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L'indulgence a préséance sur la méthode dure

L'entraîneur du CH Claude Julien continue de marteler son message en faisant de l'enseignement

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

BROSSARD - Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, écrivait le poète français Nicolas Boileau. C'est ce que l'entraîneur des Canadiens de Montréal Claude Julien a fait avec ses troupiers, lundi.

Autre temps, autres mœurs, l'indulgence a maintenant préséance sur la méthode dure dans la LNH. Julien se fait à l'idée qu'il doit - et qu'il devra - répéter les mêmes enseignements encore et encore à différents stades de la saison, au lieu de passer des messages d'insatisfaction en tenant des séances d'entraînement punitives.

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L'occasion aurait pourtant été belle pour Julien de donner une tape sur les doigts aux joueurs à leur retour à l'entraînement à la suite du fiasco face aux Rangers de New York, samedi.

Au lieu de ça, il les a conviés à une séance vidéo, qui a sûrement dû ressembler à un film d'horreur par moments, avant de les soumettre à une rigoureuse séance sur la glace, mais sans exercice de patinage extrême, comme on en voyait dans un passé pas si lointain.

« Nous composons avec un calendrier chargé, je ne suis pas sûr que ç'aurait été la solution à privilégier aujourd'hui (un entraînement punitif), a indiqué Julien. Nos partisans préfèrent que nous gagnions notre prochain match au lieu que nous punissions les joueurs. »

En amorce d'une semaine occupée de quatre rencontres en six jours, les Canadiens vont tenter de mettre fin à une séquence de quatre matchs sans victoire (0-2-2) en accueillant les Bruins de Boston au Centre Bell, mardi (19 h HE; RDS, TSN2, NESN, NHL.TV).

Samedi, ils ont bêtement laissé filer une avance de quatre buts contre les Rangers de New York pour s'incliner 6-5.

« Nous n'avons pas été assez bons en défense face aux Rangers et nous ne sommes pas assez bons depuis un bout de temps », a répété l'entraîneur à l'issue de la journée de travail du CH. « Nous avons mis l'accent sur notre rendement en défense. Pour nous, c'était la meilleure solution. » 

Julien a dit que la situation pourrait être différente si on jugeait que les joueurs se laissaient traîner les pieds pendant les matchs.

« Si c'était de la paresse, nous pourrions les faire patiner à l'entraînement, mais ce n'est pas de la paresse, a-t-il souligné. C'est un manque de concentration ou de mauvaises prises de décisions qui ont causé notre perte, samedi. Nous devons nous ressaisir en défense et c'était l'objectif de la journée. »

Les redoutables Bruins s'amènent en ville et il ne faudrait pas se surprendre de voir les Canadiens se raplomber, comme ils le font souvent face à des adversaires de fort calibre. Le Tricolore a d'ailleurs remporté le premier duel de la saison face aux Bruins, 5-4 au Centre Bell le 5 novembre.

« Le sentiment d'urgence doit être meilleur qu'il l'est actuellement, a estimé Julien. C'est ce qui a été frustrant, samedi. Nous aurions dû montrer un plus grand sentiment d'urgence. »

L'entraîneur a reconnu que la frustration gagne les joueurs à mesure que les matchs sans victoire s'empilent.

« C'est normal, mais nous devons canaliser la frustration de façon positive », a-t-il précisé.

Julien a attribué le rendement inconstant du groupe en défense à de la « panique », principalement, ainsi qu'à un peu de « nonchalance ».

« Combien de fois pendant les matchs j'entends des joueurs dire 'c'est ma faute' à leur retour au banc, a-t-il confié. Je n'ai pas besoin de leur dire ce qu'ils ont mal fait, ils le savent. Ils savent pourtant quoi faire et ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas confiance au plan. C'est plutôt qu'ils paniquent et qu'ils prennent de mauvaises décisions.

« Ce n'est pas un phénomène unique aux Canadiens de Montréal, mais aux 31 équipes dans la Ligue nationale », a argué Julien.

C'est la raison pour laquelle on a mis la vidéo au service des joueurs, lundi. L'entraîneur a souligné qu'il n'y a rien de mieux que de leur montrer les erreurs commises pour que tout soit plus clair.

L'ailier droit Brendan Gallagher a avancé que ses coéquipiers et lui n'avaient pas besoin qu'on les punisse, lundi.

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« Je me souviens de deux entraînements punitifs depuis que je porte les couleurs des Canadiens, et les deux fois, c'était au Colorado, où nous cherchions notre air », a noté Gallagher en affichant un sourire, en évoquant l'air raréfié en haute altitude dans la région de Denver. 

« Nous sommes suffisamment matures, comme je le crois, a-t-il renchéri. L'accent doit être mis à gagner des matchs. Nous comprenons ce que nous ne faisons pas correctement et nous avons travaillé à faire les ajustements. Ça ne sert à rien de ruminer le passé, il faut aller de l'avant. C'est sur l'avenir que nous pouvons avoir le contrôle, et ça commence dès mardi. »

L'ailier gauche Tomas Tatar a fait remarquer que les attaquants ont eu leur grande part de responsabilités dans l'effondrement de samedi.

« Nous n'aidons pas suffisamment les défenseurs, a-t-il soumis. Nous devons nous replier plus rapidement en zone neutre et dans notre territoire. La communication doit être meilleure avec les défenseurs. Nous savons que nous améliorons nos chances de succès en jouant bien en unités de cinq. »

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