche a maintenant accordé 31 buts en trois matchs, et n'en a toujours pas inscrit un. Elle devra absolument gagner son duel contre l'Allemagne, vendredi, pour éviter la ronde de relégation.
« Le score n'a pas d'importance, je ne pourrais pas être plus fier du groupe ce soir, a commenté l'entraîneur autrichien Kirk Furey. Les gars se sont battus contre une équipe extrêmement talentueuse. Je crois qu'on doit prendre les choses positives qu'on a faites et les transposer contre l'Allemagne. »
Pour le Canada, la cassette de ce match ne risque pas d'être utilisée bien souvent. Les aspects positifs de cette rencontre ont été accentués par la faiblesse de l'adversaire, tandis que les choses à travailler sont bien peu nombreuses - pour les mêmes raisons.
« On peut quand même apprendre de ça, a fait valoir l'entraîneur adjoint Stéphane Julien. On a encore des choses à replacer dans notre système de jeu. On va prendre la journée de demain pour analyser notre match et se préparer pour la suite. »
Après son faux départ contre la Tchéquie - une défaite de 5-2 - et ces deux victoires faciles, le Canada passe maintenant aux choses sérieuses. Il aura une journée de préparation avant son duel du 31 décembre face à la Suède, un match qui pourrait être déterminant pour le classement du groupe A.
Lent départ
On ne sait pas trop s'il s'agissait de nervosité ou d'un manque de combativité en début de match, mais la troupe de Dennis Williams a mis du temps à se mettre en marche. Elle n'a décoché qu'un tir au filet adverse au cours des 14 premières minutes de jeu, alors que l'Autriche en avait trois.
« On a commencé assez tranquillement, a reconnu Gaucher. Ils ont bien imposé leur style de jeu, et on a pris ça un peu à la légère. On a eu un petit ''wake-up call'' entre la première et la deuxième et à partir de là, on a joué à notre façon. »
Le deuxième tir canadien, celui de Dylan Guenther, s'est retrouvé au fond du filet, et les choses se sont mises à débouler ensuite. Le Canada a décoché huit autres tirs dans les six dernières minutes de la première période, enfilant deux buts de plus au passage.
Le reste de la rencontre n'a été qu'une formalité qui a permis aux favoris de la foule d'engraisser leur fiche personnelle, dont Hinds qui a marqué son premier sur cette grande scène.
« C'est sûr que c'est excitant, a amorcé le défenseur québécois. Un but à 11-0, ce n'est pas ça qui va faire la différence. C'est toujours le fun, mais l'important c'est la victoire. »